La French Tech lance son financement des accélérateurs

La French Tech lance son financement des accélérateurs

12 Déc 2014

Le Fonds French Tech sur l’investissement dans les structures d’accompagnement d’entreprises vient d’être lancé. L’opération bénéficie d’une enveloppe de 200 millions d’euros, mais il sera difficile d’en bénéficier.

« Identifier les accélérateurs privés français », tel est l’objectif de ce qui n’est encore qu’un « appel à manifestation d’intérêt » (AMI) lancé par la mission French Tech. C’est cette partie du projet doit bénéficier d’une enveloppe de 200 millions d’euros, à travers le Fonds French Tech Accélération, qui pourra investir dans les accélérateurs. Une opération qui est réalisée pour l’État par la Caisse des Dépôts et Consignations, et gérée par Bpifrance Investissement. L’actuel appel à candidatures pourrait s’étendre pour une période « pouvant aller jusqu’à 5 ans » d’après le document de présentation. Les investissements, jusqu’à 10 millions d’euros, se feront « au fil de l’eau » jusqu’à épuisement des crédits.

Qui peut recevoir ces investissements ?

La question s’est posée depuis le lancement de la French Tech : qu’est-ce qu’un accélérateur ? Depuis, bon nombre de structures au niveau national ont en effet cherché à placer leur action sous cette terminologie. La BPI précise qu’il s’agit d’une « structure visant à accompagner la création et la croissance de startups ». Elle doit pour cela proposer « des prestations d’accélération, souvent dans le cadre d’un programme structuré ». Il peut aussi s’agir de « financement(…) dans certains cas », avec « de l’investissement en fonds propres ». Les startup peuvent être aussi bien dans l’innovation technologique que dans l’innovation d’usage, dans les secteurs « du numérique, des medtech, des cleantech et des biotech ».

En terme de structure, les accélérateurs doivent être « constitués en sociétés privées » ou en tant que « fond d’investissement » intégrant une offre d’accélération. A chaque fois, le Fonds French Tech Accélération intervient comme investisseur minoritaire, mais pas directement auprès des startup. BPI participera par la suite aux organes de gouvernance des structures dans lesquelles elle aura investi. Autre précision sémantique, la Banque publique explique qu’elle entend par startup « une jeune entreprise à la recherche d’un modèle économique scalable » (c’est à dire avec un potentiel de croissance fort et rapide). Il peut aussi s’agir d’une société ayant été une startup, mais toujours avec « un modèle économique à forte croissance ».

Comment se fera la sélection ?

Malgré l’ampleur de l’enveloppe attribuée au Fonds French Tech, la sélection devrait être drastique. D’abord, la BPI n’entend financer que des structures qui ont « un modèle économique rentable », c’est à dire générant un chiffre d’affaire ou des plus-values. Objectif : un « retour sur investissement » pour le Fonds. La Banque Publique attend aussi des accélérateurs « un fort impact sur l’écosystème français », mesuré par des créations d’emplois ou une stimulation des exportations. L’équipe de management doit « justifier d’une expérience entrepreneuriale significative », correspondant aux startup accélérées. Elle devra aussi montrer ses compétences dans la sélection et la gestion d’un portefeuille de participation.

Les critères sont aussi très précis sur le type de société portant l’accélérateur. Il lui faut être française, à capitaux majoritairement privés et non côtés. La structure ne peut pas non plus être contrôlée par une autre entreprise. La participation de la BPI doit intervenir pour « financer le développement » avec « prioritairement des tickets à partir de 1 million d’euros ». Cette somme, cumulée aux autres acteurs publics ne doit « pas représenter plus de 50% du tour de table ». Ce qui suppose la présence de co-investisseurs. Dernier aspect, la perspective de liquidités pour le fonds à horizon 5 à 7 ans. On est donc loin d’une enveloppe distribuée à tout va, mais bien sur un positionnement d‘ « accélérateurs portés par des entrepreneurs pour les entrepreneurs », comme l’a récemment rappelé Axelle Lemaire.

Plus :
Les détails de présentation du dossier sur le site de la BPI
Pour toute question, écrire au service dédié à la BPI.

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