ContentArmor tatoue les vidéos contre le piratage

ContentArmor tatoue les vidéos contre le piratage

31 Jan 2017

Ils sont cinq à s’être lancés ensemble dans l’aventure d’une startup. Quatre hommes et une femme convaincus que leur solution de tatouage vidéo arrive au moment où les besoins vont exploser. Avec aussi un positionnement inédit : ContentArmor est la seule solution de watermarking à insérer des marques dans le flux déjà encodé. Ce qui permet d’intéresser tous les acteurs de la chaine du contenu vidéo, depuis la création jusqu’à la distribution.

Ils travaillaient sur ce concept de tatouage vidéo depuis 2009 au sein des laboratoires rennais de Technicolor. Si bien que, lorsqu’il a été question d’arrêter les développements, l’idée d’entreprise à commencer à germer. Un arrangement est trouvé : les cinq salariés quittent le groupe et rachètent la technologie. Et ils investissent leurs indemnités de départ pour lancer une startup. « Nous étions fermement convaincus qu’il existe une fenêtre de tir pour une nouvelle solution de watermarking », se souvient Alain Durand, aujourd’hui CEO. « Nous avons créé ContentArmor début 2016. »

Le marché change d’échelle

Cette confiance vient de l’observation du marché. « Une nouvelle génération de contenus arrive avec le passage de la haute définition à l’ultra-haute définition. Et les ayants droits, principalement les studios d’Hollywood, imposent le marquage des vidéos y compris lorsqu’elles sont distribuées au consommateur. Et ce d’autant plus qu’ils développent des offres, appelées early window, de vidéo à la demande distribuées très tôt après la sortie cinéma. Ce sont des contenus très précieux, qu’il faut absolument protéger. »

L’autre principal enseignement du marché concerne la diffusion de contenus en direct. Les retransmissions de grands événements, notamment le sport, font de plus en plus l’objet de piratages. Ce qui fait fondre le nombre d’abonnés de chaînes ayant acheté les droits de retransmission à prix d’or. « Le watermarking était un marché de niche pour le cinéma numérique et la post-production. Aujourd’hui, on passe à l’échelle de la distribution grand public avec des volumes complètement différents. »

Un positionnement de rupture

Le tatouage vidéo n’empêche pas la copie de vidéo, mais il permet de la tracer. Il introduit des marques invisibles et indélébiles qui demeurent quelles que soient les transformations effectuées par l’opération de piratage. Des marques qui permettent de remonter à la source de la fraude pour éventuellement « engager des poursuites en cas de piratage massif ». Quelques solutions de watermarking existent déjà. Dont, au tout premier rang, celle développée à Rennes par Nexguard Labs et récemment devenue propriété du groupe suisse Kudelski. Également celle de l’américain Verimatrix ainsi que « des solutions chinoises et coréennes qui sont en train d’arriver ».

Une concurrence dont ContentArmor se distingue radicalement par son positionnement technologique. Alors que les autres solutions insèrent des marques dans l’image avant compression, celle mise au point par la jeune startup tatoue le flux déjà encodé. Principal avantage, le marquage ContentArmor peut intervenir à n’importe quel endroit de la chaîne de distribution depuis la source du contenu jusqu’au consommateur. « Et y compris dans un player web », illustre le dirigeant.

« C’est maintenant ! »

Les clients potentiels sont les producteurs de contenus, les unités de post-production, les opérateurs de télévision, les fournisseurs de services VoD… Même les plateformes gratuites comme YouTube pourraient être intéressées, pour limiter les fuites d’audience et donc les pertes en rémunération par la publicité. Bref : « Tous les gens qui travaillent sur les contenus vidéo et ont besoin de les protéger. »

Dans un marché de la protection vidéo par nature international, Content Armor cible en priorité l’Europe et les États-Unis. Sa stratégie : pénétrer les écosystèmes en établissant des partenariats. La technologie nécessite encore de la R&D pour certains segments. Car, c’est l’inconvénient du traitement de flux déjà encodés, « il faut supporter les différents codecs ». Alain Durand estime être en mesure de disposer d’une offre complète, avec l’UHD et le temps réel, au cours de l’année 2017.

Dans cette perspective et pour accélérer le développement commercial, ContentArmor lance une levée de fonds. Parce que la fenêtre pour imposer la solution, « c’est maintenant » estime le CEO.

L'équipe des cinq cofondateurs.

L’équipe des cinq cofondateurs. 2ème à partir de la gauche, Alain Durand.

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