Demain, l’Internet des objets

Demain, l’Internet des objets

19 Jan 2015

Le nombre d’objets connectés pourraient être de 50 à 80 milliards dans le monde d’ici 2020. Nous arrivons à une phase de maturation du marché, avec ses opportunités mais aussi ses incertitudes. France Stratégie publie une analyse de la question, en voici une synthèse.

Evolution du nombre d'objets connectés par type (en milliards)

Source : IDATE (2013)

 

De quoi s’agit-il ?

Nouveau moyen pour les entreprises de rationaliser leurs processus internes, ces nouvelles technologies se traduisent sous diverses formes : l’Usine connectée, une gestion des services publics plus prédictive et automatisée, jusqu’à la sphère privée.

Tout objet connecté fera bientôt partie d’une communauté. Les grands du numériques cherchent donc à développer la plateforme de l’Internet des Objets (IO). On voit déjà arriver Google Wear, Windows 10 ou encore Tizen de Samsung.

Au centre de leur modèle économique, la donnée. Le contrôle des « traces numériques » (données sur l’usager) et leur multiplication est l’enjeu stratégique de l’IO, les grandes entreprises l’ont bien compris.

 

Un secteur en marche vers la maturité économique :

D’un point de vue technique

Le smartphone structure actuellement le marché des objets connectés.  Son hétérogénéité nécessitera une puissance de calcul de plus en plus importante et l’enjeu de la 5G par exemple sera de garantir un temps de réponse acceptable pour des échanges de données. L’interconnexion des objets  impose aussi de fortes contraintes d’adaptabilité, de sécurité et de latence. Différentes technologies standardisées coexisteront très probablement (Open Interconnect Consurtium, etc.).

De nouvelles technologies élargissent le champ des possibles (des tatouages communiquent les signes vitaux d’un patient). La question du cadre normatif technologique à appliquer se pose à mesure qu’elles se perfectionnent. Un « droit à l’expérimentation » est discuté afin de pouvoir tester rapidement et en condition réelle les projets et en évaluer les limites (sécurité, respect de la vie privées, usages).

D’un point de vue social

Les finalités de ces objets sont très diverses et gagnent en attractivité pour les particuliers. Balances, bracelets, montres et bientôt semelles… tous ces objets proposent de nous aider au quotidien et permettent de mieux connaître nos habitudes. Certaines technologies connectées pourront même faire état de notre santé sans avoir recours directement à un médecin.

Les objets connectés ont aussi la capacité de redéfinir des secteurs comme l’assurance. La connaissance plus minutieuse du comportement de l’usager peut tendre à proposer des contrats faits sur mesure avec des récompenses ou sanctions en fonction des pratiques de chacun (le contrat e-Modulango d’AXA et son capteur Withings ou encore pour la conduite Tom-Tom associé au britannique Motaquote).

On remarque également que ces objets collectent toujours plus de traces numériques. Une étude d’Havas Media (janv. 2014) montre l’intérêt porté aux objets connectés par les Français mais souligne aussi la crainte d’une détérioration de la protection de leurs données personnelles.

D’un point de vue économique

Les entreprises traditionnelles sont destinées à devoir investir d’avantage dans l’innovation et le déploiement d’outils informatiques, à se flexibiliser et à créer du lien avec l’usager en valorisant ses données. Ils devront soit créer leurs propres applications soit se rapprocher d’acteurs avec un écosystème préexistant (comme la plateforme Datavenue d’Orange) pour ne pas se marginaliser.

Le même enjeu se pose pour les services publics. Futurs grands utilisateurs de l’IO pour la gestion urbaine notamment, il leur faudra rassembler leurs applications et données autour de plateformes ouvertes (notamment aux autres collectivités).

En France en tout cas, les objets connectés sont bien une des 34 priorités du Plan Nouvelle France Industrielle et sur les dix objets connectables à l’IPhone les plus vendus, quatre sont français. Plusieurs avaient d’ailleurs été primés au CES 2014. Cela montre que les initiatives prises en France (label French Tech, pôles de compétitivité, dynamisme des entreprises) portent leurs fruits.

 

Lire la note d’analyse dans son intégralité : Article de Mehdi Nemri pour France Stratégie.

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3 comments

  1. Bonjour, merci pour cet article intéressant sur l’évolution des objets connectés. N’hésitez pas à jeter un coup d’oeil sur le blog qui parle des objets connectés dans le domaine de la santé.

  2. Bonjour, merci pour cet article intéressant sur l’évolution des objets connectés. N’hésitez pas à jeter un coup d’oeil sur notre blog qui parle des objets connectés dans le domaine de la santé.

  3. ALDIOUF /

    Très intéressant cet article ! En tant que Prof de Business Schools, je vais le recommander à mes auditeurs pour le module « innovation-veille-benchmarking.
    Bon courage ! On attend le prochain