L’évolution de l’humanité passe-t-elle par la technologie ?

L’évolution de l’humanité passe-t-elle par la technologie ?

1 Nov 2012

Avec l’essor des nouvelles technologies, est apparu un espoir : améliorer le corps humain. De nombreux scientifiques, philosophes et entreprises y travaillent activement, regroupés sous la bannière du transhumanisme.

« Échapper aux limites de la nature humaine », telle est la croyance sur laquelle serait fondée le transhumanisme d’après Rémi Sussan, journaliste et auteur. Ce mouvement chercherait en effet à vaincre certaines fatalités de la condition humaine comme le vieillissement, la maladie et même la mort. Il prône pour cela un recourt massif aux nouvelles technologies, afin d’améliorer le corps. Loin d’être un regroupement d’illuminés, le transhumanisme se structure petit à petit, notamment aux États-Unis sous la houlette d’universités et d’entreprises high tech.

Des adeptes dans le monde entier

L’idée de dépasser le corps humain n’est pas en soi une idée nouvelle. Elle remonte à l’Antiquité et à la quête de l’immortalité. Elle a ensuite été marquée au cours des siècles à travers des légendes comme « la fontaine de jouvence ». Le mouvement transhumaniste en tant que tel est lui apparu dans les années 80. Il s’organise au début des années 90 avec la création de l’Extropy Institute, puis de la World Transhumanist Association (WTA), à l’initiative de Nick Bostrom et David Pearce, deux philosophes. Renommée « Humanity plus » (H+) depuis 2008, cette organisation, bien que basée aux Etats-Unis, « regroupe des adhérents dans le monde entier ».

Appliqués concrètement, les principes du transhumanisme visent par exemple à refaire marcher une personne amputée de la jambe. Elle pourra pour cela avoir recourt à des systèmes robotiques portatifs, comme ceux de la société américaine iWalk. Mais l’objectif est aussi d’améliorer les individus qui n’ont pas de handicap. Cela passe par un recourt aux NBIC, c’est à dire les nanotechnologies, biotechnologies, l’intelligence artificielle et les sciences cognitives. Poussée à son extrême, cette logique transformerait l’homme en cyborg, voire en machine en transférant sa conscience sur un disque dur.

Quelles limites au transhumanisme ?

On distingue en cela plusieurs courants de pensée. D’un côté les transhumanistes purs et durs comme Ray Kurzweil ou Kevin Warwick qui « répandent ces idées avec beaucoup d’enthousiasme » d’après Rémi Sussan. Les plus radicaux pensent ainsi que l’avènement d’une intelligence artificielle « supérieure » « sera la seule (solution) en mesure de nous précipiter vers un état posthumain ». Mais, on compte aussi de nombreuses personnes « qui ont des idées proches du transhumanisme » mais pour autant « sans se revendiquer d’un moindre mouvement ». Ils seraient « beaucoup plus nombreux que les premiers » et même « plus importants ». Difficile donc d’évaluer la taille et l’impact des H+.

In fine, le transhumanisme serait donc plutôt « une culture » ou « un discours sur les possibilités de la science » selon le journaliste d’Internet actu. Il prospère sur la base d’une promesse : « une évolution sans limites de l’intelligence et de la conscience ». Pour Cyril Fiévet, auteur de « Body Hacking », il s’agit d’avantage d’une « démarche purement intellectuelle » mais qui serait « largement limitée à une sphère très informée et érudite ». La rapidité des évolutions technologiques laisse cependant à penser que ce thème devrait arriver rapidement dans le débat public. Avec pour nécessité de définir des limites, notamment en matière d’éthique.

Crédit photo : © vladgrin – Fotolia.com

Plus :
Transhumanistes sans gêne sur Libération.fr
L’essor de la biologie à faire soi-même

Rencontre avec Rémi Sussan
Transhumanisme : science, religion ou culture ?
Vendredi 16 novembre à 20h30
à l’Antipode MJC Rennes – rue André Trasbot Rennes
Entrée libre

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