Les femmes qui font bouger le numérique : Anne Calvez

Les femmes qui font bouger le numérique : Anne Calvez

6 Mar 2015

Elle a créé l’essentiel de son entreprise au cours d’un « startup week-end ». En trois jours, Anne Calvez a validé son idée, rencontré son équipe technique et développé avec celle-ci un prototype d’EQwall, une plateforme sociale qui favorise l’interaction au cours d’un événement. Retour sur un parcours détonnant.

Le déclic s’est produit au cours de la conférence Web in Lorient de novembre 2013. Anne Calvez demande à intervenir, le micro était à l’autre bout de la salle, elle n’aura pas l’occasion de prendre la parole. Une idée lui traverse alors la tête : « Serait-il possible de se servir de son smartphone comme d’un micro ? » Elle creuse la question, rien n’existe d’équivalent. Elle en parle autour d’elle, les retours sont enthousiastes. Le concept, qui va donner naissance à la plateforme EQwall, ne demande qu’à prendre forme…

À cette époque, Anne Calvez était de retour à Brest. Elle en était partie, 10 ans auparavant, après un DUT en agronomie suivi de quelques jobs, destination Paris pour « donner de l’envergure à son parcours« . Un passage par une bourse en ligne lui a permis d’entrer « par la petite porte » chez Allianz Banque. Là, elle a gravi rapidement les échelons : conseillère client, chef de projets, pilote de processus métier… Elle suit une formation à l’ESSEC pour asseoir les compétences acquises au contact des responsabilités. Puis, fin 2011, la jeune femme prend la décision de rentrer à Brest, « parce que c’est chez moi et que je m’y sens bien« . Son idée : créer une entreprise, l’activité envisagée étant le conseil en management de l’innovation… jusqu’au déclic de fin 2013 qui change la donne.

La suite passe par La Cantine Brestoise dont Anne Calvez utilise l’espace de co-working pour monter ses projets. Elle entend parler d’un Startup Week-end en préparation pour janvier 2014. Elle décide de s’y rendre avec son idée de prise de parole via un smartphone qu’elle a entretemps étoffée. Tout ira très vite durant ces trois jours : le vendredi Anne rencontre ce qui deviendra son équipe, une solution technique germe rapidement du groupe constitué, les uns développent un prototype fonctionnel pendant qu’elle planche avec des mentors sur le modèle économique… « C’est comme ça qu’on a gagné ! »

EQwall plusieurs fois primé

La machine est lancée, tout s’enchaîne très vite courant 2014 : l’entreprise est créée ; l’équipe constituée d’Anne Calvez, de deux associés à mi-temps, d’un autre associé étudiant, et d’un salarié se met en place ; la solution est développée. Après le succès au Startup Week-end, l’enthousiasme autour du projet se confirme : EQwall sera la première startup finistérienne à bénéficier d’une bourse French Tech, elle sera également lauréate du concours PEPITE du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche pour l’aide à la création d’entreprises innovantes.

Aujourd’hui, l’offre a évolué bien au-delà des seules conférences. EQwall est une plateforme sociale événementielle qui distribue des services d’interaction et d’attractivité pour tous types d’événements professionnels, culturels, artistiques ou même sportifs. Pour les organisateurs : « C’est peu coûteux et accessible en ligne. On peut créer un événement avec les services d’interaction en quelques clics. » Côté utilisateurs, n’importe quel smartphone permet d’accéder aux services via des applications iOS, Android ou un simple navigateur.

Quant à la jeune dirigeante, elle travaille maintenant sur trois fronts : la recherche de fonds publics pour peaufiner le modèle économique, la recherche de fonds privés à hauteur de 250 000 euros pour accélérer le développement, et la création de chiffre d’affaires à court terme.

L'équipe EQwall

L’équipe EQwall s’est constituée en un week-end

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www.eqwall.com

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