Le cluster eTIC 56, un air de Californie en Bretagne

Le cluster eTIC 56, un air de Californie en Bretagne

1 Mai 2013

Créé en 2008 à l’initiative du Conseil Général du Morbihan, le cluster eTIC vise à affirmer la place du département dans le paysage numérique régional. Cette politique volontariste ambitionne d’ajouter un nouvel appui au trépied Rennes, Lannion et Brest.

Le cluster est « un regroupement d’entreprises et d’institutions de production de la connaissance (universités, centres de recherches, laboratoires, etc.) proches géographiquement, partageant un même domaine de compétence et travaillant en complémentarité ». Ce modèle apparaît comme une préfiguration des quartiers numériques. Le démarche de cluster du Conseil Général du Morbihan s’inscrit dans une stratégie éprouvée de soutien aux entreprises des filières d’excellence.

Sa filière numérique ne compte pas d’équipes de R&D de grands groupes, et en ce sens, « le département est très atypique, avec des entreprises minoritaires au niveau régional (6 à 8 % des emplois bretons dans les TIC) mais très dynamiques sur leur secteur d’activité », observe Jean-Louis Campy, chargé d’affaires innovation et cluster TIC au Conseil Général, avant de préciser : « pourquoi ne pas faire dialoguer et rapprocher ces acteurs qui ont tout à gagner à travailler ensemble ? ».

« Des rapprochements intelligents à l’échelle locale »

Dans le Morbihan, les fondamentaux du cluster sont réunis avec un tissu de 162 entreprises, deux technopoles et l’Université Bretagne Sud dotée d’antennes à Lorient et Vannes. 80 % de la filière numérique est concentrée sur la zone littorale, mais l’action du cluster irradie tout le département. Les entreprises plus isolées dans les terres s’y connectent aussi pour profiter de ce dynamisme.

Parmi les dispositifs de structuration, les échanges entre les entreprises et le monde académique sont favorisés, grâce à « des ingénieurs campus, chargés de faciliter les liens entre les entreprises et les formations, et des ingénieurs transferts, chargés d’établir des passerelles entre la recherche scientifique et le monde de l’entreprise », explique Jean-Louis Campy. Par ailleurs, le pilote du cluster précise qu’« à côté des accompagnements individuels, le département finance des infrastructures et des outils techniques qui permettent de mutualiser des compétences et qui ont un impact positif sur les facteurs de développement des entreprises ».

« Ne nous voyez pas comme un petit village gaulois ! »

Piloté par le Conseil Général, le cluster eTIC 56 bénéficie de l’animation de ses partenaires locaux. Plus qu’un regroupement formel, c’est un modèle ouvert qui fonctionne à travers un réseau diffus. « Toute entreprise du Morbihan récente ou ancienne, dont l’activité est identifiée comme une activité TIC, peut revendiquer son appartenance au cluster », se félicite Jean-Louis Campy. S’il demeure modeste, il reconnaît que certaines entreprises œuvrent sur des marchés nationaux et mondiaux, à l’image de Wind River « qui a contribué au développement de l’informatisation du module Curiosity qui se balade sur Mars » ou de Korilog « qui édite des logiciels pour les laboratoires qui travaillent sur le génome ».

Il concède que « ce n’est pas dans le Morbihan qu’elles vont faire leur business ». Pour autant, l’attractivité du territoire est indéniable, en témoigne l’initiative économique de la filière dont le taux de natalité dépasse les 10 % depuis 2008. Parmi les ingrédients du succès, Jean-Louis Campy recense « la volonté politique », « l’écoute des entreprises » et « le territoire en lui-même, parce qu’on renvoie une image un peu californienne, un sacré atout qui n’est pas délocalisable ! ».

Plus :
Télécharger la brochure du cluster eTIC 56

Crédit photo :
– Cédric Wachthausen pour le Conseil Général du Morbihan

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