La 5G de demain se prépare aujourd’hui

La 5G de demain se prépare aujourd’hui

25 Nov 2015

Prévue à horizon 2020, la 5G est bien plus qu’une nouvelle génération d’Internet mobile à très haut débit, c’est un socle pour l’Internet des Objets en construction. Rédigé dans le cadre du plan Nouvelle France Industrielle – Souveraineté télécoms, le livre blanc sur la 5G fait le tour de la question. Profitez de ce « Lu pour vous » pour en découvrir les grandes lignes.

L’enjeu de ce livre blanc : favoriser une France innovante et pionnière de la 5G, à l’instar de ce qu’elle fut pour la 2G. Le document analyse la situation de la 5G dans le monde et en France, et propose des priorités ainsi que plusieurs actions et recommandations pour faire de la France un acteur fort et durable de la 5ème génération. Certaines actions en lien avec la régulation et la standardisation seront traitées en 2016 dans une seconde version.

Un socle pour une foule de marchés émergents

Alors que la 2G était la génération des communications pour la voix, la 3G puis la 4G celles de la data et du smartphone, la 5G devrait être celle des objets et des machines tout en continuant à adresser l’internet mobile très haut débit. Dans certaines zones du globe, le nombre de machines connectées dépasse le nombre d’utilisateurs dès cette année. En 2020, les prévisions de déploiement d’Ericsson tablent sur 25 appareils connectés par utilisateur.

La 5G vise à prendre en compte les marchés verticaux liés à l’Internet des Objets, dont voici quelques exemples :

  • Les réseaux maillés intelligents et plus généralement la gestion de flux (électricité, gaz…).
  • Les systèmes industriels en allant jusqu’à la cobotique.
  • Les villes intelligentes avec des besoins aussi bien au niveau des transports que de gestion des bâtiments.
  • Les véhicules connectés.
  • La médecine et notamment la chirurgie assistée à distance.

Pour permettre le développement de ces marchés, la 5G devra offrir une couverture significative des infrastructures visées. En prolongement de l’Internet des Objets s’ouvre le marché de l’analyse des données captées par ces objets et remontées par le réseau 5G.

L’effervescence autour de la 5G est mondiale

Depuis le second semestre 2014 jusqu’à aujourd’hui, à travers le monde, un grand nombre de sociétés et de groupes d’intérêt ont publié des documents d’orientation pour la 5G. Les différentes initiatives s’inscrivent dans un agenda qui prévoit une disponibilité de cette cinquième génération à partir de 2020.

Agenda 5G

Les priorités les plus citée par l’écosystème mondial, souvent sous la forme de scénarii ou d’exigences, sont un mélange d’enjeux, de cas d’usages ou de solutions technologiques. Parmi celles les plus citées, on trouve :

  • Les communications massives de machines à machines.
  • Les communications pour les domaines « critiques » (tels que la sécurité des véhicules par exemple) ou pour le contrôle d’objets à distances (drone, chirurgie assistée)
  • Les communications vidéos très hautes définitions et à haut débit.
  • Les communications en situation de crise, en forte mobilité ou en l’absence de couverture directe.
  • Les communications en zone ultra-dense.
  • La capacité à développer/déployer rapidement et de manière flexible des services à valeur ajoutée.
  • L’efficacité énergétique et économique des réseaux et des terminaux.
  • La sécurité des communications.

