L’Echofab de Montréal et le Labfab en mode coopération

L’Echofab de Montréal et le Labfab en mode coopération

19 Sep 2014

Echofab a émergé en 2011 à Montréal. Premier fablab créé au Canada, il vient de rejoindre les locaux de l’école supérieur de technologie, au coeur du quartier de l’innovation montréalais. Au programme du lab : arduino, impression 3D et recyclage de plastique. Dès 2015, la coopération avec le Labfab de Rennes pourrait monter d’un cran.

Lundi 15 septembre au fablab de Montréal. À côté de l’équipe de Communautique, organisme provincial spécialisé dans le numérique qui a propulsé Echofab en 2011, Raphaël et Roby prennent leur « shift ». Ils font partie des 4 employés du premier labfab créé au Canada. Celui-là même qui a inspiré la création du Labfab rennais. « Communautique accompagne la vulgarisation des apprentissages des outils informatiques depuis les années 1990, rappelle Raphaël, avec l’arrivée des imprimantes 3D, il a choisi de lier la formation à la fabrication ». Aujourd’hui, 70 espaces publics numériques du Québec bénéficient de son accompagnement, dont Echofab.
« Le lab accueille le public deux jours par semaine, précise Raphaël. Les partenaires, professeurs et futurs ingénieurs de l’école supérieure de technologie (E.S.T) peuvent aussi venir trois jours par semaine. » Initialement basé dans un bâtiment communautaire, Echofab a rejoint le quartier de l’innovation de Montréal en juillet dernier.

Impression 3D et reyclage

« Comme dans les autres fablab, les personnes arrivent avec un projet qu’elles mettent en oeuvre grâce au matériel et savoir-faire mis à disposition », rappelle t-il. Parmi eux, une pièce designée et imprimée par un ingénieur pour améliorer la conduite du fauteuil roulant de sa soeur, entravée par des problème de préhension, ou encore, une imprimante 3D « maison » conçue en Open Source avec des matériaux locaux, une onde martenot « DIY » développée par un artiste musicien.
À côté des fraiseuses, une machine indéfinie a pris place : Plastified. Conçu par Samuel Guillemette, designer industriel fraîchement diplômé de l’Université de Montréal, l’ensemble permet de recycler le plastique en filaments utilisables dans les imprimantes 3D. « Réduire, on y arrive. Réutiliser, on le fait tout le temps. Recycler, et bien c’est fait ! », revendique d’ailleurs l’équipe du lab. Encore à l’état de prototype, Plastified doit être perfectionné, notamment « pour améliorer la qualité du filament qui reste irrégulier », explique Raphaël.

Trouver un modèle économique

Déjà embarqué dans le recyclage et l’agriculture urbaine, Echofab souhaite aller plus loin sur les questions liées aux changements climatiques. Les thématiques locales ne manquent pas. Au premier rang desquelles la neige. Si des applications suivent déjà le trajet des déssaleuses et chasse-neige, elle reste un déchet à gérer : « Pourquoi ne pas la considérer comme une ressource et explorer les manières de la valoriser », s’interroge ainsi Monique Chartrand, la directrice de Communautique en rêvant déjà « d’arduisnow ».
Riche de projets, le lab de Montréal n’élude pas la question de son modèle économique. Location d’espaces, prestation de services, les pistes sont ouvertes. « Ouvrir une session de la fab academy pourrait aussi être un tremplin », assure Monique. Des enjeux qui font écho auprès des membres du Labfab rennais et de l’association Bug, venus travailler sur des pistes de coopération possibles avec Echofab et Communautique. À quelques heures de son envol pour New york, où il présente une installation de dataviz, pendant la Maker Faire, Thomas Meghe, animateur du Labfab, résume : « L’innovation technique, les applications santé, la documentation en langue française et l’agriculture urbaine sont résolument des sujets qui font sens entre nos structures. ». La coopération pourrait donc monter d’un cran dès 2015. De quoi ouvrir quelques ponts transatlantiques.

Focus… Arduiflo : l’arrosage sur mesure
Arduiflo_Echofab_MontréalPosée sur une étagère, une plante verte trône à côté d’un bac en plastique. À l’intérieur de ce dernier, des circuits imprimés compatibles arduino, un capteur d’humidité fait maison, une pompe posée au fond d’un broc empli d’eau. C’est arduiflo, un système d’arrosage autonome différent des solutions de minuteries que l’on trouve dans le commerce. « Avec Arduiflo, le capteur est installé dans la terre pour mesurer son taux d’humidité. L’arrosage est activé en fonction du code que l’on a entré ». Une solution peu chère, intelligente et facilement programmable pour faciliter l’agriculture urbaine ? « Pas à ce stade, estime Raphaël, nous devons encore assurer l’autonomie d’arduiflo avec des panneaux solaires et réaliser une solution multicanale pour arroser plusieurs plantes de manière différenciée. »

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