Entrepreneuriat et jeux vidéo, envies et réalités

Entrepreneuriat et jeux vidéo, envies et réalités

16 Jan 2013

Des jeux à succès, vous en connaissez tous (Angry Birds, Gran Tourismo ou Les Sims), mais avant d’envisager de vous lancer dans l’aventure entrepreneuriale, mieux vaut avoir un aperçu des réalités du marché. C’était l’objectif de la première édition de Breizh Video Game, organisée jeudi dernier par Télécom Bretagne et Korrisoft à la Cantine Numérique Rennaise.

Parmi les accomplissements dont se félicite Malte Behrmann, secrétaire général de la EGDF (Fédération européenne des producteurs de jeux), ressort nettement la promotion de l’idée que « les jeux vidéo sont des biens culturels ». Malte Behrmann a dû affronter de vives « réticences », d’abord en Allemagne où il a créé le SNJV (Syndicat national du jeu vidéo) avant de s’investir à l’échelle communautaire. Mais s’il affirme d’un ton passionné que « c’est du fun de se battre pour la politique du jeu vidéo », la problématique demeure d’actualité.

Pour s’en rendre compte, il suffit d’évoquer la diabolisation fréquente du secteur, comme dans l’article récent intitulé « Jeux vidéo : permis de tuer » qui a généré une véritable polémique sur le Web. Aymeric Lesné, de l’association 3HitCombo, souligne ainsi l’enjeu d’agir sur la perception par le public, d’autant que les mutations les plus visibles concernent les supports : « on est passés de machines spécialisées pour le jeu vidéo [bornes, consoles] à des machines de moins en moins spécialisées [mobiles] ».

Un marché toujours attirant pour les entrepreneurs

Malte Behrmann porte un regard optimiste sur cette industrie : « aujourd’hui, le marché des jeux vidéo en ligne est plus difficile qu’il y a cinq ans, mais la croissance est toujours là ». L’essor des jeux mobiles est pour sa part bien au rendez-vous, et le « vrai secret » de ce succès repose sur leur nature dématérialisée, qui les prémunit davantage contre le piratage. Pourtant, le monde des jeux vidéo n’est pas cloisonné, puisque sa dynamique renvoie à des dimensions culturelle, économique et innovante. En bref,  « les jeux vidéos apportent beaucoup d’innovations dans d’autres secteurs ».

Véritable poule aux œufs d’or pour le studio finlandais Rovio, le jeu Angry Birds fait rêver plus d’un entrepreneur en herbe. Mais les conseils prodigués par Malte Behrmann appellent au pragmatisme : « il faut jouer son jeu » et « c’est plus facile de monter un petit truc qui a un gros impact ». Pour étayer ses propos, c’est l’histoire de Tiny Wings qu’il raconte, initialement développé par un étudiant comme une « lettre d’amour pour sa copine ». Le secrétaire général de la EGDF prédit enfin que le développement en HTML5 prendra son envol en 2014.

Du côté des entrepreneurs, les nouvelles stratégies de monétisation retiennent l’attention. Le choix des plateformes doit se faire selon le profil des utilisateurs recommande Philippe Coënt de Korrisoft : « il est plus facile de vendre un jeu en direct sur iOS que sur Android où le freemium marche mieux ». Opter pour un développement multilingue est également préconisé par François Pacot de Royal Cactus. Quant à l’achat de joueurs, il admet que la pratique devient indispensable, sachant que « la fidélisation permet d’amortir les coûts d’acquisition de trafic ». Pour lui, les recettes du succès reposent finalement sur l’« excellence graphique, technique et des mécaniques de game play ».

Plus :
Livre blanc « le jeu vidéo en France en 2012 » par le SNJV
« European Online Game Survey 2012 » par la EGDF

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3 comments

  1. Merci pour ce compte rendu
    Petite erreur dans le texte : Malte n’a pas monté une filiale du SNJV en ALlemagne, il a créé le syndicat allemand des jeux vidéo!

    • Anthony Chénais /

      Merci pour la précision !

      • Morgane Gaulon-Brain /

        Effectivement, merci pour la remarque ! La formulation prêtait un peu à confusion, mais l’idée c’était que Malte avait monté une antenne équivalente au SNJV en Allemagne.