A+, une projection dans le temps

A+, une projection dans le temps

16 Mai 2013

Le festival Bouillants investit le centre ville de Rennes à travers une œuvre visible dans un bâtiment public. Proposant un décalage dans le temps, l’auteur souhaite proposer une expérience troublée aux spectateurs.

Un portail spatio-temporel trône depuis le 3 mai dans le hall des Champs Libres. Il s’agit en fait de l’installation A+ de Thierry Fournier, plasticien et commissaire d’exposition. Sa structure donne à voir ce qu’il y a derrière elle avec une image décalée de 24h. L’œuvre étant fixe, il en découle une sensation bizarre d’une plongée dans le temps. Une impression de pouvoir franchir cette porte pour retourner dans le passé sans aucune difficulté. D’un autre côté, le visiteur voyant un dispositif de captation voit que son « image est engloutie quelque part mais on ne sais pas où », comme l’explique l’artiste. Un décalage qui amène les gens à « revenir plus tard » pour enfin se voir dans l’installation.

Ces différentes sensations sont le but recherché par Thierry Fournier à travers son installation. Il ne souhaite ainsi pas « développer des messages mais instaurer des expériences ». Pas besoin donc de chercher le sens profond de A+, il faut simplement se laisser attirer et guider par son fonctionnement. D’ailleurs, le plasticien cherche à « inviter les spectateurs à un endroit où la relation qu’ils entretiennent avec leur environnement est troublé ». Ainsi, il « provoque une acuité », attire l’attention du passant. Un objectif difficile dans un lieu très fréquenté comme les Champs Libres, où le visiteur a plutôt tendance à filer tout droit vers sa destination.

Une influence des minimalistes américains

Cette démarche est au cœur du travail de l’artiste qui joue sur « la dimension relationnelle des œuvres ». Côté filiation, il se sent inspiré par « les minimalistes américains » comme « Richard Serra ». La comparaison tient surtout à la forme de l’œuvre, « un bloc autour duquel on se sent décalé ». D’un point de vue plus personnel, Thierry Fournier estime que « l’inspiration c’est le travail ». Il bat ainsi en brèche l’idée reçue de concepts venant naturellement, parlant plutôt d’un retour quotidien à sa tâche. Il résume ainsi ce processus de création : « revenir tous les jours sur mes obsessions ».

Du côté de Bouillants, la collaboration date de l’année passée avec trois installations très différentes, qui « illustrent bien l’aspect touche-à-tout de Thierry Fournier » d’après Sophie Batellier, responsable du développement du festival. Pour cette nouvelle édition sur le temps, l’œuvre A+ faisait sens car « elle pose indéniablement la question du rapport aux temps ». Une autre installation de l’artiste est visible à l’espace culturel Le Volume. Nommée Limbo, elle propose une plongée dans l’obscurité, avec un jeu sur les silhouettes du spectateur. Là aussi, une question d’interaction entre le visiteur et l’œuvre, décidément l’obsession de Thierry Fournier.

Plus :
Présentation de A+ sur le site de Bouillants
Visible jusqu’au 9 juin aux Champs Libres

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