West Web Festival, jour 1 : no border for digital revolution

West Web Festival, jour 1 : no border for digital revolution

17 Juil 2015

La 2ème édition du West Web Festival, qui se veut devenir l’université du web sinon français, européenne, était sous le signe de “no border for digital revolution”. Plantons le décor pour ceux qui n’ont pas pu venir : Carhaix, H-9 avant le 1er concert d’ouverture des Vieilles Charrues 2015, 3 hommes (Charles Cabillic, Sébastien LeCorfec, Ronan Le Moal), une salle comble ou presque pour ce premier jour, un peu de musique avec le groupe Matmatah qui propose des interludes, et surtout un parterre de stars du web concentrées autour des startups, de la disruption, de la révolution digitale. Petit compte rendu de cette première journée construite autour d’un fil rouge : l’usage et les talents du web qui sont là, à notre portée.

Le Digital cette ère de l’imprévisible où il faut aller

« L’avenir tu n’as pas à le prévoir mais à le permettre », c’est avec cette citation d’Antoine de St Exupéry que Philippe Dewost de la Caisse des dépôts ouvre cette série de conférences. Surfant sur le constat des ruptures générationnelles provoquées par le digital qui change notre regard sur le monde, Philippe Dewost s’arrête un moment sur le rythme impensable de la pénétration des technologies. Le monde digital est devenu une terre d’imprévisible, où l’impossible devient possible avec un peu d’imaginaire et où l’usage va vite, trop vite peut être au point que quand la société prend conscience d’un nouveau service, c’est trop tard, collectivités, gouvernement se sentent dépassés et se retrouvent dans la posture désagréable de la défense (cf. Ubber). Pour Philippe Dewost, la question de la souveraineté nationale se joue non pas dans le hardware ou les télécoms, mais dans la souveraineté des compétences, et on va l’entendre toute la journée, en France, on a des talents du web ! à nous de les retenir ! Mais pour cela il faut accepter, accepter que les suivants récoltent ce que sème un écosystème, accepter les paradoxes du digital : hyper localité d’un écosystème vs ubiquité que permet le web ; temps réel et instantanéité du web vs le long terme des  graines que l’on sème ; l’émergence constante d’innovation vs l’exigence et la sélectivité des financeurs qui apprennent à dire non. Et de terminer sur l’idée que le Digital n’a plus de frontière, tout est open (open infrastructure, open protocols, open stack, open compute, open mind) et que la seule limite aujourd’hui est le talent.

Pour réussir à l’international il faut diversifier ses risques

Marie Ekeland (Criteo / Parrot) intervient sur l’international et sur comment devenir un champion international, car avec le digital les frontières s’effacent et il est indispensable d’être compétitif à l’international. Pour cette serial entrepreneuse, quand on décide de se lancer il faut diversifier son risque en ouvrant plusieurs pays en même temps. Au-delà des Etats-Unis qui restent un marché difficile, tout est possible. La clé est dans le management, les talents, la confiance et les signaux qu’on envoie. C’est important d’avoir des points d’entrée locaux car la crédibilité d’une marque à l’international s’installe par le réseau local.

Et les conférences s’enchaînent à un rythme effréné. Voilà qu’on laisse la tribune à la fintech (Techonologies financières) Prêt d’Union.

Prêt d’Union ou l’ubberisation du secteur bancaire

Aujourd’hui les banques accusent un retard dans la culture du digital, malgré des moyens qui sont là. Et le secteur subit la pression autour de 3 leviers importants : la réglementation, les attentes de clients insatisfaits par un système bancaire qui n’évolue pas et donc ce retard digital. Aujourd’hui il y a tellement de services que la clef d’une digitalisation réussie serait de s’attaquer à des niches. Prêt d’Union choisit de s’attaquer au prêt à la consommation et vient de lever 31M€ 100% français grâce à un système de transparence excessive où l’utilisateur est au cœur du dispositif. La transformation produit par produit va certes modifier les équilibres économiques mais permettra au système bancaire de répondre aux attentes de la société. Les réglementations rendent cela plus long que pour d’autres filières mais on y arrive.