Cette liste suffit à montrer la diversité des cas d’usages envisagés et, par conséquent, la diversité des exigences en termes de latence, débit, couverture, etc. Certaines briques technologiques apparaissent comme prometteuses pour répondre aux exigences évoquées. Ainsi, la virtualisation des fonctions réseau, l’utilisation des ondes millimétriques et centimétriques, de nouvelles modulations, l’usage dynamique du spectre radioélectrique, l’utilisation d’un grand nombre d’antennes, l’utilisation dynamique et simultanée de plusieurs sites pour servir un terminal, l’utilisation simultanée et fédérée de technologies d’accès diverses dont les petites cellules, l’intégration des communications de terminal à terminal, l’intégration des véhicules comme éléments mobiles du réseau, l’utilisation de réseaux programmables pour adapter le réseau à l’utilisateur…

En France, des cartes maîtresses à jouer

Après avoir listées les grandes tendances, le livre blanc met en avant les technologies qui semblent clés en France en regard des spécificités et de notre écosystème. Les priorités pour les acteurs français :

  • La sécurité, avec notamment la prise en compte de nouvelles problématiques liées au partage d’infrastructures entre opérateurs, voire l’hébergement de fonctions réseaux sur des infrastructures tierces (fournisseur de cloud par exemple).
  • Les objets connectés 5G, avec l’arrivée d’un nombre massif de dispositifs de type longue portée/faible puissance/faible coût/faible consommation.
  • L’optimisation de la consommation énergétique, qui est une nouvelle manière de penser les réseaux. C’est une bataille qui se gagne partout, de la conception des technologies et fonctionnalités aux déploiements et opérations.
  • La virtualisation des fonctions réseaux. C’est une tendance majeure de l’évolution des réseaux qui sera au cœur de la 5G.
  • Les réseaux mobiles professionnels et plus largement les réseaux mobiles en contexte de crise, depuis les forces de sécurité (civile ou militaire) à la santé, en passant par la distribution de l’énergie…
  • L’optique, sur laquelle s’appuie le cœur des infrastructures.
  • Une composante broadcast intégrée au service de transport des données, dont l’eMBMS.
  • La qualité de service et la scalabilité pour répondre à la multiplicité des besoins résultant de l’explosion des cas d’usage liés à la connectivité.

Priorités pour la 5G

Il faut se positionner dans la course vers la 5G

L’engagement des acteurs français doit être à la hauteur des enjeux liés à la 5G. En particulier :

  • La maitrise technologique est un levier pour l’innovation, pour produire des solutions technologiques et services adaptés aux entreprises et aux clients mobiles.
  • La 5G doit répondre aux enjeux sociétaux contemporains, tels que la consommation énergétique des équipements ou la protection des données et plus largement de la vie privée des clients.
  • La déployabilité des réseaux sera un élément clé pour les acteurs français et européens. Des expérimentations précoces permettraient aux solutions made in France de faire leur preuve et d’être visibles à l’international. Le cadre réglementaire aura un impact fort sur le succès de la 5G en France.
  • L’adaptation aux spécificités françaises. La France possède des et les choix qui seront faits au moment de la phase de conception de la 5G seront plus ou moins intéressants pour notre pays en fonction de l’adéquation aux besoins et savoir-faire français.

Enjeux-et-facteurs-clés

Favoriser le « Made in France »

Le livre blanc sur la 5G se termine par trois recommandations pour favoriser l’émergence de solutions 5G en France.

  • Consolidation et visibilité de l’écosystème français. Elle passe notamment par une meilleure structuration, avec une cartographie des compétences et la mise en place de bancs de test expérimentaux. Une coordination à l’échelle française sur les appels à projets et sur la normalisation est indispensable.
  • Orientation des formations et de la recherche académique. Les thématiques prioritaires listées dans le livre blanc sont des leviers d’innovations identifiés. La réussite de l’écosystème français requiert qu’elles soient prises en compte comme priorités de formation et de recherche, ainsi que de financement lors des appels à projets.
  • Réglementation et support des pouvoirs publics. Différents éléments liés aux aspects règlementaires tels que la disponibilité des fréquences pour faciliter l’expérimentation et un déploiement rapide, ou encore les questions relatives à la neutralité du net pour le déploiement de nouvelles solutions et services, seront clés pour faire de la 5G un succès en France.

Plus
Retrouvez l’intégralité du livre blanc sur la 5G

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