La diaspora bretonne existe-elle ?

La diaspora bretonne existe-elle ?

28 Mar 2013

Au cœur de l’exposition Migration, actuellement aux Champs Libres, une application présente aux visiteurs la présence mondiale de collectifs web d’expatriés bretons. Cette cartographie recense des traces numériques collectées et identifiées par Simon Le Bayon au cours d’un travail de recherche pour déterminer comment existe la diaspora bretonne.

« Il y a deux choses que l’on retrouve partout, (…) : une cannette de Coca… et un Breton ». La citation attribuée à Erik Orsenna est révélatrice d’une tendance, les Bretons sont voyageurs, au point de former des regroupements un peu partout sur la planète. Peut-on pour autant parler de diaspora bretonne ? Pour répondre à cette question, Simon Le Bayon a réalisé une thèse, s’appuyant sur les collectifs web 2.0. Une méthode qui change des formats classiques chiffrés, mais qui semble avoir été validée par ses résultats, plutôt concluants. Les échanges se font en effet de manière privilégiée sur le web, aussi bien entre expatriés, qu’avec leur terre d’origine.

Le sociologue a ainsi collecté et analysé des « inscriptions numériques », permettant par exemple une « analyse de contenus sur LinkedIn » ou « des liens entre sites web ». Premier enseignement, il existe bien une diaspora, au sens de Robin Cohen, sociologue de l’université d’Oxford. Il définit 9 caractéristiques communes à ce type d’organisation, dont certaines se retrouvent dans le cas breton. Simon Le Bayon cite ainsi « la mémoire collective » et « la reconnaissance à travers des symboles » notamment. Globalement, la « valorisation du territoire d’origine » est défendue par des associations comme Bretons du Monde ou la Diaspora économique bretonne.

Des liens plus faibles

On retrouve ainsi différents types de figures, avec des objectifs bien différents. M. Le Bayon les classe en trois catégories. Tout d’abord les communautés, qui regroupent quelques individus ayant des liens forts et visant « l’intégration dans le pays d’accueil ». Ils s’appuient sur des sites web ou des échanges de mails, visant à mettre en place des repas et autres moments de convivialité. Viennent ensuite les organisations, qui ont un aspect d’autorité sur leurs membres. Elles diffusent de l’information à travers des blogs, dans un objectif de représentation. Enfin, on retrouve des réseaux, basés sur des liens faibles, s’appuyant sur les réseaux sociaux, avec pour finalité de trouver un emploi ou un logement.

Ce dernier système est d’ailleurs révélateur pour Simon Le Bayon. Il estime que « dire qu’on est breton » en arrivant quelque part « ça permet de trouver un job ». La solidarité et les carnets d’adresse joueraient alors à plein, de quoi renforcer l’idée d’une diaspora bretonne. Un principe qui fonctionne à tel point, que des communautés françaises finissent par « s’articuler autour des bretons », comme à New-York. Pour autant, le sociologue estime le terme de diaspora « galvaudé ». En effet, les liens serait surtout « faibles » en raison de l’usage des réseaux sociaux. Pourtant, trouver ces groupes deviendrait aujourd’hui beaucoup plus difficile, sans le web.

La présentation :

En plus :
Cartographie de la diaspora bretonne, dans le cadre de l’exposition Migrations, du 15 mars au 1 septembre 2013 aux Champs Libres.
La thèse de Simon Le Bayon

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