Les FabLabs francophones créent leur propre réseau

Les FabLabs francophones créent leur propre réseau

7 Nov 2012

Pendant quelques jours, des bidouilleurs des 4 coins du globe se sont retrouvés à Rennes. Leur but : échanger autour de leurs problématiques communes, avec pour point commun une langue, qui ne vit pas que sur le sol métropolitain.

« On espère changer le monde ! », c’est le résumé que fait Hugues Aubin, chargé de mission TIC à la Ville de Rennes, de la rencontre entre les Fab Labs francophones. Ce moment d’échange privilégié s’est déroulé à l’occasion de Viva-cités, avec des délégations du Viet-nam, du Burkina Fasso, du Sénégal et de Montréal. Ce rendez-vous a démontré qu’il existe des problématiques communes entre ces Laboratoires de fabrication. Pourtant les usages de ces lieux de ressources sont très différents en fonction des régions du globe. Ce qui dessine plutôt un partage nord/sud à l’origine.

Besoin de documentation en français

Pour Jean-Michel Cornu, d’Imagination for people, la distinction se résume ainsi : « Dans les FabLabs du nord il y a énormément de choses qui se font avec des outils un peu complexes. Dans les FabLabs du sud c’est ce dont on a besoin tout de suite. » Pour l’instant les pays du nord auraient donc une approche plus grand public. Leurs Laboratoires de fabrication sont ainsi « axés sur la communauté et sur les participants qui viennent nous voir » d’après Marc-Olivier Ducharme, d’échoFab à Montréal. Pour Karim Sy, de Jokkolabs au Sénégal, il s’agit plus « d’une nouvelle forme d’industrialisation beaucoup plus locale ».

Si pour M. Cornu « il n’y a pas une spécificité francophone », tous se retrouvent en revanche autour d’une langue « qui nous rassemble ». La problématique commune est d’abord autour de la documentation. Les Fab Labs étant plutôt anglophone, il y a une nécessité de traduire voire de créer de nouveaux textes. Cet impératif permet ainsi de s’ouvrir à des personnes qui ne maitrisent pas la langue de Shakespeare, surtout dans un domaine qui peut être très technique. Pour Richard de Logu, directeur de l’association rennaise Bug, il s’agit même « d’un enjeu majeur aujourd’hui ».

Transmettre une capacité à comprendre plus qu’un savoir

Le problème est parfois multiple pour certains territoires comme Dakar où il y a aussi une question autour « de l’alphabétisation » et « de la fracture numérique », comme le rappelle Karim Sy. Il faut donc pouvoir documenter « non seulement l’écrit » mais « aussi la vidéo ». Du côté de Rennes, Hugues Aubin met en avant la difficulté d’appréhender l’anglais pour les séniors. Le chargé de mission aux TIC rappelle que l’apprentissage ne se fait pas autour d’un savoir technique mais « de l’apprenance ». Et pour apprendre à apprendre il faut que les gens puissent « s’approprier » les « fondamentaux de la documentation » des outils standards, « qui permettraient de disposer d’outils de base ».

Le réseau voit aussi plus loin. L’idée est de mettre en place une « dynamique communautaire » pour Karim Sy qui permettrait de partager les découvertes. Ce dispositif est aussi l’occasion de compiler « plusieurs profils » ayant des approches différentes de la bidouille. L’enjeu est de n’être « plus jamais tout seul » pour Jean-Michel Cornu, que ce soit « par du lien en ligne » ou « des rencontres physiques ». Le réseau des FabLabs francophone est donc appelé à se revoir rapidement, après ce qui est pour Hugues Aubin, « le début de grandes choses » à « faire ensemble ».

Le numéro zéro de Radio LabFab

Plus :
L’article sur les rencontres par le LabFab
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