ERDF s’appuie sur les startups pour se transformer

ERDF s’appuie sur les startups pour se transformer

27 Nov 2015

La transformation numérique est une vague de fond qui touche tous les grands groupes et crée des opportunités pour les PME. Des possibilités de collaboration que l’événement Meet the Digital Officer avait pour objectif de faire émerger. Premier à « pitcher », le distributeur d’énergie ERDF table sur l’Open Innovation pour réussir sa transformation.

L’événement Meet the Digital Officer (#MeetDO) se tenait à Rennes, le 24 novembre, dans le prolongement de l’assemblée générale Images & Réseaux. Trois grands groupes sont venus au-devant des membres du pôle de compétitivité exposer leur stratégie face à la révolution digitale : quel positionnement, quels outils, quels besoins ? Pour commencer, ERDF présentait son programme numérique démarré en 2014. D’autres articles sur les groupes La Poste et AXA suivront.

Il faut parfois « casser les murs »

Céline Salon, directrice déléguée au Programme numérique d’ERDF, débutait son exposé par quelques chiffres sur l’entreprise qui suffisent à mesurer l’ampleur du chantier de transformation : près de 39 000 salariés, 35 millions de clients, 11 millions d’interventions par an… Une grosse machine dont la direction a acquis la conviction qu’il faut « la transformer et vite ». D’où la nomination d’un CDO qui siège au sein du directoire de l’entreprise, ce qui permet de « casser les murs » quand il est besoin. « Notre choix et notre ambition, c’est de travailler à la fois sur tous les fronts : embarquer toute l’entreprise et toutes les fonctions. »

Le programme numérique d’ERDF lancé en 2014 s’appuie sur plusieurs constats. D’abord l’attente des clients a changé avec le web et la mobilité. Aujourd’hui, « le client veut pouvoir faire une partie du chemin soi-même. » Et dans cette même lignée des nouveaux usages numériques, « les agents s’attendent à avoir au travail la même qualité d’outils qu’ils connaissent dans leur quotidien ». Les autres constats sont techniques, en particulier les réseaux de distribution se sont équipés de capteurs qui remontent de plus en plus d’information, ce qui permet d’envisager de « tirer un meilleur parti de nos réseaux grâce au traitement des données ». Un exemple, avec le compteur intelligent Linky « on passe d’un index tous les mois à un index toutes les dix minutes », ce qui mène naturellement vers le big data et des applications comme la maintenance prédictive.

Passer par l’acculturation numérique

Mais il existe des résistances et de « vieilles habitudes » y compris au niveau du système d’information alors que le besoin actuel consiste à « sortir les données de nos SI pour les exposer des sur des plateformes, et construire un store d’applications internes qui seront les enablers de notre transformation ». C’est un véritable changement de culture qui impose à ERDF de s’appliquer à elle-même « les principes du digital ». En particulier « l’agilité », qui permet de mettre une application à disposition dans des délais relativement courts puis d’améliorer le produit par une série d’itérations. Autre changement d’attitude « mettre l’utilisateur au cœur du développement » dans une approche de « co-créative attitude ». Ces principes nouveaux s’appliquent aux applications développées pour les clients comme à celles destinées aux agents sur le terrain.

Pour mener à bien cette révolution culturelle, il faut se faire aider. « Nous sommes conscients que nous n’allons pas réaliser seuls cette transformation », remarque Céline Salon. ERDF a fait appel aux services de jeunes entreprises comme OpenDataSoft et Apigee, pour délivrer ses données de manière dynamique et sécurisée et mettre au point des plateformes d’API ou des applications mobiles. L’entreprise soutient également les startups au moyen de concours d’innovation : c’est le partenariat avec le Climate Change Challenge en mettant à disposition un jeu de données en open data ; c’est encore un concours « ERDF réseaux électriques intelligents » lancé en avril 2015 qui a recueilli 300 propositions.

Des PME locales dans la boucle

Les directions régionales mènent également des expériences avec leur écosystème local. Bernard Laurans, directeur d’ERDF Bretagne, cite le projet Solenn dans lequel sont notamment impliqués Niji, Vity, Delta Dore. Également le projet SMILE qui vise de faire du territoire Bretagne et Pays-de-la-Loire « une vitrine des smart grids ». D’autres projets locaux sont envisagés comme l’accompagnement dans la maîtrise du risque électrique grâce à une solution de la PME lannionaise Apizee, les objets connectés et virtuels pour la formation, la surveillance du réseau par des drones…

Pour le directeur régional, « À ERDF, nous avons résolument pris le chemin de l’Open Innovation ». Et il espère en conséquence une progression rapide de l’appropriation du numérique par les agents : « En 2018, ils seront tous équipés de smartphones et tablettes avec des applications dédiées et sécurisées. »

Le programme de transformation numérique mené par ERDF n’a, pour l’instant, pas d’équivalent dans le secteur de la distribution d’énergie. Est-ce qu’il donnera l’occasion à des prolongements à l’international ? Ce n’est pas encore à l’ordre du jour selon Céline Salon : « Il faut d’abord un retour d’expérience chez nous. »

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Retrouvez une interview des intervenants grâce à la Radio des entreprises

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