Une dataviz pour sensibiliser les Rennais à l’open data

Une dataviz pour sensibiliser les Rennais à l’open data

7 Oct 2012

Deux ans après avoir ouvert son portail open data, la collectivité bretonne peut s’enorgueillir d’être parvenue, avec son concours d’applications, à mobiliser une communauté de techos pour développer des services réutilisant des données. Mais Rennes Métropole vise à présent le grand public avec « une dataviz dressant le portrait de ses habitants », explique la responsable du service innovation numérique Bernadette Kessler. C’est ainsi qu’est née l’interface « Habitants de Rennes Métropole, qui sommes-nous ? », réalisée par la start-up de visualisations interactives de données Dataveyes. Une partie de son équipe, Caroline, Edouard et Nicolas, a profité de Viva-Cités pour présenter au public ce projet une semaine après son lancement.

Une interface pédagogique de storytelling sociodémographique

Pour Caroline, « l’ouverture des données n’est pas une fin en soi. La politique d’open data doit comporter des actions de vulgarisation et d’accompagnement pour aider les citoyens à comprendre ce qu’il a dans les données ». Pour toucher les Rennais, quoi de mieux que de s’intéresser à eux ? C’est le parti-pris par Rennes Métropole et Dataveyes pour proposer à tout à chacun de se trouver au cœur de l’expérience d’information. D’où le choix d’une « interface humanisée dans laquelle la personnalisation de l’information n’est pas facultative » explique Caroline. L’entrée se fait soit par « moi », soit par « mon foyer ». Pour commencer sa navigation, il faut donc renseigner son profil (âge, sexe) ou le nombre d’habitants dans son logement. La carte se met alors en mouvement et des pastilles colorées apparaissent.

Au niveau individuel, il est possible d’affiner la visualisation selon son activité, sa profession ou sa situation maritale. Au niveau du foyer, les précisions renvoient au type de logement, au statut du propriétaire ou au nombre de pièces. Le principe dynamique est constant puisqu’au moindre clic, les pastilles représentant la population se mettent en mouvement et se réorganisent au gré des indicateurs ou des communes sélectionnés. Ces petites billes permettent de « matérialiser la population » sourit Caroline. Une pastille correspond à cinq personnes dans les communes de la métropole, sauf pour la ville de Rennes où cela équivaut à 20 individus. « Nous n’avons pas opté pour une bille = une personne, parce que cela aurait induit une individualisation synonyme de ciblage dans les petites communes par exemple, et ce n’était pas notre but ».

Une dataviz intuitive basée sur des données ouvertes et des technologies de pointe

Cette dataviz agrège plusieurs jeux de données INSEE de 2009, date du dernier recensement, ce qui a nécessité un travail préalable de traitement et de recroisement. « L’intérêt était de croiser plusieurs indicateurs, car les données en soi  n’ont rien à dire», souligne Bernadette Kessler. Le développement de l’interface a bénéficié de l’usage de la technologie « D3 », permettant d’en optimiser la création et la gestion. Contrairement au caractère figé des infographies d’ailleurs, les visualisations interactives de données présentent également l’avantage d’évoluer suivant les variations de la base. En d’autres termes, « le fond (les données) et la forme (l’interface) sont dissociées mais liées, ce qui permet de mettre à jour la dataviz plus facilement » indique Caroline. Cela signifie donc que « Qui sommes-nous ? » pourra évoluer en intégrant les données du prochain recensement par exemple.

Presque avant même d’être découverte par les Rennais, cette dataviz a paradoxalement déjà retenu l’attention de spécialistes internationaux de la visualisation de données en raison de son usage de technologies de développement novatrices. Après avoir aussi conquis les institutions rennaises, il ne reste plus qu’aux habitants de la métropole à s’en saisir, puisque comme Bernadette Kessler le précise : « le but de cette appli est de donner aux gens l’envie de s’informer. C’est aussi un moyen de restituer les données collectées par l’argent public au grand public ».

Plus :
La dataviz « Qui sommes-nous ? »

Le site de Dataveyes

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