Speak-lab : parler en langue étrangère avec des natifs

Speak-lab : parler en langue étrangère avec des natifs

7 Avr 2015

La startup rennaise Speak-Lab met en relation les personnes qui souhaitent pratiquer une langue étrangère en conversant avec des natifs.

Deux tiers des Français disent ne pas parler couramment une langue étrangère, et la moitié d’entre eux admet être incapable de tenir une conversation dans une autre langue.

Malgré une situation qui globalement s’améliore, il n’est pas simple de s’exprimer oralement en langue étrangère dans le système scolaire. Trop d’élèves, trop peu de temps pour faire parler tout le monde, l’inhibition liée à la peur de l’erreur… or la pratique est essentielle pour progresser puis pour maintenir son niveau. Car même si l’on a atteint un niveau correct, un nouveau défi se pose à la fin des études: le conserver !

Professionnellement, le tableau n’est pas plus rose: seuls 20% des cadres parleraient couramment l’anglais, pourtant considéré comme la langue incontournable de l’entreprise à l’heure de la mondialisation.

S’entraîner en conversant avec des natifs

C’est fortes de ce constat effectué dans la douleur que Bérénice Allaire, Laurence Dos Santos et Stéphanie Lebreton ont souhaité créer une offre qui permette au plus grand nombre de pratiquer régulièrement à l’oral avec des natifs. Pas des cours de langue – il faut avoir étudié un minimum auparavant – mais une conversation de quelques minutes, qui peut s’appuyer sur l’une des 200 trames proposées par le site pour éviter de rester en blanc, et qui a lieu successivement dans les deux langues.

A cet effet, leur entreprise, Speak-Lab, présente une originalité: le site ne propose pas un tandem – cet appariement avec un correspondant à la mode 2.0 – mais une sorte de Chatroulette qui mettra l’utilisateur en lien avec un natif de la langue qui l’intéresse et qui est connecté au même moment. Il aura ainsi l’occasion de pratiquer en écoutant des accents différents. La deuxième fonctionnalité du site consiste à faire corriger des écrits courts, comme un CV, une lettre… par les utilisateurs natifs. Le trio de créatrices veut humaniser le web et mettre à l’honneur des notions de partage, d’échange, de communauté.

Atteindre la masse critique

Le défi actuel de Speak-Lab consiste à atteindre une masse critique d’inscrits, en particulier étrangers, pour que les conversations soient possibles à tout moment. Actuellement, le site recense environ 130 inscriptions dont 100 émanent de Français. A terme, l’objectif du site est de pouvoir proposer un matching entre utilisateurs connectés en fonction de leurs centres d’intérêt.
Il lui faut donc obtenir de la notoriété dans des pays ayant pour langue l’anglais, l’espagnol, l’allemand, l’italien, le japonais, le portugais, et à moyen terme le chinois.

Son service étant également pensé pour les écoles et les élèves (à partir de 13 ans), la startup s’interdit de mettre en relation des mineurs et des adultes. C’est pourquoi les fondatrices ont sollicité notamment les instances éducatives (rectorat, diocèse), mais aussi l’enseignement supérieur, dans l’espoir qu’ils puissent faire connaître la plateforme à leurs partenaires étrangers.

Bérénice, Laurence et Stéphanie ont également activé les réseaux rennais d’entrepreneurs et la diaspora bretonne. Plus largement, Speak-Lab s’annonce sur Google via Adwords et pratique des échanges de liens avec des sites au contenu cohérent avec le projet de l’entreprise. En outre, les fondatrices comptent organiser prochainement des speak-dating : des événements virtuels qui permettront d’amener sur le site, à la même heure, un grand nombre de personnes intéressées à tester le service. Stay tuned !

Un service gratuit dans un premier temps

Tant que la mise en relation instantanée ne peut être garantie, le service est proposé gratuitement. A partir du deuxième semestre 2015, il en coûtera à l’utilisateur 2 euros par mois pour converser, avec un pack famille à 8€ pour 5 comptes, et des comptes offerts aux écoles (à raison de 5 par classe).

Un prix très abordable en comparaison avec d’autres offres du marché, pour que tous ceux qui en ont besoin puissent utiliser le service. Cependant, le fait de demander un numéro de carte bancaire à l’inscription doit, dans l’esprit des créatrices, permettre de sécuriser davantage les échanges : dans l’hypothèse de conversations déplacées, il est moins probable que quelqu’un qui a donné son numéro de carte recrée un compte sous un nom différent.

Le modèle économique repose exclusivement sur les abonnements : les données personnelles ne seront pas vendues et le site ne comportera pas de publicité.

Créer la communauté

Ce dont Speak-Lab a le plus besoin aujourd’hui, c’est donc de développer sa communauté d’utilisateurs en France mais encore plus à l’étranger. Pour cette startup foncièrement internationale et qui veut manger le monde, la French Tech Rennes devrait être un relais et un allié naturel ? « On n’a pas tellement plus d’infos que ça sur la French Tech. Cela nous ouvre la possibilité d’avoir des locaux, mais on a des bureaux chez nous, ce n’est pas notre priorité », expose Bérénice Allaire, la PDG, qui aimerait bien se sentir plus soutenue dans ce projet : « on a des objectifs de créations d’emploi, mais à la banque ce n’est pas du tout évident de tomber sur les interlocuteurs qui ont envie de voir plus loin que le contrat qu’on peut faire ensemble ».

Nul doute que la French Tech Rennes aura à coeur de mieux faire connaître l’aide qu’elle peut apporter à son écosystème et de soutenir un projet qui s’inscrit dans ses objectifs : favoriser l’internationalisation des entreprises rennaises !

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