Imascap : le tout numérique pour la chirurgie

Imascap : le tout numérique pour la chirurgie

26 Juin 2015

Il était une fois un jeune Syrien venu poursuivre ses études à Brest… Il met au point une solution de chirurgie augmentée qui mêle modélisation, cloud et impression 3D… Le produit se diffuse à travers le monde entier… Cette belle histoire, c’est celle d’Imascap !

C’est aussi l’histoire d’un transfert industriel. Jean Chaoui, jeune diplômé de l’université de Damas en ingénierie biomédicale, était arrivé à Brest en 2006 pour un master à Télécom Bretagne suivi d’une thèse au sein du laboratoire de traitement de l’information médicale (LaTIM). Ses recherches sur la chirurgie augmentée sont prometteuses. Il crée la société Imascap en décembre 2009 avant même la fin de son parcours universitaire.

Depuis cette date, la startup brestoise a transformé les travaux de recherche exploratoire en une solution aux atouts multiples : elle simplifie le travail du chirurgien ; elle raccourcit les délais de préparation. Surtout, elle réduit considérablement le taux d’échec d’une opération délicate : l’arthroplastie du membre supérieur, en clair, le remplacement de l’articulation de l’épaule par une prothèse.

Le système comprend d’abord un outil de planification chirurgical. À partir de résultats d’imagerie médicale (scanner), le logiciel construit un modèle 3D de l’anatomie du patient, évalue l’usure articulaire et propose une combinaison optimale : choix de la prothèse, de sa taille et de sa position. Il permet aussi de simuler les étapes de l’opération. Le système se prolonge ensuite par la génération de guides sur mesure en impression 3D. Lors de l’intervention, ces guides parfaitement adaptés à l’anatomie de l’épaule du patient garantissent un positionnement « au millimètre » de la prothèse.

D’après Jean Chaoui, l’ensemble de la solution est très simple d’utilisation. « Le chirurgien n’a pas besoin d’être un geek. Il suffit qu’il dépose les images du patient sur notre plateforme web, le reste est automatique. Bien-sûr, il conserve le contrôle et peut intervenir à tout moment. Aujourd’hui, il faut des semaines d’échanges avec les fournisseurs pour préparer une intervention. Avec notre outil, il suffit de quelques minutes… »

Jean Chaoui Imascap

Vers le « patient specific »

Imascap commercialise son produit depuis novembre 2014 dans une zone géographique qui s’étend au fur et à mesure de l’obtention de nouvelles certifications : l’Europe, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le Japon et, depuis peu, les États-Unis. « Deux semaines après la certification, le système est utilisé dans une vingtaine de centres aux Etats-Unis. »

Mais, en plus de l’amélioration de la version en cours, la PME brestoise travaille déjà au coup d’après. « Aujourd’hui, il n’existe pas de prothèse spécifique au patient. Grâce à notre système entièrement automatique, ça devient possible à un coût raisonnable. Nous espérons pouvoir bientôt proposer des prothèses sur mesure. Sur ce projet, nous travaillons avec un board de chirurgiens internationaux. Notre ambition, c’est d’aller vers une médecine personnalisée, avec un maximum de bénéfices pour le patient. »

Les idées ne manquent pas. Une extension de la technologie à la chirurgie du genou est également en cours. Si bien que Jean Chaoui cherche à réunir de nouveaux fonds, « pour aller plus loin ». D’autant que l’homologation récente aux États-Unis est un sérieux coup de pouce : « À terme, nous espérons qu’un chirurgien américain sur 5 utilisera notre solution. »

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www.imascap.com

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