Des infolabs pour « faire des trucs » avec l’open data

Des infolabs pour « faire des trucs » avec l’open data

28 Sep 2012

A l’occasion de Viva-Cités, trois ateliers de sensibilisation aux données ouvertes seront organisés sur le Village numérique. L’occasion de revenir sur le concept d’infolab, un nouveau moyen de favoriser l’appropriation de l’open data par le plus grand nombre.

L’open data, ça ne concerne pas que les geeks ! De ce constat est né l’idée d’ateliers de sensibilisation aux données ouvertes (open data) qui laisse une large place à l’expérimentation. Le terme d’infolab revendique cette proximité avec les initiatives de FabLab qui voient le jour partout dans le monde, dont à Rennes avec le LabFab. Un récent article d’Internet Actu « Avons-nous besoin d’infolabs ? » mettait d’ailleurs en perspective ces « nouveaux objets d’animation non identifiés ». Un infolab c’est avant un tout lieu, possiblement éphémère, où l’on trouve des outils, des moyens et surtout une médiation pour s’approprier les données. A priori, tous les types de données sont concernés, et pas uniquement les « open » data, car il vrai que pour le grand public, la notion même de donnée reste parfois floue.

L’open data : pas seulement des applications mobiles

Les applications mobiles constituent souvent la face la plus visible de l’open data pour le grand public. Les concours mettent d’ailleurs principalement en avant ce type de réutilisations des données ouvertes. Pourtant, il y a beaucoup d’autres manières de se les approprier. Un certain nombre de portails, par exemple celui du Conseil général de Saône-et-Loire, favorisent un usage de type « consultation » en proposant des outils de visualisation très simple. Comment ont évolué les effectifs dans le collège de mon quartier ? A qui ont été attribuées les principales subventions en matière culturelle ? Autant de questions qui trouveront une réponse rapide et visuelle sur le portail du département. On peut aussi imaginer des usages artistiques des données ouvertes. Ainsi, un plasticien new-yorkais a-t-il développé, à partir des horaires du métro, une animation sonore et visuelle où chaque ligne représente la corde d’un archet virtuel, les croisements de chaque rame composant une mélodie étrange qui évolue au cours de la journée, … L’open data peut aussi parfois se passer de la médiation informatique, on peut très bien, à partir des données ouvertes, éditer des cartes papier pour représenter l’accessibilité d’un lieu par exemple…

Apprendre à lire des données, puis apprendre à écrire

Au programme d’un infolab figurent deux apprentissages : apprendre à lire les données puis ensuite apprendre à écrire. Le premier apprentissage vise surtout à développer une lecture critique des données : d’où vient le fichier que je télécharge sur le portail open data de la collectivité ? Comment les données sont-elles décrites et mises à jour ? On doit aussi s’interroger sur l’utilisation initiale des données : à quoi et à qui servent-elles ? Car il faut bien comprendre qu’avant la réutilisation il y a bien souvent une utilisation.

Ecrire avec les données c’est tout d’abord comprendre les différents modes de représentation et de visualisation. A cet égard, le poster réalisé par WeDoData à l’occasion d’Expoviz (une exposition réalisée par la Fonderie, agence numérique d’Île de France) propose une excellente entrée en matière. On y apprend comment le processus de datavisualisation se construit, étape après étape. Là encore, l’infolab vise aussi à « montrer l’envers du décor » de la fabrication des représentations graphiques qui nous entourent.

Un infolab grandeur nature pour Viva-Cités

A Rennes, à l’occasion de Viva-Cités, trois ateliers de type infolab seront organisés du 2 au 7 octobre prochain. Visant le public le plus large – pas besoin de s’y connaître en informatique pour y participer – chaque atelier prend comme fil rouge un jeu de données proposé sur le site open data de Rennes Métropole.

La première session s’intéressera aux arbres du Thabor. Quelles réutilisations possibles peut-on imaginer, au-delà de l’application mobile « Promenade au Thabor » qui a été primée lors du concours Rennes Métropole en accès libre ? Les participants pourront réaliser une carte des arbres allergènes du parc de la ville, un outil pratique et utile, à la portée de tous. La seconde session sera consacrée à toutes les données qui permettent de se déplacer en ville, avec un accent sur les modes doux (piétons et vélos notamment). Les participants partiront à une chasse aux données à proximité du Liberté.

Enfin, la troisième session aura pour thème les prénoms des petits rennais, l’un des fichiers les plus populaires du portail. Ce sera l’occasion d’avoir enfin la réponse à une question essentielle : les rennais sont-ils, en matière de prénoms, plus originaux que les nantais ou les parisiens ?

Plus : 
Infolab Open Data Viva-Cités
Du 2 au 7 octobre, village numérique de Viva-Cités au Liberté
Inscription recommandée en ligne – 12 participants maximum par session