RA/RV : Laval Virtual vu par cinq PME industrielles

RA/RV : Laval Virtual vu par cinq PME industrielles

11 Avr 2018

Leurs profils sont très divers. Leurs besoins également. Cinq PME visitaient Laval Virtual à la recherche de solutions concrètes. Pilotage à distance, contrôle robotisé, maintenance assistée, formation par la simulation, revue de projet, outils marketing de présentation produit… La pénétration des usages de la réalité virtuelle ou augmentée dans l’industrie est un mouvement de fond.

Le charme particulier de Laval Virtual, c’est le mélange des genres. On peut se rêver en pilote de rallye, se permettre les figures les plus osées en snowboard, se lancer en parapente depuis une falaise vertigineuse, ou encore plonger dans un aquarium à la rencontre de dauphins… Tout autant que parcourir les allées à la recherche d’une solution technique ou d’un partenaire pour apporter un supplément de compétitivité à son entreprise. Le groupe de PME réunies le vendredi 7 avril pour une visite guidée du salon est de cette deuxième catégorie.

Une visite ciblée sur les besoins

Le cadre est celui du programme Métall’Augmentée, qui vise à développer des innovations de réalité augmentée accessibles aux PME-PMI. La visite guidée et ciblée de Laval Virtual est un moyen d’accélérer la prise d’information et de contacts pour envisager le développement de projets spécifiques. Parmi les entreprises participantes, RSI (Rennes Services Industrie) est spécialisé dans le contrôle industriel de pièces automobile. Un métier où « les applications de réalité augmentée ont tendance à remplacer la vision industrielle », estime Valérie Bouquet, dirigeante de l’entreprise.  « Je suis venue pour découvrir les différentes solutions et évaluer notre capacité à intégrer ces technologies dans nos process. »

Les quatre autres PME intéressées viennent d’horizons différents. FH Industrie (groupe FH Ortho) fabrique des prothèses orthopédiques à Quimper. La carrosserie Labbé (groupe Gruau) produit des fourgons grand volume à Lamballe. BA Systèmes, leader français des solutions intralogistiques AGV (Automatic Guided Vehicles), produit des systèmes de manutention et stockage robotisés à Mordelles. Enfin, Boudin SAS, spécialisée dans la maintenance de moules d’injection plastique, vient de Maillot, en Bourgogne.

Apprentissage et collaboration en immersion

La visite commence par le stand de Audace Digital Learning, spécialiste de la formation immersive. Par exemple, pour apprendre à piloter un charriot de manutention. « L’intérêt », explique Audace, « c’est de confronter l’apprenant à des circonstances impossibles à reproduire dans la réalité, comme une situation d’accident. » Le nucléaire est un autre grand utilisateur de la formation par simulation, « pour apprendre les gestes et passer les certifications ». La sidérurgie également, comme le groupe ArcelorMittal : « Nous avons toutes leurs usines en 3D« . Le fait de disposer de maquettes numériques accélère le développement d’une application pédagogique. Pour un projet complexe, incluant des phases d’étude, scénarisation, prototypage, essais et finalisation, « il faut compter entre 5 et 6 mois de développement ».

Stand-Audace

L’essor des solutions de collaboration immersive est une autre tendance forte du salon. Dont la jeune société Immersiv est l’un des animateurs. L’objectif est d’optimiser les phases de conception grâce à la collaboration en réalité augmentée autour de maquettes numériques 3D. Y compris à distance en cas de besoin. Le tout grâce au casque Hololens de Microsoft, qui permet d’ajouter des hologrammes dans le champ de vision de l’utilisateur. Pour ceux qui s’y essaient, les premiers pas sont difficiles. « On maîtrise la gestuelle en 15 minutes » affirme la jeune femme qui pilote la démonstration.

