Podbox, la startup rennaise à la conquête des Etats-Unis !

Podbox, la startup rennaise à la conquête des Etats-Unis !

1 Oct 2014

Hébergée près de 2 ans à l’Ubiplex à Betton (près de Rennes), la startup va prendre son envol. Elle vient en effet de lever 1,2 million d’euros, et compte se développer avant tout sur le marché américain, en développant une filiale à San Francisco. Son PDG et co-fondateur, Dominique Péré, nous raconte les tractations de ces derniers mois et expose ses objectifs.

Le Mag numérique : A la rentrée PodBox a fait une annonce importante…

Dominique Péré : La grosse actualité de la rentrée pour nous c’est l’annonce de la levée de fond qui s’est faite pendant l’été. On a financé 1,2 millions. Exactement ça représente 600 000€ de Go Capital, 200 000€ de LTF Invest qui est la holding qui appartient à Antoine Krier, l’autre associé de Podbox avec moi. Le tout est complété par un financement du prêt participatif d’amorçage de BPI France. C’est un gros levier qui nous est très utile pour nous permettre d’être un peu plus à l’aise sur notre financement, sans sacrifier trop de parts de capital, et arriver sur le marché américain un peu plus sereinement.

On a 2 ans de visibilité avec ce financement. Le but maintenant c’est de s’implanter sur le marché américain, sur lequel on a déjà à peu près la moitié de nos clients, et de se développer là-bas puisque le marché du cloud et l’adoption des plateformes de cloud sont plus mures là-bas qu’ici. Ils en sont déjà à la phase d’industrialisation quand ici on se demande encore si on va utiliser une application SAS pour faire ceci ou cela. Là-bas ils ont déjà 2/3 applications SAS et ils se demandent comment les faire travailler ensemble intelligemment. C’est là que Podbox intervient.

LMN : Comment s’est passée la levée de fonds ?

DP : Une levée de fond c’est une grande aventure. C’est quelque chose qui se travaille Dominique Pere, PDG de PodBoxdans le temps, ça se travaille avec des connaissances. Il faut réussir à faire tomber les dossiers dans les bonnes mains. A Rennes c’est beaucoup plus facile, ça a joué au fait qu’on se connaît, qu’on se fait confiance et qu’on a envie de travailler ensemble. Ça fait un an qu’on est en contact avec Go Capital. On avait commencé ce processus de levée de fonds au printemps 2013 et on a réussi à le conclure au début de l’été 2014.

C’est long car il faut se connaître, que le business model soit épuré, maturé, avoir montré des premières preuves de réussite, de traction. C’est-à-dire avoir fait ses premiers clients et avoir des revenus. Il faut aussi montrer qu’on peut répéter le modèle sur un plus grand nombre de clients et qu’on peut monter à l’échelle au niveau national et international.

« 40% de nos demandes sont aux USA »

 

On a eu la chance d’avoir, vu la nature de notre offre, une traction qui venait d’abord des Etats-Unis. C’est déjà 40% de nos demandes, avec un meilleur taux de transformation des opportunités. Notre premier client était d’ailleurs américain. La proportion internationale a intéressé Go Capital. Podbox s’adresse à des professionnels qui utilisent au moins une application cloud, ce qui fait un public assez large.

LMN : Le produit est donc aujourd’hui mature ?

DP : On a aujourd’hui notre Minimim Valuable Product, c’est ce qui nous permet de générer nos premières sources de revenu. Mature ça ne veut pas dire grand chose surtout quand on travaille dans le cloud. On est sur une technologie qui bouge beaucoup. Le produit fonctionne bien mais je ne le considère pas comme mûr. Si c’était le cas, il faudrait déjà penser à faire autre chose.

Il fonctionne très bien pour la cinquantaine de connecteurs qu’on a déjà développés. Maintenant il va falloir qu’il fonctionne très bien avec 5000 connecteurs. Avoir une interface où ce n’est plus 5 minutes de configuration mais 10 secondes. Que ça fonctionne pour plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le monde. C’est le nouveau challenge. Quand on aura ça, on pourra dire que la technologie est mûre.

Que va permettre cette levée de fonds ?

DP : On a déjà des commerciaux, sinon c’est difficile de vendre. On a déjà deux personnes aux Etats-Unis, dont une qui s’occupe de la qualification des lead, c’est-à-dire prendre les commandes entrantes sur le site. On a également un commercial ici (à Rennes) et une personne au marketing ici. En plus, nous avons une agence de marketing digital américaine qui s’occupe de faire la landing page podbox.com, de faire la vidéo de présentation, et de faire un peu de contenu, piloté par nous.

On va recruter un commercial en France, une ressource support en France, 2 commerciaux aux Etats-Unis, et une à deux ressources support aux Etats-Unis également.

LMN : Quel sera l’objectif pour les 2 ans qui viennent ?

DP : Nos objectifs sont réalistes, ils sont basés sur la performance commerciale qu’on a déjà aujourd’hui. Si on la projette jusqu’à mi-2016, ça donne 650 clients et un certain revenu… La donnée importante pour nous c’est la somme des abonnements mensuels qu’on est capable de cumuler. C’est ce revenu qu’on vise pour être capable de relever de l’argent ensuite aux Etats-Unis.

