Les plans industriels du numérique seront regroupés

Les plans industriels du numérique seront regroupés

5 Mai 2015

Retour sur la table-ronde consacrée aux plans industriels du numérique à l’occasion de l’assemblée générale Images & Réseaux. Une restructuration des plans est imminente, information confirmée par Axelle Lemaire dans une intervention en visioconférence en fin de journée.

Les plans industriels liés au numérique font recette. La salle du pôle Phoenix de Pleumeur-Bodou était quasi-pleine, la matinée du 30 avril, pour assister à la table ronde où cinq plans étaient représentés : Cybersécurité, Logiciels et systèmes embarqués, Objets connectés, Souveraineté Télécoms et Réalité augmentée.

Une annonce le 18 mai, à Nantes

D’entrée, il était question de l’avenir des 34 plans lancés en 2013 dans le cadre de la Nouvelle France Industrielle. Le gouvernement, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique, est décidé à en réduire le nombre. Il passe actuellement chacun des plans en revue pour en étudier l’état d’avancement.

L’hypothèse la plus vraisemblable : on se dirige vers un resserrement en une dizaine de « solutions » tout en conservant le travail de structuration des plans industriels en cours et les fonds qui y étaient affectés. Chaque « solution » gagnera ainsi en visibilité et permettra d’augmenter la synergie entre filières voisines. Plus tard dans la journée, la secrétaire d’État chargée du Numérique, Axelle Lemaire, qui intervenait en visioconférence depuis Bercy pour conclure l’AG Images & Réseaux, a confirmé cette orientation. Le détail de la refonte des 34 plans, dont la dizaine de plans directement liés au numérique, devrait être rendu public par Emmanuel Macron le 18 mai, à Nantes, où il viendra présenter sa nouvelle politique industrielle.

En attendant, chacun des plans industriels du numérique poursuit son travail de structuration. Pour Vincent Marcatté, chef de file du plan Réalité augmentée, il existe dans ce secteur en France « des pépites » mais pas encore de « poids-lourds » alors que le marché mondial de la RA est évalué 95 milliards d’euros à horizon 2020. L’enjeu est de « faire savoir notre savoir-faire » car il s’agit de « prendre des places au niveau mondial ». Sous l’appellation FAR, French Augmented Reality, le plan vise à rassembler les créateurs de devices, services et nouveaux usages pour contribuer au rayonnement international du savoir-faire français.

L’embarqué manque d’ingénieurs

L’éparpillement et le manque de locomotives de taille internationale vaut également pour le secteur des Logiciels et systèmes embarqués. Un secteur qui « traverse toute l’économie » selon Fred Rivard, dirigeant-fondateur d’IS2T. Il faut donc « se compter, se fédérer, se structurer » pour faire face à un marché  évalué à plusieurs dizaines de milliards d’objets électroniques d’ici 2020. C’est le rôle d’Embedded France, une association mise en place pour organiser la filière. Le plan pointe un problème de formation, « un déficit de 20 000 ingénieurs en France » alors que la demande en emplois du secteur croît de 10% par an.

Le plan Souveraineté Télécoms est d’une autre nature. Thierry Evanno, d’Alcatel Lucent, parle de « maîtrise de l’infrastructure ». Il s’agit de doter la France des fondations de son économie numérique – le très haut débit, la 5G – et de se préparer aux révolutions à venir car « la techno bouge, l’environnement concurrentiel aussi ». D’où l’idée de créer davantage de synergies entre grands comptes et PME. La mission a été confiée à Alain Rolland, PDG de E-blink, qui multiplie les rencontres dans le but de « repérer les startups, tester les technos, et les faire adopter par un grand groupe ». Des premiers contrats qui apportent de la crédibilité pour « lever des fonds et accélérer ».

Le plan Cybersécurité est le seul plan mené par un acteur public, l’ANSSI, représenté à la table ronde par Philippe Blot. Celui-ci fait valoir les atouts du domaine : « Nous avons en France la chance d’avoir une offre solide. » Un avantage compétitif pénalisé par « un manque de visibilité » qui vaut au plan international comme à l’intérieur où il faut absolument « sensibiliser les PME ». La sécurité doit irriguer tous les secteurs : « Notre objectif, c’est que les autres plans adoptent nos préconisations ».

Une cité des objets connectés à Angers

Dernier à intervenir, Philippe Ménard, d’Eolane, représente le plan Objets connectés. Un secteur emmené par des startups qui ont rapidement pris la mesure de l’international, comme en témoigne la forte présence française aux deux dernières éditions du Consumer Electronic Show. Le plan participe à la mise en place d’une première Cité des objets connectés à Angers. C’est un accélérateur industriel à la fois centre d’accompagnement et Fablab à grande échelle capable d’accueillir une quarantaine de projets par an, où l’on pourra « concevoir, prototyper et pré-industrialiser sur un même lieu ».

Quelles que soient les décisions à venir, l’ambition demeure : se rassembler et construire une offre industrielle nouvelle et compétitive.

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