Ouverture des données : pas de révolution pour Infolocale.fr

Ouverture des données : pas de révolution pour Infolocale.fr

13 Fév 2015

Lancée en 2013, l’ouverture des données d’infolocale.fr a permis au site de collectes d’événements d’élargir la base de ses usagers annonceurs. Côté réutilisation, l’émergence d’applications ou de sites dédiés reste difficile à mesurer.

4730. C’est le nombre d’événements culturels enregistrés et mis en accès libre sur data.infolocale.fr entre le 1er janvier et le 11 février 2015. Depuis 2013, Infolocale.fr, le site de collectes d’événements du groupe Sipa-Ouest France, a ouvert sa base de données aux internautes. Pour l’heure, seuls les spectacles, concerts, expositions ou conférences issues de l’agenda culturel sont en accès libre depuis le site en format csv, json ou pdf. Quant à la base complète des données d’infolocale, elle est gratuite mais réservée aux utilisateurs inscrits. Une interface de programmation (API) et deux widgets importables sont alors mis à disposition.
Dix-huit mois après ce lancement, quelques changements sont intervenus. Un temps limité aux événements « du lendemain », l’agenda culturel dorénavant livré sans limite de date. Le site réfléchit également à l’opportunité d’élargir sa base de données disponibles aux événements passés. « Des demandes vont dans ce sens, surtout à des fins statistiques, explique Christian Debroize, avant d’ajouter : Nous pourrons remonter aux événements collectés depuis 2006 ».

Plus d’annonces collectées en 2014

La commercialisation des données, un temps envisagée en 2013, a, en revanche, été abandonnée. « L’opendata est plus mature, il s’est développé. Par ailleurs, nous n’avons pas identifié de marché et commercialiser des données collectées auprès de structures qui cherchent un service de diffusion ne nous semblait plus cohérent », explique le chargé de mission. En 2014, entre 2600 et 2700 utilisateurs uniques ont extrait des données dont un peu plus de la moitié via l’interface de programmation (API). Pour quel usage ? Difficile de savoir : « Il y a aussi un effet curiosité. Et une fois livrées, nous ne pouvons pas tracer les données », analyse Christian Debroize. Comparé à 2013, le nombre d’annonces saisies a varié de -2% à +3% selon les départements. « Nous avons eu plus d’événements lors des élections municipales, mais ces chiffres sont aussi à mettre en lien avec la conjoncture », nuance le chargé de projet. Pas de révolution donc. Mais une croissance régulière et une incursion dans certaines zones comme Paris ou les Deux-Sèvres.

Ouverture des données : des effets encore difficiles à mesurer

Côté émulation et émergence de nouveaux sites ou d’applications, Infolocale ne dispose pas encore des chiffres précis. Idem concernant le volume d’utilisateurs des widgets proposés sur leur site. Seule certitude, plusieurs organismes, sites et startups identifiés utilisent régulièrement leurs données libres : les offices du tourisme breton ou la commune du Verger en Ille-et-Vilaine. C’est aussi le cas de mapado.com. Installée à Lyon, cette startup de 13 salariés a été créée en 2012.
Pour Jerry Nieuviarts de Mapado, « la libération des données est une des raisons du départ de notre projet ». En Bretagne, Mapado s’appuie sur les bases de données d’infolocale.fr et sur celles des offices et du comité régional du tourisme. « Des événements nous remontent également via des bases nationales comme celle des billetteries Fnac, etc. ». S’il considère qu’avec plus d’une centaine de sources, leur site agrège et déduplique « la plus grosse base de données événementielle grand public au niveau national », Jerry Nieuviarts juge que les événements agrégés sur leur site ne représente 10% des événements réels. Pour lui, « l’atomisation des événements culturels reste très importante ».

Plus :
Collectivités : cible N°1. Les collectivités restent la première cible d’Infolocale.fr. « Après les médias, elles sont les premières réutilisatrices des données et les principales prescriptrices d’informations locales », juge Christian Debroize. Exemple ? La reprise de leur agenda par le Conseil général de Loire-Atlantique a permis d’augmenter « significativement » le taux de pénétration dans ce département qui cumule aujourd’hui 20% des annonces de l’agenda culturel d’Infolocale. Dans l’année qui vient, Infolocale espère voir la base de données débarquer sur les sites de 250 collectivités de l’Ouest, via un partenariat avec un prestataire web.

Plus :
Les 4730 annonces enregistrées le 11 février sur data.infolocale.fr proviennent principalement de Bretagne et Pays de la Loire. La couverture d’infolocale correspond à la diffusion des titres de presse quotidiens et hebdomadaires du groupe Sipa-Ouest France (Ouest-France, Presse océan, Le courrier de l’Ouest, Le Maine libre, Le petit Bleu, Le publicateur libre, etc.). En 2014, le site revendique 600 000 annonces d’évènements annuels et 80 000 organismes dont 60 000 associations.

Billets similaires :

One comment

  1. Millot /

    A une journée prêt vous auriez pu ajouter que depuis le 18 février, les données d’Infolocale sont maintenant disponibles dans l’application starbusmetro. Ainsi, chaque événement est associé dynamiquement à une desserte en transport en commun. Une forme de mashup de services pratiques de l’agglomération Rennaise.