STICK’IT crée des antennes en papier

STICK’IT crée des antennes en papier

13 Mar 2015

Fabriquer des systèmes antennaires flexibles à base de papier et d’impression métallique… C’est le défi à relever pour l’équipe du projet STICK’IT. Des travaux exploratoires qui pourraient ouvrir la voie à de nouvelles applications sans fil, dont celle du « papier connecté ».

Le besoin est venu de l’un des membres du consortium, Technicolor, et de ses Set-top box et passerelles Internet vendues à des dizaines de millions d’exemplaires à travers le monde. Ces équipements doivent héberger de plus en plus d’antennes. Pourquoi ? Parce que les « box » deviennent peu à peu le cœur de la plupart des applications Smart-Home. Elles sont désormais au centre d’une ribambelle de services sans fil basés sur une variété de technologies : DECT, Bluetooth, ZigBee, RF4CE, Wi-Fi, etc. Et comme si ça ne suffisait pas, la diversité des normes en vigueur d’un pays à l’autre est un facteur supplémentaire de multiplication des systèmes Radio Fréquence pour des raisons de compatibilité.

« On trouve jusqu’à 15 ou 20 antennes à l’intérieur d’une box« , constate Christian Person, enseignant-chercheur à Télécom Bretagne. Un casse-tête pour les concepteurs, car il faut dans le même temps répondre à des contraintes de plus en plus fortes de compacité. Idéalement, les Set-top box et passerelles Internet de prochaine génération seront comparables en taille « à celle d’un smartphone« .

Pour concilier multiplication des technologies RF et miniaturisation, la solution imaginée dans le cadre du projet collaboratif STICK’IT explore une voie tout à fait originale. Il s’agit de systèmes flexibles –antennes, filtres et connectivité – que l’on pourrait conformer selon les besoins et coller dans le moindre espace libre du boitier. Le support est un matériau du type film polymère ou papier, sur lequel on intègre un dépôt métallique réalisant la fonction souhaitée. « On envisage aussi d’exploiter les différentes couches du papier et créer une fonction RF en 3D pour un maximum d’efficacité. »

Pour cela, STICK’IT bénéficie d’un atout maître : la participation au projet du Centre technique du papier (CTP), un organisme de recherche et développement industriel, basé près de Grenoble, qui a peu d’équivalents dans le monde. Outre le CTP, Technicolor et Télécom Bretagne, un quatrième partenaire, l’INP Grenoble, apporte son expertise en électronique passive 3D. Les travaux de recherche porteront notamment sur le choix des matériaux et sur les techniques de métallisation, telles que la flexographie, pour réaliser les antennes, filtres et interconnexions.

Vers des objets connectés en papier

La préoccupation environnementale est une autre dimension du projet. L’objectif est de concevoir des composants électroniques, à bas coût, à partir de matériaux biosourcés comme la cellulose du papier, et de prévoir les méthodes et procédés de recyclage en fin de vie des équipements.

Au-delà des systèmes antennaires qui sont au cœur du projet, STICK’IT pourrait être le précurseur d’une série d’applications du papier dans le monde des objets connectés. C’est en tout cas l’avis de Christian Person : « À terme, on peut imaginer un support papier, tel qu’une affiche, qui intègre à la fois des moyens de récupérer de l’énergie, des capteurs, une puce et une antenne pour communiquer. Ce qui ouvre un champ énorme de possibilités. »

STICK’IT en bref
Projet labellisé des pôles Images & Réseaux et Techtera
Démarré depuis octobre 2014. Durée : 42 mois
Coût global : 2,03 M€. Aide au financement ANR.

Billets similaires :