Un site pour garder la mémoire des Trans Musicales

Un site pour garder la mémoire des Trans Musicales

6 Déc 2013

Le festival rennais a mis en place depuis 4 ans un projet pour trier et rendre visibles ses archives. Le processus se heurte cependant à des questions juridiques, mais aussi aux évolutions technologiques : la numérisation est-elle le meilleur moyen pour sauvegarder des documents ?

« Faire un tour exhaustif des archives qu’on a aux Trans Musicales », tel est l’ambitieux objectif que s’est donné le projet Mémoire de Trans. Comme l’explique Tanguy Georget, archiviste de l’Association des Trans Musicales (ATM) il s’agit concrètement des « programmes, flyers, fanzines de l’époque ». De manière surprenante, on retrouve aussi « les enregistrements » grâce auxquels « Jean-Louis Brossard programme les artistes ». Au total, une quantité colossale d’archives quand on pense que le festival a débuté en 1979.

Un travail avant tout juridique

Ces documents sont aujourd’hui concentrés en ligne sur un site internet dédié, en tout cas pour une partie d’entre eux. Car à ce jour, l’archiviste avoue qu’il n’y a que « un dixième de ce qu’on a » sur le web. Pour la musique cela représente par exemple « plus de 500 morceaux », qui ont nécessité « une centaine de contrats avec les indés et les auto-produits ». Car le nerf de la guerre est bien juridique. Pour chaque média, « même une affiche », cela nécessite de signer « un contrat avec le créateur ». Une tâche difficile lorsqu’il faut retrouver le producteur ou un label qui n’existe plus, mais encore pire quand il faut négocier avec les majors.

Ces contraintes expliquent que les Trans soient lancées dans « des processus extrêmement longs » pour assurer la pérennité de ses archives. Exemple avec la vidéo du concert de Nirvana au festival. Cette dernière est disponible gratuitement sur Youtube. Mais l’ATM a fait le choix de ne pas la reprendre car elle resterait tributaire du producteur, qui peut décider à tout moment de mettre le document hors ligne. En effet derrière ces archives le but est « une transmission du savoir des deux fondateurs » afin de « mieux comprendre le projet » Trans Musicales, pour Tanguy Georget, notamment à travers « ce qu’ils écoutent ».

Le numérique, ennemi de l’archiviste ?

Pour assurer la pérennité de ce fond d’archives, l’ATM sera confrontée à un autre problème, technique celui-là. Le numérique évoluant sans cesse, les documents peuvent devenir illisibles, à l’instar de vidéos du début des années 2000. Comme le résume l’archiviste des Trans, « ce n’est pas dit que dans 50 ans le fichier existe, alors qu’un document sera sans doute toujours là ». C’est pourquoi il mise avant tout sur la « multiplication des versions », pour reproduire régulièrement les documents. Cela permet aussi de faire vivre aujourd’hui ces morceaux de festival, à travers des expositions d’affiches par exemple.

Pour la vision à long terme, l’association s’est tournée vers les archives de Rennes, avec la mise en place d’un partenariat. Il porte sur une « convention de versement » de documents physiques. Il y a ainsi un « principe de sauvegarde, d’interopérabilité » mis en œuvre par un organisme dont c’est le métier. Seulement, Tanguy Georget en fait le pari, l’enjeu sera un jour « le versement d’archives numériques », c’est pourquoi il faut faire évoluer les documents. Sa conclusion est d’ailleurs qu’« il n’y aura pas de pérennité s’il n’y a pas de suivi dans les évolutions techniques ».

Crédit photo : Bruno Chiron

Plus :
Le site de mémoire de Trans

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