Pourquoi et comment favoriser le déploiement des petites cellules sur le réseau mobile français ?

Pourquoi et comment favoriser le déploiement des petites cellules sur le réseau mobile français ?

4 Nov 2015

23 octobre dernier, le plan Nouvelle France Industrielle Souveraineté Télécoms publiait 4 livres blancs sur la 5G, le LTE eMBMS, l’Internet des Objets et les petites cellules radio.On les as lu pour vous et voici un digest de celui sur les petites cellules avec un enjeu : comment faciliter leur déploiement ?

 

Aujourd’hui la sollicitation en termes de nombre d’abonnés et de trafic sur les réseaux mobiles est-elle que l’architecture doit évoluer pour acheminer de plus en plus de trafic avec une meilleure qualité d’expérience. Pour cela, les réseaux et opérateurs doivent garantir un meilleur maillage et les petites cellules devraient se multiplier pour favoriser l’accès au très haut débit pour tous. En effet ces équipements plus petits, de faible puissance, sont installés à proximité des utilisateurs et vont apporter des compléments de capacité requis sur certaines zones (par exemple les espaces communs sujets à de fortes demandes à certaines périodes de la journée (transports en communs, centres commerciaux, événements…)). Au cours des prochaines années, les installations de petites cellules devraient se multiplier dans les réseaux mobiles pour atteindre rapidement jusqu’à 10 petites cellules par site macro cellule en milieu urbain. De ce fait, le  cadre réglementaire actuel qui intègre de nombreuses dispositions (urbanisme, information et concertation, exposition aux ondes…) établies depuis une vingtaine d’années pour les macro cellules n’est pas adapté aux petites cellules qui ont des niveaux de puissance beaucoup plus faibles et peuvent être intégrées plus simplement dans l’environnement urbain.

Un enjeu : améliorer la couverture et l’expérience utilisateur

En effet les petites cellules peuvent être vues comme une couche supplémentaire au réseau dit macro. Elle comble un « trou », fournisse un réseau localisé, un « hot spot » de trafic pour améliorer le service voix et le débit de data. « Un partage optimisé du trafic par un ensemble de petites cellules permettra de démultiplier la capacité du réseau et de répondre aux besoins des utilisateurs ». Les petites cellules sauront répondre aux services avancées de l’IoT, des véhicules connectés, de la géolocalisation, et serviront le déploiement de la 5G.

Le livre blanc se concentre sur les petites cellules de moyennes portée et sur la façon de favoriser leur déploiement en France. Il existe des petites cellules résidentielles de type « femto » pour les particuliers, ou des cellules de couvertures locales comme les réseaux d’entreprises. Les petites cellules de moyenne portée sont généralement installées en milieu urbain sur les lampadaires, mobilier urbain, … pour un déploiement typique autour de lieux publics, gares, aéroports, centres commerciaux. Mais elles permettent aussi par exemple de monter un réseau d’urgence en cas de catastrophe naturelle par exemple, ou pour couvrir les zones blanches, villages isolés.

cellules

Le frein principal : les réglementations associées.

Sans rentrer dans le détail des procédures de déploiement et réglementations, on comprend assez vite à la lecture du livre blanc que le principal frein au déploiement en France est de type législatif. Le groupe de travail propose de simplifier les procédures administratives et législatives . Le rapport révèle que la France se situe parmi les pays européens pour lesquels le planning de déploiement est le plus long (2-3 ans en moyenne contre un an ou moins dans les plus grands pays européens ) et que cette durée augmente régulièrement depuis 2007 entre les phase d’autorisation, de négociation de l’emplacement, alors que dans la autres pays elle a été diminuée parfois un facteur 5  … Convaincus que pour assurer le déploiement rapide du Très Haut Débit en France il faut que les délais de déploiement  pour les petites cellules se raccourcissent, les acteurs du groupe de travail prônent une simplification de certaines réglementations.

Autre frein, le frein fiscal. Ramené à l’abonné, le niveau de charges fiscales liées au déploiement des petites cellules est 10 fois plus élevé que celui des macro cellules associées ce qui semble être assez disproportionné. Un ajustement du Code Général des Impôts au travers du projet de loi de finances est ainsi préconisé.

L’exposition aux ondes, un faux débat ?

En fonction des différentes normes françaises et internationales et des différentes études terrain qui ont été réalisées il s’avère que les petites cellules sont bien en deçà des limites. Ceci est dû aux faibles niveaux de puissance des petites cellules ainsi qu’à la dimension réduire des antennes. Par ailleurs le fait qu’elles soient installées à proximité des usagers induit que la puissance transmise par le téléphone mobile pour atteindre la station est plus faible que s’il doit atteindre la macro cellule correspondante.

5 recommandations pour simplifier le process administratif mais aussi répondre aux inquiétudes des utilisateurs vis à vis de la susceptibilité aux ondes électromagnétiques

Le rapport fait 5 propositions qui devront pour trois d’entre elles simplifier les procédures administratives, pour une d’entre elles réduire le coût fiscal de déploiement (taxation différenciée en fonction de la taille) enfin pour la dernière faciliter le dialogue avec les riverains pour répondre aux inquiétudes environnementales (les petites cellules réduisent de facto la puissance d’émission des terminaux).

Fort de ces 5 recommandations, la France devrait disposer d’un arsenal législatif et fiscal qui lui permette de déployer au mieux ces technologies clefs pour les réseaux radio de demain (5G) cruciales pour répondre aux besoins de mobilité et d’accessibilité des usagers mais aussi  à ceux des technologies émergentes telles que l’internet des objets.

 

Retrouvez l’intégralité du livre blanc

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