Esprit Médoc, la BD transmedia à base de réalité augmentée

Esprit Médoc, la BD transmedia à base de réalité augmentée

19 Fév 2015

Réaliser le mariage à succès de la BD et du numérique, c’est l’idée devenue réalité d’Arnaud Hacquin. Fondateur du Jardin des marques, une agence de conseil communication spécialisée en transmedia et stratégie de marque mais aussi cofondateur du studio transmedia TheRabbitHole.com avec le scénariste Olivier Pouponneau, il s’est lancé depuis un peu plus d’un an comme éditeur de la collection BD transmedia Esprit du Vin.

Un modèle économique bien défini

C’est en voyant un des projets d’Eric Corbeyrant prendre forme qu’Hacquin a eu l’envie d’ajouter du contenu sous forme numérique aux BD. L’idée étant un peu trop avant-gardiste au goût des éditeurs, il a fallu trouver un autre moyen de financer les technologies à utiliser, via un astucieux placement de produit.

Le modèle économique s’est porté sur le vin et les châteaux de la région. Violette, l’héroïne, donne des conseils de vinifications dans plusieurs propriétés de France et résout des enquêtes sur le terrain grâce à un mystérieux don. On découvre au fur et à mesure terroirs et techniques. Le projet est conçu comme une expérience globale : « il démarre avec la lecture de la BD, se poursuit avec la découverte des contenus grâce à l’application mobile en réalité augmentée et se termine par une visite au château ».

Ces derniers financent donc la BD, car « l’écriture d’une bande dessinée est l’occasion unique de bâtir un territoire de marque riche et attractif ». Ils apparaissent dans les décors, les contenus en vidéo/réalité augmentée déblocables depuis la BD, apparaissent sur la couverture ou encore deviennent une étape de visite sur le terrain pour les lecteurs.

Un public conquis par la réalité augmentée

« La rencontre avec les propriétaires est tout aussi importante que la qualité du scénario et de la BD (auteurs de renom) et la qualité des contenus [ils ont travaillé avec un réalisateur de documentaires, avec des motion-designers, …] ». Le succès de l’expérience fera que l’utilisateur partagera sa satisfaction sur les réseaux sociaux.

Le projet a été très bien reçu, la BD a même reçu le prix de l’œnotourisme décerné par le Conseil Général de Gironde. Tout juste sorti du Festival de la BD d’Angoulême, Hacquin confirme que le public a validé l’idée et que l’aspect réalité augmentée a fait la différence.

L’idée a donc enfin commencé attirer certains éditeurs comme Glénat. Le milieu « se prend la vague du numérique » mais n’est pas tout à fait prêt à surfer dessus. Selon Hacquin, on peut aller beaucoup plus loin en rajoutant du storytelling et autres contenus additionnels, immersifs, exclusifs.

Les Français, très réceptifs aux nouveaux usages numériques

Il y a d’abord eu le cross-media, maintenant le transmedia. Ce qui est certain c’est qu’à présent 70% des gens regardent leur TV avec une tablette ou un smartphone à la main. C’est l’avènement du multitasking. Les supports  s’adaptent à tous domaines et le smartphone devient notamment le vecteur d’un nouveau tourisme.

Un succès exportable ?

10% des téléchargements de l’appli Esprit du Vin sont chinois. Bien connus pour être amateurs de vin français, ces derniers sont très intéressés. On propose déjà à Arnaud Hacquin de publier sa BD là-bas, et pourquoi pas d’y adjoindre un « winetour ». « Ca fait juste un an que je suis éditeur, il va falloir que je devienne agent de voyage maintenant ! »

Et la suite ?

Arnaud Hacquin imagine tout à fait que dans un futur proche, des BD sur les nouvelles technologies voient le jour, financées par Microsoft pourquoi pas ? Dans une ambiance futuriste « à la Minority Report » on découvrirait des technologies avant-gardistes (l’Hololens par exemple) qui seraient visibles via la réalité augmentée. « Il y aura toujours des histoires à raconter et à enrichir de technologies comme la réalité augmentée. »

Quand on réalise que d’ici deux ans, 20% des foyers seront équipés en casque immersifs, on présage d’un bel avenir pour la réalité augmentée et ses usages.

« Il faut arrêter de voir combien ça coûte et se concentrer sur combien ça rapporte » souligne Arnaud Hacquin. Pour illustrer ses dires, il explique que dans une des FNAC de Bordeaux il s’est vendu 40 exemplaires de la BD à succès Château Bordeaux le mois de la sortie d’Esprit Médoc. En comparaison cette dernière s’est vendue à une centaine d’exemplaires, pas mal pour un projet qui au départ semblait risqué.

Esprit Médoc - Collection Esprit du Vin BD transmedia

Esprit Médoc – Collection Esprit du Vin BD transmedia

 

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