Ouverture des données : pas de révolution pour Infolocale.fr

Ouverture des données : pas de révolution pour Infolocale.fr

13 Fév 2015

Lancée en 2013, l’ouverture des données d’infolocale.fr a permis au site de collectes d’événements d’élargir la base de ses usagers annonceurs. Côté réutilisation, l’émergence d’applications ou de sites dédiés reste difficile à mesurer.

4730. C’est le nombre d’événements culturels enregistrés et mis en accès libre sur data.infolocale.fr entre le 1er janvier et le 11 février 2015. Depuis 2013, Infolocale.fr, le site de collectes d’événements du groupe Sipa-Ouest France, a ouvert sa base de données aux internautes. Pour l’heure, seuls les spectacles, concerts, expositions ou conférences issues de l’agenda culturel sont en accès libre depuis le site en format csv, json ou pdf. Quant à la base complète des données d’infolocale, elle est gratuite mais réservée aux utilisateurs inscrits. Une interface de programmation (API) et deux widgets importables sont alors mis à disposition.
Dix-huit mois après ce lancement, quelques changements sont intervenus. Un temps limité aux événements « du lendemain », l’agenda culturel dorénavant livré sans limite de date. Le site réfléchit également à l’opportunité d’élargir sa base de données disponibles aux événements passés. « Des demandes vont dans ce sens, surtout à des fins statistiques, explique Christian Debroize, avant d’ajouter : Nous pourrons remonter aux événements collectés depuis 2006 ».

Plus d’annonces collectées en 2014

La commercialisation des données, un temps envisagée en 2013, a, en revanche, été abandonnée. « L’opendata est plus mature, il s’est développé. Par ailleurs, nous n’avons pas identifié de marché et commercialiser des données collectées auprès de structures qui cherchent un service de diffusion ne nous semblait plus cohérent », explique le chargé de mission. En 2014, entre 2600 et 2700 utilisateurs uniques ont extrait des données dont un peu plus de la moitié via l’interface de programmation (API). Pour quel usage ? Difficile de savoir : « Il y a aussi un effet curiosité. Et une fois livrées, nous ne pouvons pas tracer les données », analyse Christian Debroize. Comparé à 2013, le nombre d’annonces saisies a varié de -2% à +3% selon les départements. « Nous avons eu plus d’événements lors des élections municipales, mais ces chiffres sont aussi à mettre en lien avec la conjoncture », nuance le chargé de projet. Pas de révolution donc. Mais une croissance régulière et une incursion dans certaines zones comme Paris ou les Deux-Sèvres.

Ouverture des données : des effets encore difficiles à mesurer

Côté émulation et émergence de nouveaux sites ou d’applications, Infolocale ne dispose pas encore des chiffres précis. Idem concernant le volume d’utilisateurs des widgets proposés sur leur site. Seule certitude, plusieurs organismes, sites et startups identifiés utilisent régulièrement leurs données libres : les offices du tourisme breton ou la commune du Verger en Ille-et-Vilaine. C’est aussi le cas de mapado.com. Installée à Lyon, cette startup de 13 salariés a été créée en 2012.
Pour Jerry Nieuviarts de Mapado, « la libération des données est une des raisons du départ de notre projet ». En Bretagne, Mapado s’appuie sur les bases de données d’infolocale.fr et sur celles des offices et du comité régional du tourisme. « Des événements nous remontent également via des bases nationales comme celle des billetteries Fnac, etc. ». S’il considère qu’avec plus d’une centaine de sources, leur site agrège et déduplique « la plus grosse base de données événementielle grand public au niveau national », Jerry Nieuviarts juge que les événements agrégés sur leur site ne représente 10% des événements réels. Pour lui, « l’atomisation des événements culturels reste très importante ».

Plus :
Collectivités : cible N°1. Les collectivités restent la première cible d’Infolocale.fr. « Après les médias, elles sont les premières réutilisatrices des données et les principales prescriptrices d’informations locales », juge Christian Debroize. Exemple ? La reprise de leur agenda par le Conseil général de Loire-Atlantique a permis d’augmenter « significativement » le taux de pénétration dans ce département qui cumule aujourd’hui 20% des annonces de l’agenda culturel d’Infolocale. Dans l’année qui vient, Infolocale espère voir la base de données débarquer sur les sites de 250 collectivités de l’Ouest, via un partenariat avec un prestataire web.

