West web festival J2: no scalable revolution without personnal revolution

West web festival J2: no scalable revolution without personnal revolution

19 Juil 2015

Pour son deuxième jour, le West web festival fait le plein. Il suffit de voir les gens assis dans les allées pour s’en convaincre. Et les intervenants défilent sur le même rythme que la veille. Tous mettent au cœur de leur problématique la technologie. Compte rendu

La Bretagne doit retenir ses talents pour créer de la richesse

La matinée commence fort avec un trio de choc : Christian Guillemot (Ubisoft) Alain Glon (Groupe Glon), Kwame Yamgnane (Ecole 42) et une question : comment créer les champions numériques bretons de demain ? Certes cela passe par une formation de haut niveau, mais aussi par des ruptures, par de l’agrégation pour que les gens, les filières, les secteurs se parlent entre eux. A les attendre il faut arrêter d’attendre les décisions politiques et agir pour retenir les talents et créer de la richesse en Bretagne. Il faut permettre à nos jeunes talents de voir d’autres choses que ce qui s’apprend sur les bancs des écoles, favoriser l’interdisciplinarité et ensuite accompagner les entrepreneurs. Un exemple concret est donné par Kwame Yamgnane : pour faire de l’e-santé, encore faudrait-il que dès les écoles supérieures les futurs docteurs et praticiens parlent avec des informaticiens. On en est très loin.

Les « barbares » (entreprises technologiques) attaquent

Uber – une idée née en France et une entreprise technologique qui bouleverse les usages de la mobilité urbaine

Alexandre Molla de Uber monte ensuite sur scène pour nous donner sa vision de l’actualité. Les quelques chiffres donnent le tournis : plusieurs millions de courses par jours, 300 villes, 60 pays et un constat : Uber contribue à changer les habitudes globales de transports des gens pour redynamiser le tissu urbain à l’ère d’une mobilité augmentée, avec un potentiel de 70k d’emplois directs en France et une vraie rééducation de l’usage de la voiture individuelle. La principale difficulté ? Jouer entre le temps technologique qui va vite et le temps législatif, plus long, trop long.

Leetchi – le barbare de la fintech

2ème « barbare » à monter sur scène, Céline Lazorthes, créatrice de Leetchi et une histoire passionnante d’une entreprise 100% basée sur l’expérience personnelle de sa fondatrice. Début 2010, leetchi, le service de cagnotte en ligne fait ses premiers pas sur le web en jouant sur l’effet réseau « les amis de mes amis ». Toutes les évolutions ergonomiques, technologiques, … sont basées sur des expériences clients et du vécu. Puis arrive le véritable défi : devenir crédible pour le secteur bancaire. Malgré ses 3 500 000 utilisateurs/jours, cela ne va pas de soi pour ce pionnier des fintech. Il lui faudra 2 ans et demi pour  obtenir la licence d’établissement bancaire avec un constat : « pour disrupter le secteur bancaire il faut devenir une banque ». Céline Lazorthes, toujours à l’écoute des retours, va alors développer, après les sollicitations des plateformes de crowdfounding, « MangoPay » une API de paiement qui est lancée en mai 2013. Là aussi comme pour Uber, les chiffres donnent le tournis : 10 devises, 600 plateformes clients, pour une solution Saas ou l’algorithme pour prédire le niveau de risques est roi. Les investissements de Céline Lazorthes sont principalement dédiés à la technologie.

South by Southwest : musique et numérique pour le business

Le festival South by Southwest est une source d’inspiration pour le West Web Festival. Depuis 1987, sur une dizaine de jours, Austin mêle l’industrie musicale, l’industrie du cinéma, de l’Entertainment et du numérique. Instagram y fait ses premiers pas et le jumelage avec Angers a permis d’amener depuis 2011 des délégations grand ouest à ce grand marché et terrain de jeu. Car ce que l’on retient surtout du SXSW est le rassemblement de ces secteurs qui ne se parlent pas habituellement. Et l’intervention suivante  de Pierre-Henri Deballon de Weezevent qui met en place pour les vieilles charrues 2015 le paiement dématérialisé pour 60 000 festivaliers le confirmera : les festivals doivent devenir des terrains de jeu et d’expérimentations. Weezevent : une technologie web mais avec une réalité terrain.  Il faut aller plus loin, lever les barrières et profiter par exemple du fait qu’aujourd’hui le festivalier vit le concert via son smartphone pour étudier ce phénomène, proposer de nouvelles expériences. Il y a une distinction encore trop nette entre le numérique et le monde de la musique

Autre exemple, la donnée, où tout est à inventer pour les festival sur la relation entre le public et la scène, sur les pics de consommation de boissons pour évaluer l’intérêt de tel ou tel groupe, … Ce croisement de discipline émerge doucement en France, on pense à Scopitone, désormais aux Vieilles Charrues, même si il faudra aller plus loin. A suivre donc

Et si startup et Grands Groupes du CAC 40 se rapprocher ?

Souvenez-vous, le 1er jour, Manuel Diaz revenait sur le « divorce » entre les jeunes générations, les startups et les Grands Groupes. On peut dire qu’Anne Lauvergeon est un contre-exemple. En effet elle a réussi à passer d’Areva à la startup française Sigfox, l’opérateur low cost des objets connectés. De son point de vue la grosse différence est celle de la relation au temps, de la vitesse de prise de décision, vitesse du management, … Chez Sigfox, comme dans toute startup les recrutements des talents se font sur des profils qui ont une mentalité d’entrepreneur, une capacité d’autonomie. Mais son expérience des grands groupes insuffle sur l’augmentation de capital, facilite la relation investisseurs et le commerciale. Quand on connait le fonctionnement des services achats c’est beaucoup plus facile de les approcher confie Anne Lauvergeon.  Elle confirme que les deux mondes, que tout oppose, s’apprivoisent.  Le plus dur semble être de passer outre la schizophrénie des grands groupes qui ont des patrons ouverts aux startups et des services achats qui ont du mal à accepter de travailler avec des entreprises qui n’ont pas fait leurs preuves. Conséquence directe ? La France à des talents extraordinaires qui vendent mieux à l’international que sur leur terre d’origine. Et paradoxalement les investisseurs français vont chercher des « pépites » en Silicon Valley alors qu’ils en ont au pied de leurs portes, plus talentueuses et souvent moins chères.

 

Cette 2ème édition du West West Festival aurait été riche en conférenciers de haut vol qui n’ont pas eu peur de faire voler en éclat les idées reçues et les avis politiques. RDV l’année prochaine !

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