De collaboration il était également question sur le stand de AMA, et sa solution Xpert Eye de réalité assistée. C’est un outil de collaboration mobile qui couple lunettes connectées et smartphone pour une utilisation mains libres facile à appréhender. Il permet de réunir des collaborateurs présents ou distants au sein d’une même visioconférence interactive, en mode « See-what-I-see » explique le présentateur de la solution. D’après celui-ci, Xpert Eye est utilisé « dans plus de 50 pays à travers le monde », et dans des secteurs aussi divers que « le médical et l’industrie ».

Depuis l’opérationnel jusqu’au marketing

À suivre, Diota bénéficiait d’un supplément d’attention des participants avec ses outils « sans marqueurs » capables de reconnaître automatiquement tout ou partie d’un système industriel complexe. L’exportation de la CAO vers la réalité augmentée ouvre sur des applications d’assemblage assisté, de maintenance assistée ou de contrôle robotisé. Une démonstration présente comment un opérateur est guidé dans sa tâche de perçage et d’assemblage de pièces d’avion, les points de fixations à réaliser se superposant à la réalité. Mais combien une application comme celle-là peut-elle coûter ? « Tout dépend de la complexité du système sur lequel on intervient. Nous savons nous adapter au contexte. Nous trouvons le R.O.I. ensemble, avec le client. »

Stand2-Diota

La visite guidée se conclut par le stand de Lumiscaphe dont les solutions de 3D interactive photoréaliste et temps réel mêlent étroitement l’ingénierie produit et le design. Ceci pour du prototypage et de la revue de conception. Également pour des besoins marketing de présentation ou de personnalisation d’un produit. L’exemple en démonstration est celui d’un véhicule qu’on peut customiser à loisir, et faire vivre dans un environnement réaliste. « On peut même diffuser la présentation via notre plateforme cloud, ou envoyer le lien à un client. Un navigateur web suffit », précise l’intervenant.

Une veille en accéléré

Après la visite, chacun des participants a pu approfondir selon ses besoins. Alors, quel en est le bilan ? « Très intéressant » selon Valérie Bouquet, de Rennes Services Industrie. Qui détaille : « En l’espace de seulement quelques heures, j’ai pu découvrir le panorama de ce qu’il peut exister, voir les limites, avoir une notion de coût et parvenir à une conclusion. Pour l’instant, elle n’est pas positive. D’abord pour une question de réactivité. Ensuite pour des raisons économiques. L’investissement dans une application de contrôle industriel en réalité augmentée se justifie pour des pièces très complexes ou de très grandes séries. Ce n’est pas notre cas pour l’instant. »

Le sentiment de veille accélérée domine chez tous les participants. Oscar Ramirez de RH Industrie s’intéresse aux outils de réalité augmentée qui peuvent préparer ou faciliter la pose d’implants ou de prothèses et « accroître le taux de réussite des interventions ». Frédéric Paynot de la carrosserie Labbé a une idée d’application pour accompagner ses produits, qui se précise mais dont il préserve la confidentialité. Chez BA Systèmes, on explore deux pistes : le pilotage à distance de techniciens dans le cadre de l’export, et de nouvelles solutions de formation. Avec aussi la volonté de « coller à l’image innovante de l’entreprise », précisent Cédric Lefebvre et Magali Ferru. Quant à Dominique Vié de Boudin SAS, il poursuit son idée de maintenance assistée par la réalité augmentée (voir l’article). Le principal obstacle à contourner étant l’hétérogénéité des modèles numériques : « Il y a un grand besoin de normalisation. Il faut que les logiciels puissent se parler automatiquement entre eux. »

Métall’Augmentée : on peut encore candidater

Le mot de la fin revient à Marie Ferronnière, organisatrice de la visite et en charge du programme Métall’Augmentée animé par Images & Réseaux. « Il s’agissait aujourd’hui d’une démarche de veille et de prospection. Le but à terme étant de susciter des envies de projets d’innovation répondant à des problématiques concrètes. Aujourd’hui, deux projets sont sélectionnés. Il reste encore des places. Il faut se manifester avant le 30 juin 2018. »

 

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Infos et candidature au programme Métall’Augmentée

 

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