Centre Pompidou virtuel : le numérique aux portes du musée

Centre Pompidou virtuel : le numérique aux portes du musée

27 Nov 2012

Petite révolution dans le monde muséal, le Centre Pompidou s’est mis au Web sémantique. Lancée début octobre, la nouvelle plateforme propose au public de découvrir les contenus du centre d’art contemporain via une « navigation par le sens ».

Le 4 octobre dernier, Alain Seban, Président du Centre Pompidou, inaugurait le nouveau site Internet du musée. Sous forme de plateforme de diffusion de contenus culturels, le Centre Pompidou virtuel marque une avancée dans la numérisation des œuvres d’art. L’occasion de faire le point avec Emmanuelle Bermès, chef du service multimédia du centre national d’art et de culture.

Du monde analogique au monde numérique

Présenté comme un outil d’un genre nouveau dans le monde muséal, le Centre Pompidou virtuel se démarque par son approche sémantique. Pour Emmanuelle Bermès, « permettre aux internautes de naviguer par le sens, c’est les laisser être acteurs de leur visite virtuelle ». L’objectif, selon la responsable multimédia, est « de favoriser des rencontres inattendues entre les internautes et les œuvres, les artistes ». Ainsi, comme elle l’explique, pour le centre Beaubourg, tout « l’enjeu était de passer d’une logique de numérisation de conservation à une logique de diffusion ».

A ce titre, Emmanuelle Bermès insiste également sur le côté novateur du site. Pour elle, le Centre Pompidou virtuel n’a pas vocation à être un « site institutionnel (…), un musée virtuel, comme c’est le cas pour la plupart des sites culturels actuels ». Un moteur de recherches donne accès à l’ensemble des ressources du centre. Les salles d’exposition, bibliothèques, réserves et la vidéothèque de Beaubourg, les fonds de l’Institut de Recherche et Coordination Acoustique/Musique ainsi que ceux du Centre Pompidou-Metz peuvent désormais faire l’objet d’une navigation virtuelle.

Par l’utilisation de mots clés, les internautes ont ainsi la possibilité de se créer leur propre parcours. La plateforme est donc destinée à un public plus vaste que les visiteurs du musée. De cette façon, la stratégie du centre d’art moderne est de créer une communauté de publics autour de Beaubourg. En complément du nouveau site, une application mobile gratuite, Blinkster CP, est également disponible sur iPhone. Du point de vue de la responsable multimédia, « le Centre Pompidou virtuel est le premier à appréhender le numérique de façon aussi globale ».

Accessibilité ou ouverture des contenus ?

En plus de l’usage des technologies du Web sémantique, le Centre Pompidou souhaite mener une politique d’ouverture de ses contenus. Sur ce point, Emmanuelle Bermès précise que la plateforme est « un centre de ressources totalement ouvert et décloisonné qui mettra à la disposition du public tous les contenus produits par le Centre Pompidou ». Si l’institut culturel public revendique une telle politique d’ouverture, il convient d’en préciser les contours. A cet égard, la responsable du service multimédia indique que « le site a entièrement été réalisé avec des logiciels libres ».

Ainsi, d’après elle, le Centre Pompidou virtuel repose sur « l’outil de gestion de contenus EZpublish et le moteur de recherche SolR ». C’est donc cet outil qui est concerné par la logique d’open source prônée par le musée, et non ses contenus. Par ailleurs, précisons ici que eZPublish est un logiciel édité sous double licence ; libre (General Public License) et propriétaire (Personal Use License). Quant aux contenus, ils sont dits ouverts uniquement en ce qu’ils sont accessibles gratuitement en ligne. Cela ne signifie pas pour autant qu’ils ont vocation à être librement utilisables et réutilisables.

En définitive, si le musée d’art moderne met en avant l’ouverture de ses contenus, dans les faits, celle-ci est à nuancer. La raison invoquée par la responsable multimédia est simple : « la plupart des contenus consultables (…) sont des contenus protégés par des droits de propriété intellectuelle, ceux des artistes ». Les œuvres n’appartenant pas au centre Beaubourg, la plateforme numérique ne permet que leur consultation gratuite. Toutefois, Emmanuelle Bermès n’exclut pas l’ouverture de données publiques. Selon elle, « une politique d’open data est à l’étude pour les données du site qui sont produites par le Centre Pompidou, notamment l’indexation ». Ainsi, l’acculturation numérique du musée est en marche, mais elle a encore du chemin à parcourir.

Crédit photo : Centre Pompidou

Plus :
Le nouveau site du Centre Pompidou
La bande-annonce du Centre Pompidou virtuel
L’article d’Emmanuelle Bermès sur son blog Figoblog
L’article de Lionel Maurel sur son blog S.I.Lex

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