Maker Faire Rome : How to remake the world

Maker Faire Rome : How to remake the world

15 Oct 2013

Du 3 au 6 octobre se déroulait la Maker Faire de Rome. Un rendez-vous important pour tous les Makers d’Europe voire de la planète. Une délégation bretonne était présente sur place. Parmi eux, Camille Bosqué qui mène actuellement une thèse entre l’ENSCI – Les Ateliers et Rennes II (Laboratoire Arts, Pratiques et Poétiques). Elle nous propose un retour de ce qu’elle a vécu en Italie pendant ces quelques jours.

 

Publié initialement sur son blog : http://makehackfab.tumblr.com

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Arigato ragazzi

Arrivée à la gare de Rome après un voyage en avion (je ne dois pas penser au bilan carbone désastreux de cette thèse) je me retrouve à demander mon chemin à un italien très sympa. Pour le remercier de ses indications, je lui lance un grand “Arigato !” avant de réaliser mon erreur et d’éclater de rire toute seule. Il va falloir que j’arrête les voyages.

Dans la grande salle du Palais des Congrès de Rome, les présentations s’enchaînent toute la journée.
Quand j’arrive, je cherche à tâtons une place dans le noir et je tombe sur Massimo Banzi d’Arduino. Il me dit que je peux m’asseoir à côté de lui, la place est libre : “Camille, right ? We met at the Maker Faire in May !”
Il se souvient de mon prénom ! Et il me rappelle où je l’ai rencontré comme si j’avais pu, moi, ne pas m’en souvenir. Je l’avais interviewé pendant une demi-heure, en plein soleil, parmi les installations de la Maker Faire. Mon dictaphone était tombé en panne. C’est lui qui m’avait montré comment utiliser mon enregistreur sur mon Iphone, que j’avais acquis tout récemment. Quelqu’un d’important techniquement pour mes recherches, donc.

Beaucoup beaucoup de monde est passé sur la scène le premier jour, et notamment Bruce Sterling qui a présenté une sorte de catalogue d’objets utiles mais bricolés mais pas forcément utiles, grande croisade qui rassemblait Tinguely et Rube Goldberg à côté de quelques objets de Jugaad.

« So now is the moment to make a big announcement. »

L’un des temps forts de la première matinée : une discussion croisée entre Massimo Banzi (qui entre temps avait quitté son siège) et Brian Krzanich, le nouveau CEO d’Intel.
Ils sont sur scène pour annoncer la naissance d’un nouveau projet, Galileo. “Un des objectifs d’Arduino c’est de donner la possibilité aux gens de rapidement réussir à programmer un truc. Avoir un résultat en dix minutes ça donne l’énergie pour continuer et aller plus loin”, rappelle Banzi. ”It’s the same process but at a different scale”, explique Intel. Galileo est le premier produit Intel basé sur Arduino, qui inclue un processeur Intel.

Galileo

« We are NOT going to protect this », précise Intel. Dale Dougherty, chargé d’animer la discussion sur scène résume : “This is a big step for Arduino.” Massimo Banzi enchaîne : “This is a big step for the Makers and for open source.”
Quelques 500 boîtes de Galileo ont été distribuées pendant la Maker Faire et 50 000 seront distribuées prochainement dans les universités et écoles du monde : ”Le but de cet effort est de mettre la puissance de la technologie Intel dans les mains d’autant d’étudiants et de formateurs que possible”, explique Intel. Le nom d’Arduino n’apparaît pas sur la carte.

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How to remake the world : drones, airplanes, cars, bacterias

C’est un show à l’américaine qui me rappelle beaucoup le Hardware Innovation Workshop où Dale m’avait invitée en mai en parallèle de la Maker Faire, à San Mateo. Grosse musique répétitive qui rythme l’entrée en scène des intervenants, gros jingles, grosses lumières qui balaient le public.

Impossible de raconter tous ceux qui sont venus présenter leurs travaux sur scène. On retient néanmoins au rayon bactéries, Jack Andraka, un jeune qui à 15 ans a développé une méthode rapide pour détecter le cancer du pancréas : de la cave de ses parents jusqu’au vrai labo, son histoire est étonnante. C’est un parfait exemple de ce passage fréquent d’une pratique empirique amateure à un développement à plus grande échelle.

Jack Andraka

« Social technology »

Dernier volet de présentations : les FabLabs. Peter Troxler, Tomas Diez et Massimo Menichielli sont là pour présenter le concept et parler de quelques lieux et réalisations.
Sur mon carnet j’ai noté cette phrase, prononcée par Peter Troxler : “Our duty is to make that world happen, and it will not happen by itself because we are NOT bacterias.”
Tomas Diez a présenté la même chose qu’à Plymouth, ce qui m’a fait rire. De cette manière, le discours du FabLab Barcelona est bien ancré dans ma tête : from microcontrolers to cities.

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Plus :
La suite des comptes-rendus de Camille Bosqué : The business of making (où l’on croise notamment Bionico et InMoov) et Paroles et dessins, où Camille décrit la manière dont elle mène son enquête en dessinant.
Les photos par Baptiste Gaultier sur Lexians
Le site de la Maker Faire Rome

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