« Faire une belle levée de fond aux Etats-Unis »

 

Les critères pour les VC américains sont plutôt clairs. Il y a beaucoup d’argent là-bas mais les critères pour lever sont également très exigeants. On sait exactement ce qu’on doit faire, comment on doit le faire : s’implanter là-bas, avoir une proportion de clients américain très représentative et une présence globale. Si on arrive à atteindre ces objectifs là, on arrivera à faire une belle levée de fond aux Etats-Unis.

On a une logique de croissance par l’investissement et pas par la rentabilité. Dans le cloud les applications vont très vite, les plateformes de synchronisation vont donc très vite aussi ! Et elles sont sur cette stratégie-là. Si nous on ne va pas sur la même stratégie, on va attendre gentiment qu’ils viennent nous manger en Europe. On pourrait rester là, faire de la rentabilité, dans 3 ans le leader américain se consolide, il arrive et au revoir Podbox. On va plutôt aller se frotter au marché là où il est. Et si on est successfull là-bas, on le sera ensuite partout dans le monde.

LMN : Vous êtes déjà implantés aux USA, même si la R&D reste en France, donc qu’est-ce qui va changer ?

DP : Déjà moi ! Je vais bouger là-bas, à presque temps plein, car il faut quand même que je revienne ici pour gérer l’équipe. Pour être plus proche des applications cloud, qui ont sinon leur siège, au moins un bureau très actif dans la Silicon Valley. C’est là-bas ça se passe pour nous, et c’est là qu’on va pouvoir nouer des partenariats, en confiance avec les éditeurs. Pour avoir la confiance, c’est mieux de discuter, de se voir et d’être en relation en direct que d’être à 9h de décalage.

L’autre élément c’est d’être proche des futurs investisseurs de Podbox, avec qui on est déjà en discussion, parce qu’ils aiment bien regarder très tôt. Pour réussir notre levée de fonds dans 2 ans, il faut déjà s’y mettre activement dans un an.

LMN : C’est déjà une réussite pour la société ?

DP : Depuis le début on s’est créé avec ce rêve. Sans doute ça ne marchera pas mais on va essayer. On a une techno qui est super, qui nous permet d’avoir vraiment un avantage concurrentiel sur ce marché là. Partir de Rennes pour faire ça ce n’est pas le mieux, il faudrait peut-être aller à San Francisco, au minimum à Paris. On a quand même fait le pari de la faire en restant à Rennes car on avait des ingénieurs de qualité sous la main. Le bassin rennais est très riche en la matière et on aurait eu tort de s’en priver. On a quand même pivoté 2 fois, donc ça n’a pas été un long fleuve tranquille.

On est pas sorti d’affaire car on a un financement qui nous fait aller sur 2 ans. 1,2 million c’est bien, c’est joli mais ça part vite. On fait quelques recrutements aux Etats-Unis, les salaires sont plus élevés, les charges sont plus élevées là-bas aussi. Rien qu’en frais juridique, ce sont des charges qui sont importantes, même si sur les salaires c’est moins élevé.

LMN : Est-ce que Podbox va rester français ou devenir américain ?

DP : C’est une filiale qui va être créée, au sens américain. Le siège social va rester à Podbox (à l’Ubiplex). Après, l’histoire ne nous dit pas encore si la boite va rester française ou s’il faudra qu’elle passe américaine parce qu’un investisseur est prêt à mettre 10 millions dans la boutique, sous condition que le siège social soit américain. On préfèrerait qu’elle reste française, que le siège social reste à Rennes, dans l’avenir on verra si c’est possible ou pas.

« Un conseil pour commencer ? Savoir ce que veut le marché ! »

 

Pour le client ça ne change pas grand chose. C’est plutôt la question de l’investisseur, qui ne va pas vouloir une société qui est sous le coup de la fiscalité française. C’est en tout cas souvent comme ça que ça se passe.

LMN : Un conseil pour les entrepreneurs qui se lancent ?

DP : Quand on est une startup, on néglige un peu trop l’aspect commercial. Nous avons fait l’erreur que tout le monde fait : on a commencé à 2 ingénieurs, puis 3 ingénieurs, puis 4. Pas un vendeur dans l’histoire, pas un marketeur, rien ! On a développé notre truc en essayant d’avoir des utilisateurs. On avait des personnes qui s’inscrivaient à la plateforme mais qui n’utilisaient pas le produit au début. Au départ on ne synchronisait pas vraiment avec les autres outils.

Le moteur de données est notre technologie, c’est POD pour Piece of data. Cette technologie est toujours au cœur. L’erreur qu’on a commise au départ c’est de ne pas avoir assez de marketing en amont. Le commercial c’est moins grave. Le vrai conseil que je pourrai donner aujourd’hui c’est savoir ce que veut le marché, pouvoir le tester, même si on a qu’une maquette. Trouver des utilisateurs qui ont des vrais besoins qui vous font des promesses d’achat ou qui au moins s’engagent à l’utiliser contre un retour d’expérience.

Plus :
Le site de Podbox

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