Dernière conférence de la matinée : Gonzague, le roi de la caméra cachée sur Youtube.

L’avantage du contenu web est que l’on peut s’affranchir des contraintes éditoriales et des contraintes de périodicités. Les plateformes de contenus, on n’apprend rien, menacent la TV traditionnelle surtout sur la cible des moins de 18 ans avec pour la plupart l’absence de barrière financière. Créativité et imagination suffisent. Il y a une nouvelle façon, plus rapide, plus sur – mesure de consommer les médias et pour les marques le web permet de toucher un public complémentaire. La matinée se conclut sur cette question : « comment gérer la popularité, la e-réputation de son enfant de 12 ans qui devient une star sur Youtube ? ».

Dans l’immobilier il y aura le avant et le après « digital »

Roland Tripard et Jacques Bigand sont formels, le digital dans l’immobilier, 2ème filière à être passée aux cribles sur cette première journée, c’est maintenant et il y a une place à jouer. Les professionnels doivent se préparer aux transformations métiers qui ont déjà commencées, mais sans pour autant oublier le passé et ses apports.  3 enjeux : la dématérialisation des données autour de la mobilité du client, l’expérience utilisateur et la virtualisation, et la gestion des données pour inventer des services à partir de la connaissance de ce que sont les gens, de ce que veulent les gens. Avec les données on a le retour massif des mathématiques dans le web avec un seul objectif : proposer une expérience de bout en bout, de la géolocalisation d’un futur bien à la décoration en passant par le paiement du loyer, … L’immobilier se personnalise, et les nouveaux modèles économiques émergent, découpent les valeurs et les coûts.

Les jeunes, le digital et l’emploi : quel avenir ?

Manuel Diaz (Emakina) et Céline Pastezeur (Air of Melty) s’attaquent quant à eux aux jeunes, Générations Y voire au-delà. Aujourd’hui 9 jeunes sur 10 ne lâchent jamais leurs portables, et veulent toujours plus de live, d’instantanéité pour montrer où on et le partager. Mais le « jeune » comme l’explique Céline Pastezeur cherche du contact, de la valeur, du « vrai ». On est dans l’ère du marketing émotionnel, ou le sens du rapport qualité prix est remplacé par le rapport expérience prix. Et les marques l’ont bien compris.

Mais les 2 intervenants ne s’arrêtent pas là dans la rupture et insistent sur le sujet de « l’expérience employée ». Aujourd’hui les grands groupes, ou entreprises avec un management traditionnel, descendant, malgré leur notoriété ont du mal à attirer les « jeunes », ces trentenaires, futurs cadres et décideurs, qui préfèrent des entreprises plus agiles, où l’action prime. La startup est devenue l’eldorado du premier emploi. Un danger pour Manuel Diaz. Danger pour ces grands groupes qui ont besoin d’intégrer cette génération qui sera ses cadres de demain, et aussi un danger pour les startups qui ont besoin des grands groupes pour tester, expérimenter, passer à l’échelle. C’est un modèle vertueux et le conflit de génération ne doit pas l’abolir. Mais à les entendre, la machine s’inverse, aujourd’hui le grand groupe ou l’entreprise doit « pitcher » son projet » pour challenger ces nouveaux talents. On se pose alors la question : le jeune n’est-il pas un peu capricieux ? Peut-être, mais il amorce surtout la fin du modèle tout salarié. La compétence fonctionne aujourd’hui en réseaux et l’entreprise doit apprendre à gérer ses talents au-delà d’une relation contractuelle au sens « contrat de travail ». C’est cela aussi la révolution digitale : la révolution des méthodes, du management.

Cette 1ère journée l’aura bien montré l’ère du Digital fait évoluer la société, à un rythme au-delà de notre entendement. Aujourd’hui il y a ceux qui s’adaptent vite et ceux qui, se défendent, et finiront par trépasser faute d’avoir évolué. A bonne entendeur !

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