Pourquoi l’urbanisation est une force de rupture qui va bouleverser les modèles ?

Pourquoi l’urbanisation est une force de rupture qui va bouleverser les modèles ?

14 Déc 2015

Jean Claude Fraval, prospectiviste d’Images & Réseaux, questionne régulièrement dans la lettre ZOOM, les ruptures sociales, économiques ou technolgiques qui influent la compétitivité des entreprises. Le dernière numéro de l’année que vous pouvez lire en intégralité sur l’espace du pôle  s’intéresse aux forces de ruptures qui bouleversent les tendances : l’urbanisation, le vieillissement de la population, l’accélération technologique et l’hyper connectivité du monde. Synthèse pour vous donner envie d’aller plus loin.

Le monde change, changeons de modèle

De nombreux secteurs, de nombreux domaines, de nombreuses données économiques sont sur le point de connaître des ruptures très significatives. Autant de données, autant de ruptures, ruptures qui vont changer fondamentalement les règles économiques que nous connaissons et les modèles économiques que nous pratiquons. Si on ajoute à cela que les usages, les comportements, les habitudes d’achat, … vont également changer et que les technologies vont rendre ces changements possibles, souhaitables parce qu’abordables dans une échelle de temps réduite. Nous avons là les prémices de métamorphoses profondes.

Un basculement du monde vers l’Asie ?

Le basculement du monde vers l’Asie puis vers l’Afrique est d’autant plus inéluctable que l’Europe, et le continent nord-américain sont en instance de saturation (en termes de densité de population, en termes d’âge moyen de la population, en termes de segments de marchés, …). Reste une inconnue concernant le continent sud américain, qui ne dispose ni du dynamisme industriel de l’Asie, ni du dynamisme démographique de l’Afrique.

L’urbanisation une donnée fondamentale de rupture : la saturation des équipements

La part de la population mondiale vivant dans les zones urbaines est l’une des données fondamentales des investissements d’infrastructures dans le monde. Transport inter et intra cités, densification des infrastructures de télécommunication (mobiles ou fixes et notamment le très haut débit), densification des équipements pour l’éducation, pour la santé, pour le commerce (ou au contraire expansion du commerce hors magasins), …, sont autant de domaines où l’urbanisation mondiale qui est en cours va jouer un rôle capital. La fracture numérique qui sépare les zones urbaines et les zones rurales, apparue lors de la mise en place des infrastructures mobiles ne serait plus d’actualité à l’horizon 2050, non pas parce que les zones de très faible densité auront été équipées à l’identique des zones de très forte densité mais parce qu’elles auront quasiment disparu ou que leur densité ne suscitera plus l’intérêt des gouvernants, représentant alors un frange minime de la population. Par contre l’hyper-densification des zones urbaines mettra alors en difficulté leurs équipements (saturation).

Les cités d’alors devront conjuguer infrastructure et intelligence (pour mieux optimiser les infrastructures qui seront presque toujours en état de saturation), c’est-à-dire devront mesurer constamment le taux d’utilisation des équipements (capteurs et Internet des Objets, M2M, …), devront donner constamment des indications pour optimiser leur utilisation (smart-grids, ITS – Intelligent Transport Systems -, …), inclure un système individuel dans un système collectif (pour optimiser il faut attendre et/ou intégrer de multiples occurrences).

La multitude et la densification seront les éléments déterminants. Les chaînes de valeur verront alors apparaître des opérateurs (de nouveaux services), des agrégateurs (pour permettre l’intégration des multiples services, de multiples données), des gestionnaires de service, des gestionnaires d’équipements, des opérateurs de systèmes de communication, … . S’ajouteront à ces acteurs, les opérateurs de données analytiques, les opérateurs de systèmes de sécurité, de confidentialité, de confiance, … .

 

 

urbanisation

Vers un monde de services ? Quelles conséquences pour l’économie mondiale ?

Le monde entier bascule dans l’ère des services. La part des services dans l’économie est en croissance un peu partout. En Europe cette part est majoritaire mais plus surprenant, la part des services est également sur le point d’être majoritaire en Chine qui fut et qui reste l’Usine du Monde. Il faut y voir l’une des conséquences de la « multitude » où si les besoins de la population croissent en termes de produits (notamment pour les classes moyennes), ils croissent plus vite en termes de services puisque les services à la population croissent à la fois avec la population et avec les progrès sociaux. Ceci ne veut pas dire que la production industrielle décroit en valeur absolue, bien au contraire mais elle décroit en valeur relative. La production industrielle continue de croître, tant pour l’exportation que pour les besoins croissants de son marché intérieur (même si, les produits recherchés pour ce marché intérieur sont plus importés que produits localement). Cependant les services croissent plus vite, non seulement pour le marché intérieur (santé, assurance, éducation, loisirs, voyages, transports, télécommunications, …) mais également pour l’exportation (la Chine est en passe de  devenir le Laboratoire du Monde, ce qui se traduit par des services de R&D « externalisés ».
Les conséquences  pour l’économie mondiale sont alors très significatives, notamment pour les marchés des matières premières et les marchés de l’énergie. La décroissance « mondiale » des marchés de certaines matières premières (notamment les minerais, les terres rares, … très fortement liés à l’électronique grand public), la décroissance mondiale de la demande énergétique serait alors l’une des principales conséquences de ce changement d’équilibre entre industries et services. Par ailleurs ce changement n’est pas sans conséquences sur les équilibres sociaux, sur les
équilibres éducatifs et donc constituent bien une rupture pour les pays émergents qui ont fait (subit) cette transition. Parmi les BRIC, l’Inde, la Russie et le Brésil sont dans ce cas. La Chine les rejoindra bientôt. D’autres pays qui sont dans cette transition : Corée, Afrique du Sud, Nigéria, ….

Vous en voulez plus ? Lisez le ZOOM d’Images & Réseaux

Billets similaires :