Peut-on vraiment gagner sa vie avec des applications mobiles ?

Peut-on vraiment gagner sa vie avec des applications mobiles ?

13 Mar 2013

 

La 13e édition du Mobile Monday, organisée par Rennes Atalante et la Cantine Numérique, s’est intéressée aux opportunités de ce marché effervescent, à travers des expériences entrepreneuriales.

 

 

Quels secrets en BtoB et BtoC ?

Il n’y a pas de « modèle tout fait », met en garde Simon Chignard. Et pourtant, les témoignages confirment que le b.a.-ba, c’est l’adéquation aux spécificités des cibles. Lancée en 2009, Greencopper compte 120 références d’événements culturels dont 70 en Europe. Sa recette consiste à « répartir le coût du produit sur tous les clients », grâce à « un framework de développement » adapté aux couleurs de chacun, explique Cécile Martin. Avec une licence annuelle, complétée d’une dose de personnalisation, la société peut ainsi répondre aux besoins et contraintes budgétaires de ses clients. Les applications à disposition de la cible finale sont gratuites, mais ce modèle composera peut-être à l’avenir avec du paiement intra-application pour accéder à des contenus exclusifs.

Du côté de SeeMeCab, la version d’essai de son application de suivi de chantier ArchiReport, disponible sur iOS, a été téléchargée 70 000 fois depuis fin 2011. S’en sont suivies un millier de ventes en one-shot à 89 €, un prix initialement fixé à 39 € puis rehaussé. Julien Cotteaux et Morgan Bigot n’envisagent pas de développement sous Android, parce que « sur des applis métiers, ça se défend ». Peu de moyens ont été alloués au marketing, mais le déploiement de l’application bénéficie du bouche-à-oreille entre les professionnels du bâtiment. D’ici peu, l’achat d’options viendra compléter ce modèle. SeeMeCab s’est développée sur fonds propres, avec un chiffre d’affaires de 20 % sur les produits et de 80 % sur la prestation de services pour le premier exercice. D’ici 2014, les fondateurs envisagent un retournement de ce ratio.

Le parcours d’Anne Graignic, co-fondatrice de feu Mobiliville avec Claire Gallic, rappelle qu’innovations et expériences entrepreneuriales ne riment pas toujours avec pérennité. Née d’un projet étudiant lauréat du concours SFR Jeunes Talents en 2010, l’application permettait aux commerçants rennais de proposer des coupons de réduction géolocalisés en temps réel. L’aventure s’est terminée en septembre 2011, en raison notamment de coûts de développement élevés qui avaient miné les ressources à allouer au marketing.  Anne Graignic reconnaît qu’il est « compliqué de faire connaître son appli en local » et que l’équipe aurait certainement bénéficié de l’intégration des compétences techniques. Cette expérience leur a permis de rebondir dans le Web et le mobile, respectivement chez Ouest-France Immo et Mobizel.

Et pour les jeux mobiles ?

Éditeur de jeux ludo-éducatifs et grand public, Dominique Busso de Happy Blue Fish évoque des clefs pour percer l’univers du jeu mobile. Un positionnement international est conseillé pour booster la monétisation. Au-delà de l’atout des licences, la dimension éditoriale perceptible dans le catalogue de produits fait aussi la différence. Mais il ressort que « l’aspect financier est primordial, même si avec la dématérialisation, le rapport de force revient du côté du créateur ». Jean-François Denis d’AMA le confirme : « on a eu cinq à six tremblements de terre en deux ou trois ans ! ». Il insiste également sur les business models spécifiques à chaque plateforme, la propension à payer variant selon qu’il s’agisse d’utilisateurs d’iOS ou d’Android. Face à un modèle publicitaire peu lucratif et pour pallier des coûts d’acquisition jugés « trop chers », la société adopte une approche singulière en évitant les intermédiaires dans la distribution : « on parle à Apple, Google, Samsung en direct ».

Crédit photo : © aey – Fotolia.com

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