Le web tiré par le e-commerce

Le web tiré par le e-commerce

1 Mar 2013

 

Dans les classements e-business, les pure players marchands sont sans surprise en pôle position, mais côtoient aussi des acteurs variés qui « surfent sur l’écosystème d’Internet ». Un univers effervescent où les success stories font état de chiffres d’affaires vertigineux.

 

La toile bercée par une pléthore d’activités génératrices de cash

C’est probablement la diversité qui caractérise au mieux les services en ligne. Face aux géants du e-commerce, on aurait tendance à oublier d’autres pionniers comme les comparateurs de prix, les réseaux sociaux ou les acteurs de la publicité et de la presse en ligne. Mais cette liste serait loin d’être complète sans évoquer « la face cachée du Web marchand ». La fermeture de MegaUpload l’an dernier a animé les débats autour des plateformes de téléchargement illégal. Et les méandres de la toile sont aussi mus par des activités mystérieuses, comme les arts divinatoires ou l’industrie du X qui représenterait à elle seule 12 % des sites mondiaux. Avec un chiffre d’affaires de 150 millions € en France, le porno n’est pas épargné par le piratage, qui concernerait 90 % des pratiques selon Grégory Dorcel. Par ailleurs, les succès d’audience de Meetic ou Adopteunmec feraient presque oublier les 2 000 sites de rencontre de l’hexagone, un secteur qui « ne connaît pas la crise ». Enfin, la vente de médicaments en ligne qui agite l’actualité devrait aussi prendre son envol.

Concernant le marché français de l’e-pub, il a atteint 2,7 Mds € en 2012 et ce cap devrait se maintenir avec une croissance prévisionnelle de 5 % pour 2013. En comparaison, malgré la hausse impressionnante de 30 % du marché publicitaire mobile l’an dernier, celui-ci ne représente que 1,8 % de la publicité digitale. D’ailleurs, la bonne santé du Web bouleverse aussi les équilibres : des pronostics avancent que la publicité en ligne dépasserait celle de la presse en 2015. Un tel dynamisme de la toile ne saurait en faire oublier les particularités, comme le note LEntreprise.com : « alors que [les acteurs du Web] affichent volontiers leur nombre de visiteurs uniques, ils restent très discrets sur leur chiffre d’affaires – et surtout sur leurs résultats ! ». Le constat n’est pas isolé et cette « dictature des chiffres au pays des startups et du digital » est devenue emblématique d’un univers où les valorisations, cessions et levées de fonds sont monnaie courante.

Le e-commerce, poule aux œufs d’or

Pour François Momboisse, le Président de la Fevad (Fédération e-commerce et vente à distance), « 2012 vient de s’achever avec, vous en avez l’habitude, de nouveaux records pour le e-commerce. Record en chiffre d’affaires (45 Mds €, + 19 % vs 2011), en nombre de sites marchands (117 500 fin 2012, + 17 % vs 2011), en nombre d’internautes et d’acheteurs sur Internet ». Malgré ce bilan impressionnant, l’e-commerce devrait s’essouffler : Xerfi prévoit 16 % de croissance en 2013, puis 13 % en 2015 pour un volume de 66,7 Mds €. La Fevad envisage quant à elle un chiffre d’affaires de 72 Mds € à l’horizon 2015. La phase de maturité serait donc proche et certains évoquent déjà de nouveaux usages tels que le web-to-store.

Le e-commerce se renouvelle pourtant, en atteste le développement du m-commerce. En 2012, les ventes sur mobile ont atteint 1 Md € en France, soit 2 % du marché. Pour 2013, la Fevad table sur un doublement des pratiques d’achat via les smartphones et les tablettes, une tendance que les géants du secteur anticipent également. L’an dernier, Vente-privée avait déjà réalisé 26 % de son chiffre d’affaires via le mobile, un seuil qu’eBay s’attend à atteindre d’ici la fin de l’année.

Crédit photo : 100 dollar bills par Philip Taylor

Plus :
Infographie, les chiffres clés 2012 du e-commerce en France
Le site de la Fevad

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