B-com, nouvel outil pour prendre un virage industriel

B-com, nouvel outil pour prendre un virage industriel

21 Fév 2013

Un nouveau regroupement d’entreprises et de structures académiques voit le jour en Bretagne. Il vise à développer l’Internet du futur, en facilitant les coopérations entres les acteurs. L’IRT, labellisé par l’État, bénéficie pour cela d’un budget conséquent, appuyé par les collectivités locales.

« Développer des programmes de recherche de dimension mondiale » en associant « partenaires publics et privés », un objectif ambitieux qui est celui de B-com. Cette fondation, lancée le 10 janvier 2013, est un institut de recherche technologique (IRT). Une nouvelle structure mise en place à travers les investissements d’avenir. Ils visent à « renforcer les écosystèmes composés par les Pôles de compétitivité » d’après le projet de loi de 2010. Le Pr Jean-Yves Gauvrit, qui participe au projet, le résume comme « un lien entre l’industrie et la recherche dans un même endroit ». Concrètement, cet IRT disposera de nouveaux moyens pour mettre en place des projets de recherche et confronter ensuite les produits à leur marché.

Cette idée est issue d’un constat : il y a en France « une très bonne recherche publique » mais aussi une difficulté à « prendre le virage de l’industrie moderne » d’après le neuroradiologue. En somme, le passage des technologies vers les entreprises, à des fins de commercialisation, n’est pas intuitif. De ce principe sont également nées des structures comme les SATT (voir article sur Ouest Valorisation). Avec les technopoles et les pôles de compétitivité en plus, ne risque-t-on pas l’empilement ? Pour Laurent Bouillot, de la société Siradel, ce n’est pas le cas car la nouvelle entité aura un objectif différent : « un croisement de compétences ».

Images, réseaux et médecine du futur

Chaque partenaire de l’IRT devra en effet amener du personnel dédié au fonctionnement de la structure. En outre, « les travaux resteront la propriété de B-com », qui aura ensuite « la responsabilité de ces innovations majeures » et notamment « leur exploitation économique ». A chaque fois, les bénéfices seront « reversés à ceux qui ont investi » en temps et en argent. Un principe de collaboration qui sera aussi « une façon pour les industriels de s’impliquer » en passant par « la R&D » pour le Pr Gauvrit. Cette mutualisation de personnel permettra aussi une « aide au dépôt de brevet », une démarche compliquée pour une PME.

Le fonctionnement se fera « sur projet », l’IRT de Rennes étant axé sur les thématiques de l’image, des réseaux fixes et mobiles ultra haut débit, ainsi que de la médecine du futur. Elles seront détaillées dans 3 grands programmes (ICube, NCube et Health) s’appuyant sur 3 plateformes (Smart Contents, Smart Networks et Smart Software Studio). Les personnels de B-com bénéficieront surtout d’infrastructures importantes comme des salles de calcul, un amphithéâtre de projection 3D autostéréoscopique et des salles de captation vidéo géantes. Le tout sera présent dans un écrin de 5000m2, dans le futur quartier Via Silva, avec à terme environ 300 employés.

Une place pour les startup

A ce jour, deux personnes ont été recrutées : Emmanuelle Garnaud-Gamache, à la direction Développement international, et Jean-Yves Savary, pour la direction technique. Au delà de ces emplois directs, l’IRT sur l’Internet du futur prévoit de générer 3000 embauches indirectes. Une annonce qui montre l’envie de « fédérer des équipes venues de partout » comme l’explique Vincent Marcatté, président du CA de B-com. Pour autant, une place sera laissée « aux startup », dont la présence n’est « pas incompatible avec celle de grands groupes » comme l’explique Laurent Bouillot. Il représente pour cela un Groupement d’intérêt économique de 22 PME, qui ne demande qu’à s’élargir, car « fait pour ça ».

Elles devront aider à faire face à la « petite urgence » que pointe le dirigeant de Siradel, pour faire face à la concurrence internationale. M. Bouillot plaide en effet pour un « passage à la vitesse supérieur », « si on veut que les télécoms existent en Bretagne » ; même s’il précise qu’il y a « des champions du monde » sur « des niches » au niveau local. La problématique est la même dans le domaine de la santé, où Jean-Yves Gauvrit estime qu’il « faut que la santé soit une vitrine » pour la région. Actuellement, le secteur n’a pas pris le virage de la technologie dans l’Ouest, malgré quelques expérimentations. Résultat : il y a alors « pleins d’outils qu’on rate ». Au final l’arrivée de B-com est donc « un virage qu’il ne faut pas rater », pour rester compétitif à l’échelle internationale.

B-com, les informations clés :
• Emplacement principal : Rennes. Sites secondaires : Lannion, Brest
• Membres industriels et académiques confirmés : 40
• Budget global sur 10 ans : 200 M€
• Financement Investissements d’Avenir : 60 M€ en numéraire (130 M€ en capital)
• Financement des collectivités territoriales : 30 M€
• Collectivités territoriales impliquées : Région Bretagne, Rennes Métropole, Lannion Trégor
Agglomération, Brest Métropole Océane
• Calendrier : Démarrage des programmes premier semestre 2013

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