Deezer une nouvelle façon de consommer la musique et de payer les artistes

Deezer une nouvelle façon de consommer la musique et de payer les artistes

20 Juil 2015

Simon Baldeyrou, patron de Deezer France était du West web festival à Carhaix. L’occasion de revenir sur cette réussite « made in France » qui révolutionne la façon de consommer la musique mais aussi de rémunérer les artistes.

Lancé en 2007, Deezer c’est aujourd’hui l’un des leaders mondiaux du streaming musical dans 180 pays avec une croissance linéaire depuis sa création.

Avec un modèle économique basé depuis 2009 sur l’abonnement (9,99€/mois) l’enjeu n’est plus d’avoir un catalogue exhaustif (35 millions de titres), cela incontestable, mais plutôt de développer un service d’écoute avec des recommandations, des nouveautés, pour générer des coups de cœurs. Car il faut bien comprendre que dans une industrie où le CD représente encore 60% du CA national, le streaming est le seule segment de l’industrie musicale avec une croissance positive. Simon Baldeyrou estime qu’à terme cela représentera 80% des revenus. Le seul frein ? Faire le deuil de l’achat ou du téléchargement. On n’est plus propriétaire du morceau de musique qu’on écoute.

La musique à la demande est ainsi valorisée dans son accès avec un modèle freemium qui aujourd’hui est en plein questionnement avec notamment l’arrivée d’Apple sur le marché qui refuse ce modèle du gratuit pour tester et bouscule les cartes de ses 2 principaux concurrents, Deezer et Spotify.  

Avec 70% de son CA reversé par ans aux labels et maisons de disques (150% à ses débuts), Deezer fait aussi évoluer le modèle économique de paiement des artistes. Il a fallu faire comprendre qu’il fallait une offre alternative qui segmente davantage et qui personnalise l’offre grâce à la puissance des données. Car la moitié des écoutes concernent de la musique « locale ». Deezer est donc en plein le paradoxe évoqué en J1 du West Web Festival par Philippe Dewost : d’un côté des économies d’échelles sur la technologie et de l’autre l’importance des spécificités locales. Deezer a également revue le modèle de rémunération des artistes, rémunéré au nombre d’écoute, cela donne ainsi aux artistes envie de fidéliser, de créer de l’engouement.

Qu’est-ce que ça change pour artistes et maisons de disque ?

Ils sont payés à l’écoute et non plus à la vente de CD. Difficile alors de comparer les recettes car les temps sont plus longs. Deezer se heurte ici à une difficulté, celui du reporting auprès des artistes qui se fait ou non selon les politiques des maisons de disques. C’est, selon Simon Baldeyrou, l’une des raisons de l’incompréhension du modèle économique du streaming par les artistes. Le travail de pédagogie n’est pas toujours fait. Le streaming leur permet de rentrer dans une relation durable, de créer de la récurrence en sortant de la logique de l’album. Le streaming est bien plus fort sur la stratégie d’engagement et sur la distribution à l’international qui est instantanée.

Et Deezer reconnait avoir une responsabilité très forte et s’engager autour de nouveaux talents pour donner la chance aux plus jeunes. L’important pour le chef d’entreprise est l’expérience audio du consommateur. C’est aussi pour cela que l’entreprise investie dans une startup qui propose l’écoute de prodcast. Proposer une expérience audie la plus complète et la plus qualitative possible : voilà l’enjeu des années à venir, avec celui des données. Car il faut bien se le dire, Deezer est assis sur une mine d’or quand on réfléchit données (qui écoute quoi, quand et comment), des données aujourd’hui « offertes » aux maisons de disques et largement sous exploitée en terme d’analyse.

Billets similaires :