Internet des objets : « C’est parti ! »

Internet des objets : « C’est parti ! »

18 Avr 2017

Les grandes manœuvres s’accélèrent dans l’internet des objets, avec la France au premier plan. Pour preuve, le coup annoncé la semaine dernière par la startup lannionaise Actility, qui a levé 70 M€. De quoi alimenter les débats le 27 avril lors de la table ronde NFI IoT, à l’occasion de l’AG Images & Réseaux. Pour aiguiser l’appétit, voici le point de vue expert de Yannick Delibie. Selon le cofondateur et CTO de Kerlink, « c’est parti : le marché de l’IoT décolle. »

D’abord quelques mots pour situer Kerlink. Quel est votre positionnement sur le marché de l’internet des objets ?

Yannick Delibie. Notre positionnement est simple et tout à fait horizontal. Kerlink est fournisseur de solutions complètes pour les réseaux IoT. À la fois avec des infrastructures réseau – des stations de base -, des solutions de management opérationnel du cœur de réseau ou encore des services à valeur ajoutée comme la géolocalisation. Nos clients sont des opérateurs. Ce sont soit des opérateurs de télécommunications tels que Tata Communications que nous venons de signer en Inde*. Soit des opérateurs privés qui déploient un réseau pour leurs propres besoins, comme c’est souvent le cas dans le domaine du smart metering pour les approvisionnements en eau et en énergie.

Certains prévoient des dizaines de milliards d’objets connectés… D’autres parlent d’un marché qui tarde à se concrétiser. Vu de la fenêtre de Kerlink, quel est votre regard sur l’IoT ?

YD. Kerlink est un pure player de l’internet des objets. Et sur l’année 2016, notre CA a augmenté de +90%. Si nous avons progressé dans ces proportions, ça veut dire que c’est parti : le marché de l’IoT décolle. Mais il faut bien comprendre que nous sommes encore dans une première étape où les opérateurs publics et privés sont en train d’investir dans les infrastructures. À partir de là, il faudra observer de près l’appétence des fournisseurs de service pour se connecter sur ces réseaux. La connectivité est prête, il reste à créer les cas d’usage et la valeur pour l’utilisateur. Et ça, ça va prendre du temps. Pour la bonne raison que les cas d’usages sont des applications verticales pour lesquelles il faut une parfaite connaissance du métier du client final. Avec pour chaque type d’application des contraintes et des attentes différentes en termes de performances et de qualité de service. Pour atteindre un milliard d’objets connectés, il faut créer des milliers, voire des dizaines de milliers d’applications. Et chacune d’entre elles est un projet spécifique qu’il faut développer, valider, déployer…

Du point de vue applicatif, quels sont les domaines qui tirent le marché ?

YD. Disons qu’on peut distinguer deux grands domaines qui se dégagent pour l’instant. Le premier concerne la fourniture en fluides et en énergie : eau, gaz, électricité… Avec un fort volet environnemental lié à l’économie des ressources. L’autre est le tracking, avec du suivi de comportement et de mobilité. Ce deuxième domaine est très large : ça peut aller du suivi d’un parc d’engins de chantier à la surveillance de chiens de compagnie ou n’importe quel objet mobile.

On observe une sorte de bataille technologique avec d’un côté les solutions LPWA non licenciées – LoRa, Sigfox – et de l’autre les standards 3GPP : NB-IoT, LTE-M. Et bientôt la 5G. Cette multiplication de l’offre technologique n’est-elle pas un frein au développement des applications ?

YD. Il est clair que ça crée du bruit sur le marché. Notamment parce que les opérateurs qui n’ont pas fait le choix des solutions non licenciées ont tout intérêt à ce que les clients potentiels restent dans l’attente. Le discours que j’appuie partout où j’ai l’occasion d’intervenir est que les deux types de technologies sont complémentaires. Et ceci pour deux raisons. D’abord parce que d’un point de vue technique les solutions LPWA sont intrinsèquement meilleures si l’on considère la portée, les performances radio et la consommation d’énergie. Et parce qu’une solution NB-IoT ou LTE-M sera toujours plus chère, parce que plus complexe et dépendante des coûts de propriété intellectuelle. Les deux types de technologies vont coexister. L’une ou l’autre sera plus adaptée selon le cas d’application et le modèle économique associé.

Vous envisagez que vos produits soient multi-technologies ?

YD. Bien sûr. C’est dans la road map. Le fait d’être précurseur dans le domaine de l’IoT nous a permis de valider le modèle économique et de vérifier l’appétence du marché. Notre stratégie est de coller aux standards qui vont émerger. Et aussi d’aller de plus en plus vers la notion de service et de device management indépendamment de la technologie utilisée. Par exemple avec une plateforme de mise à jour logicielle des capteurs déployés. Notre objectif est de simplifier l’intégration des solutions, de réduire leur time to market, et d’améliorer continuellement l’expérience client. Du point de vue commercial, nous sommes encore au début de l’aventure. Il reste une quantité de pays où des réseaux sont à déployer !

(*) Le réseau LoRaWan le plus étendu au monde

Kerlink a annoncé le 14 mars dernier la signature d’un accord commercial d’envergure avec l’opérateur indien Tata Communications. Celui-ci travaille à la mise en place à l’échelle nationale de son réseau pour couvrir les principales villes en Inde, qui représentent plus de 400 millions de personnes. L’opérateur lance actuellement le déploiement de plus de 10 000 stations Kerlink, ce qui en fera rapidement le réseau LoRaWAN opérationnel le plus étendu au monde.

AG Images & Réseaux – Focus IoT – 27 avril – Nokia Lannion

L’assemblée générale du pôle de compétitivité Images & Réseaux se tiendra le 27 avril 2017 à partir de 12h dans les locaux de Nokia à Lannion. Elle sera suivie par une intervention du skipper Sébastien Rogues sur son projet, Pégasius, de multicoque volant ultra-connecté. Puis d’une table-ronde réunissant des experts à propos du plan NFI-IoT. S’inscrire.

 

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One comment

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