Simon Chignard, Big data et collectivités : « une vision nouvelle de la réalité »

Simon Chignard, Big data et collectivités : « une vision nouvelle de la réalité »

15 Avr 2015

Spécialiste des données ouvertes et des données massives, Simon Chignard animera le 30 avril la conférence sur « Le Big data et les collectivités territoriales ». En guise d’apéritif, il dessine les contours d’un sujet à l’avenir prometteur.

Big data et collectivités territoriales, le sujet est nouveau ?

Simon Chignard. S’agissant des collectivités territoriales, il existe deux mouvements. L’un, l’Open data, considère les données sous l’angle de l’ouverture des données publiques et de leur mise à disposition à qui veut les traiter. Aujourd’hui, beaucoup de collectivités s’y sont mises, et particulièrement en France. L’autre, le Big data, met l’accent sur l’utilisation de données massives. La collectivité est cette fois actrice. C’est elle qui récupère et traite des données pour ses propres besoins. Et ça, c’est une posture nouvelle aujourd’hui.

De quelles données s’agit-il, quelles sont les sources ?

On peut distinguer trois sources de données. La première est très classique. Ce sont les données statistiques que manipulent les agences d’urbanismes et les différents observatoires qui agissent pour le compte des collectivités. Elles sont produites localement ou plus souvent issues de grands fournisseurs nationaux tels que l’INSEE. La deuxième source est l’utilisation de données de transaction ou d’exploitation en lien avec les activités de la collectivité. Par exemple l’analyse de tous les appels qui passent par le standard de la mairie. Ou encore les données relatives aux transports, à la gestion de l’eau, à la gestion des déchets, issues de la collectivité ou de ses délégataires de service.

La troisième source est plus originale. Elle est le fait de nouveaux entrants, comme les opérateurs mobiles, qui disposent d’une quantité phénoménale de données notamment sur les flux de population. Orange propose un service de ce type (NDR : voir Flux Vision). Ce sont des traces numériques anonymisées qui peuvent donner une vue très précise de la fréquentation d’un zone donnée et son évolution dans le temps.

Pour quelles applications ?

Les premières applications qui viennent à l’esprit concernent les flux de population et en premier lieu, les transports. Par exemple l’analyse des flux de population dans une rue avec la prise en compte des différents modes de déplacement. Le suivi des flux touristiques est un autre exemple : Quels sont les pics de fréquentation ? Pourquoi les gens visitent-ils tel endroit avant tel autre ? Qu’avaient ils faits avant ? Que font-ils après ? L’analyse de l’existant est déterminante lorsqu’il s’agit de mettre en place une nouvelle offre touristique.

Le Big data outil d’aide à la décision ?

Oui, mais pas seulement. Regardons ce qui se fait aujourd’hui. Les données servent à prévoir en amont d’un grand projet d’aménagement comme la création d’un nouveau mode de transport. Elles peuvent aussi servir en aval pour évaluer les résultats de telle ou telle politique. Lorsqu’il s’agit par exemple de répondre à la question : à qui profitent réellement les tarifs réduits que l’on avait mis en place il y a deux ans ?

Ce qui est plus nouveau, c’est d’utiliser les données au cœur même de l’activité. Un exemple classique est celui de New-York et d’une opération de prévention des risques d’incendie. Une analyse Big Data a servi à définir les bâtiments à vérifier en priorité à partir d’un historique des accidents et d’une série d’indicateurs aussi divers que les retards de paiement ou la fréquence de changement de propriétaire. C’est ça le Big Data : multiplier les angles de vues pour aboutir à une vision nouvelle de la réalité.

Plus

Conférence « Le Big Data et les collectivités territoriales » avec 3DS Dassault Systèmes, Montpellier Agglomération et Datalab. Le 30 avril 2015, à 16h, à Pleumeur-Bodou, en clôture de l’assemblée générale Images & Réseaux. Inscription.

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