Les lunettes connectées investissent le bloc opératoire

Les lunettes connectées investissent le bloc opératoire

19 Fév 2014

Le 14 février, un chirurgien rennais a mené une opération visionnée, au plus près et en simultané, par une équipe japonaise située à Nagoya. La clinique privée de Saint-Grégoire, près de Rennes, revendique une « première mondiale ». Le spécialiste était, en effet, équipé de lunettes connectées.

Les lunettes connectées ne limitent plus leur usage aux loisirs, à l’actualité ou aux services. Le 14 février, elles ont investi le champ de la transmission de compétences professionnelles. Lors de la pose d’une prothèse totale d’épaule, menée le 14 février au centre hospitalier privé de Saint-Grégoire par le docteur Philippe Collin, une équipe japonaise, située à Nagoya, a pu visualiser l’opération en direct et se frotter au savoir-faire du chirurgien. Deux heures d’intervention instantanément captée et retransmise grâce à des lunettes connectées. Un « compagnonnage » mené à 10 000 kilomètres de distance.

« Une vision incroyable »

En 2011, le chirurgien avait déjà pratiqué une première opération en visioconférence sur le Net. Cette fois, le niveau monte d’un cran. « C’était incroyable, soupire encore Philippe Collin, chirurgien orthopédiste, spécialisé dans la chirurgie de l’épaule, l’équipe japonaise a quasiment bénéficié de ma vision exacte lors de l’opération. » Coutumier de la formation et de l’échange de savoir-faire à distance, avec des confrères internationaux, Philippe Collin apprécie l’arrivée des lunettes connectées dans le bloc. « Habituellement, nous mettons en place un système de caméras dorsales qui imposent une régie, du personnel. Ça reste compliqué pour mener de l’enseignement personnalisé », confie-t-il. Une logistique lourde et onéreuse puisque chaque séance peut coûter entre 15 000 et 20 000 euros. Avec le système des lunettes connectées, le coût de revient pourrait être divisé par trois.

Derrière la prouesse technique, deux entreprises rennaises. La première, Eliga, est une start-up spécialisée dans les applications multi-écrans. Elle a mis au point un logiciel d’interactivité, sans contrainte de distance, entre les auditeurs d’une conférence, dotés d’un smartphone, et le conférencier. La seconde, Ama, spécialiste international dans le développement et l’édition de jeux et applications mobiles, est l’une des rares détentrices des Google Glass depuis 2012. Outre la mise à disposition des lunettes connectées, la rencontre des deux sociétés a permis d’ajouter à la formation interactive « la diffusion en temps réel » de l’opération.

Un premier jalon

« Il fallait assurer la meilleure liaison possible , détaille Marie-Anne Denis, product manager au-sein de Ama, l’appel se faisait via les lunettes, en wi-fi. Il y avait donc un contrôle permanent pour jauger la qualité de la réception des images et du son. » Pari réussi pour cette première formation interactive d’un nouveau genre.

Reste à peaufiner le dispositif. Optimiser la définition des images transmises, doter les glass d’une capacité de zoom et « l’adapter à la chirurgie », implémenter des données supplémentaires « accessibles en direct » lors d’une intervention : les pistes ne manquent pas. Les ambitions non plus : pour les trois partenaires du projet « cette première » n’est qu’un début. Chacun continue de travailler, selon ses compétences, et envisagent « de nouvelles applications, prêtes à être développées dans le domaine de la télémédecine ».

Billets similaires :

No comments

Trackbacks/Pingbacks

  1. Les dessous d’une première mondiale | Eliga, multi screen apps - […] Les lunettes connectées investissent le bloc opératoire […]