La Banque publique d’investissement, outil central du financement

La Banque publique d’investissement, outil central du financement

16 Sep 2013

Le regroupement donnant naissance à cette nouvelle entité a été mis en place pendant l’été. Reste à connaître les outils désormais disponibles et à voir si l’action sera désormais plus efficace.

Créer « un point d’entrée unique », tel est l’objectif principal fixé à BPI France. L’entité codétenue par l’État et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) regroupe en effet de nombreux dispositifs : Oséo (établissement public de financement), le Fonds stratégique d’investissement (FSI), le FSI Régions et le CDC entreprise. Ils apparaissent ainsi tous « sous une seule et même bannière », comme l’explique Eric Versey, Directeur régional Bretagne de l’institution. Engagement du candidat Hollande pendant l’élection présidentielle de 2012, la structure a finalement été mise en place au début de l’été avec « un montage juridique acté en juillet 2013 ».

5 métiers

Ce nouvel ensemble permettra d’avoir une « visibilité beaucoup plus importante » notamment auprès des « chefs d’entreprises qui ont des besoins de financement ». Les différentes structures vont aussi avoir une « puissance de feu beaucoup plus importante », et ainsi « être encore plus performantes ». Le champ d’action reste celui de l’accompagnement et le financement d’entreprises avec 5 grands métiers :
– Financement d’entreprises innovantes (subvention, prêt à taux 0 ou avance remboursable).
– Co-financement, en lien avec d’autres banques.
– La garantie, afin d’être « l’assureur crédit des banques et des organismes de fonds propre ».
– Fonds propres, pour « investir dans des entreprises (…) avec des perspectives de développement ».
– Accompagnement international, avec « le label BPI France export ».

Nicolas Dufourcq, DG BPI France (à gauche), et Eric Versey, Directeur Régional (à droite).

Nicolas Dufourcq, Directeur général BPI France (à gauche), et Eric Versey, Directeur Régional (à droite).

20 milliards de fonds propres

Le Directeur régional précise que pour lui, « le spectre de l’innovation est très large ». Il concerne aussi bien « l’innovation de rupture », où la BPI peut intervenir seule, que « l’innovation de service », pour « aider à capter des outils bancaires ». Le regroupement permet à cette structure d’avoir « des outils que nous n’avions pas jusqu’à présent », avec des échanges plus simples entre les différents chargés d’affaires. Pour les entreprises, cela permet donc de bénéficier d’une « prestation de service plus optimale ». La « maison », comme il la nomme, a aussi l’avantage de peser « 20 milliards d’euros de fonds propres ». De quoi lui donner une base solide, mais aussi lui permettre d’ « aller chercher de l’argent sur les marchés » pour le prêter aux entreprises.

A l’échelle régionale, la BPI rassemble une quarantaine de personnes, qui sont « des commerciaux », avec pour objectif d’aller au-devant des entreprises. C’est aussi à cet échelon que se prennent « plus de 90% des décisions » d’après Eric Versey. La structure garde ainsi sa réactivité avec « 5 à 10 jours pour décider d’un dossier ». A Rennes, bien que fraichement inaugurés, les locaux restent les mêmes, sur la place de Bretagne. Chaque département breton conserve également un site, afin de couvrir l’ensemble du territoire. Autre preuve de son implication locale, la Banque publique garde sa place dans la gouvernance de Bretagne Développement Innovation (BDI).

Quels outils pour les startup ?

Au niveau des secteurs d’activité « tout est ouvert » à quelques exceptions comme le secteur agricole et immobilier. Cependant, les « grandes orientations » sont plutôt destinées à « l’innovation » avec des axes stratégiques sur « la santé et le numérique » notamment. Ce qui correspondrait à « 80% des besoins de financement sur le marché, notamment en Bretagne ». A cela s’ajoutent des enveloppes sur l’économie sociale et solidaire ou la transition écologique. L’objectif est ainsi d’atteindre un certain volume de crédits mis en place, et qui « augmentent de 10 à 20% » chaque année. Pour autant, M. Versey précise que « ça ne veut pas dire qu’on dira oui à tout ».

Chiffres mis à part, le Directeur régional estime que l’évaluation viendra du terrain. « Est-ce qu’au bout d’un an (…) on est capable de dire que BPI France a rempli a rempli son rôle ? Il n’y a que les chefs d’entreprises qui peuvent répondre à cette question ». Il sera alors temps de faire le point sur le type d’entreprises accompagnées, la place laissée aux startup, notamment celles qui ne font pas de l’innovation de rupture. Quel que soit le résultat, ces structures auront au moins le mérite de désépaissir le millefeuille administratif français. Un chantier qui doit bientôt s’accélérer avec l’attendu « choc de simplification », un des dossiers du gouvernement en cette rentrée 2013.

Plus :
Le site de la BPI France

Billets similaires :