En route vers la gare connectée

En route vers la gare connectée

11 Sep 2015

Au cœur de la vile intelligente, la gare est le centre nerveux de la mobilité. Un espace d’échange entre différents modes de déplacement mais aussi de rendez-vous, de commerce, de culture, de loisir, dans lequel le numérique tient un rôle central. Entretien avec Mathieu Belouar,  responsable du département Gare connectée de SNCF Gares & Connexions.
Dirigé par Patrick Ropert depuis octobre 2014, SNCF Gares & Connexions a la responsabilité de la gestion, de la rénovation et de la valorisation des 3000 gares voyageurs du réseau. Ses missions se concentrent sur trois priorités : Patrimoine, moderniser les gares pour en faire des destinations de choix au cœur des transports ; Services, imaginer et animer des gares pratiques, utiles et accueillantes ; Exploitation, gérer au quotidien 14 000 départs de trains et 10 millions de visiteurs dans 3000 gares.
Mathieu Belouar appartient à la Direction digitale de SNCF Gares & Connexions.

Quelle est votre vision de la gare de demain ?

Mathieu Belouar. La gare digitale est déjà là. Elle se résume en trois mots – information, intermodalité et services – et une attitude de prise en charge globale par le numérique. C’est la notion de parcours digital en gare, que l’on met progressivement en place. L’accès gratuit et illimité à la Wi-Fi, dont le déploiement se termine à la fin de l’année, accélère ce mouvement.

L’information est la première de nos missions. Pour le voyageur, l’arrivée en gare est un moment de stress : est-ce que mon train est annoncé, est-ce qu’il a du retard, sur quel quai ? Il a aussi besoin de se repérer à l’intérieur de la gare, d’être guidé : où est la station de bus, où se trouvent les toilettes ? L’information doit être accessible, efficace et sur le plus de supports possibles : affichage, bornes interactives, Internet, applications mobiles…

L’information est également au centre de l’intermodalité. La gare est un hub généraliste où se concentrent tous les transports : le train mais aussi le métro, le bus, les taxis, les vélos et les voitures en accès libre, le covoiturage aussi. Il s’agit de faire en sorte que le déplacement soit le plus efficace, agréable et écologique possible. Et c’est notamment le numérique qui porte l’intermodalité : quelles sont les solutions à ma disposition, quel est l’horaire du bus, combien de vélos sont disponibles ?

Enfin, avec les services, il s’agit de faire de la gare un lieu utile, confortable, ouvert, où l’on peut combler les temps d’attente de façon intelligente. Un lieu de passage mais aussi de destination. Un espace où faire ses courses, flâner, se cultiver et même travailler. Actuellement, nous ouvrons des espaces de coworking dans plusieurs gares de France.

Quelques exemples de services en place ?

MB. Tous les services de base – horaires, lieux d’attente, consigne, espace enfant, etc. – sont accessibles sur notre site gares-sncf.com. Nous avons également sorti une application mobile, appelée gares360, qui permet de naviguer dans la plupart des gares sous forme de visites virtuelles. Et il en existe bien d’autres : une base de données en ligne pour déclarer et retrouver un objet perdu, un service d’étiquetage en ligne, appelé e-Tiquette, pour identifier les bagages de façon unique grâce à un QR-code… Autre élément important, la Garantie des gares, qui permet de nous signaler un dysfonctionnement sur un lieu ou un équipement, grâce à son QR code qu’il suffit de flasher. Loin de déshumaniser, le numérique sert aussi à créer du lien entre les voyageurs et les agents.

Et puis il existe des services purement digitaux comme le Playing wall, qui permet de jouer, télécharger de la musique ou lire des livres. Ou encore une nouvelle application, G Envie, accessible uniquement pour l’instant à Montparnasse et Rennes, qui propose des idées pour manger, se divertir ou bénéficier de bons plans de shopping en fonction de ses envies et de sa localisation.

Quelles pistes pour le futur ?

MB. Plusieurs projets sont en cours, sur lesquels nous travaillons en mode Open Innovation. Il s’agit de numérique mais aussi d’économies d’énergie. Comment optimiser la consommation d’énergie d’une gare via le big data. Comment faire en sorte que l’affichage en gare soit moins énergivore, par exemple en remplaçant les écrans par des projecteurs, plus économes, plus flexibles et plus simples d’utilisation. Comment étendre l’information à l’extérieur de la gare dans une logique open data d’échange de données avec les services de la ville. L’objectif est de développer la Smart Station qui s’inscrive pleinement dans la ville durable et intelligente.

Vos attentes vis à vis de l’écosystème numérique ?

MB. Au printemps nous avions lancé un challenge qui se divisait en trois parties. La première concernait les réseaux de beacons, ces balises bluetooth qui permettent de déclencher des actions liées à la localisation. Il reste à inventer une foule de services sur ce principe, par exemple un système de guidage pour non-voyants. La deuxième était liée aux objets connectés, avec notamment la gestion de tous les équipements connectés d’une gare. La troisième partie du challenge concernait les services aux voyageurs. Nous avons notamment retenu l’idée d’un chariot à bagages automatique : un robot autonome capable de suivre le voyageur dans ses déplacements. Ces trois exemples sont très représentatifs de la variété des sujets qui peuvent nous intéresser.

Plus

www.gares-sncf.com

Crédit photo : www.eurorennes.fr

Billets similaires :