Plus :
Les 4730 annonces enregistrées le 11 février sur data.infolocale.fr proviennent principalement de Bretagne et Pays de la Loire. La couverture d’infolocale correspond à la diffusion des titres de presse quotidiens et hebdomadaires du groupe Sipa-Ouest France (Ouest-France, Presse océan, Le courrier de l’Ouest, Le Maine libre, Le petit Bleu, Le publicateur libre, etc.). En 2014, le site revendique 600 000 annonces d’évènements annuels et 80 000 organismes dont 60 000 associations.

Le Mag numérique et le blog d’Images & Réseaux fusionnent

Le Mag numérique et le blog d’Images & Réseaux fusionnent

2 Déc 2014

Le pôle Images & Réseaux s’associe à la Cantine pour venir renforcer le Mag numérique. Ce média qui opérait jusque là sur le territoire rennais, couvrira maintenant l’ensemble des 2 régions Bretagne et Pays de la Loire. L’objectif est ainsi de proposer toujours plus de contenus aux passionnés de numérique dans le Grand Ouest.

Karine Sabatier, directrice de la Cantine numérique, se félicite de ce rapprochement : « c’est l’aboutissement logique d’une belle collaboration entre les équipes du Pôle et celles de la Cantine. Nous avions voulu dès le départ que le Mag soit un objet participatif (il y a aujourd’hui une vingtaine de contributeurs différents), c’est aujourd’hui la preuve d’une part que de telles synergies sont possibles sur le territoire et d’autre part qu’il y a un réel lectorat pour les questions numériques pointues ».

Du côté d’I&R, Julie Hary, responsable communication se déclare « ravie de cette fusion qui va renforcer la stratégie éditoriale d’Images & Réseaux et entend ainsi accentuer le travail de veille qui est proposé à ses membres. Par ailleurs, la fusion avec le Mag va dans le sens de la mutualisation et du collectif pour être plus fort et faire savoir le savoir faire de l’écosystème du numérique, avec un média qui va, nous l’espérons, gagner en puissance et en portée ».

Le Mag couvrira les actualités du numérique du grand ouest, par le biais de portraits, brèves, dossiers de fond… Tout contributeur extérieur est bienvenu. L’ambition collective est celle de faire du Mag LE média de référence quand on parle du numérique dans l’Ouest. Il continuera de se décliner à travers son site web, qu’il est possible de suivre à travers les alertes mails ou la newsletter, ainsi que son trimestriel papier.

Gageons que cette fusion suscite l’envie aux autres acteurs de se joindre à l’aventure collective pour contribuer à faire savoir le savoir-faire d’un écosystème puissant sur la Bretagne et les Pays de la Loire. Les archives du blog Images & Réseaux restent disponibles sur son site.

Le digital peut sauver la presse ! La preuve au Québec.

Le digital peut sauver la presse ! La preuve au Québec.

21 Mar 2014

Nous continuons, avec l’Agence Web Voyelle (Rennes), notre séjour à Québec à la rencontre de l’économie numérique locale. Aujourd’hui nous avons suivi 2 conférences très intéressantes sur 2 sujets très différents et avec 2 interlocuteurs de qualité.

Sylvain Carle : Senior avocate developper pour Twitter, un « evangeliste technique » nous a parlé de sa vision du monde en réseau et de son impact sur la culture « populaire ». Présentation complètement débridée, creative, brillante. Pas simple à restituer en mode synthétique…

Jean Marc De Jonghe : Vice président produits numériques de La Presse.
La Presse est un quotidien Québécois  créé il y a plus  de 130 ans et qui génére plus de 250 000 tirages le samedi au plus fort de la semaine.

La présentation est encore une fois brillante, très structurée, animée par un orateur capable de capter l’attention d’une salle de 300 personnes pendant 1h30, malgré des sièges inconfortables. 😉

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Nous allons nous attarder un peu sur son analyse et son partage d’expériences très riche et applicable sur beaucoup (tous ?) de projets.

 

La Presse + : quand la « menace digitale » devient une force !

2 questions importantes pour ouvrir la réflexion et introduire la place du digital dans le monde de la presse :

1/ Vous êtes vous déjà demande pourquoi le journal est livré le matin ?
Parce que le réseau routier est plus fluide la nuit… Pourtant, l’information est plus pertinente, plus fraîche, plus consommable le soir… Le web à donc une vraie légitimité, un vrai avantage « concurrentiel » par rapport au print. On consomme l’information pratiquement en direct !

2/ Qu’est ce qui coûte cher dans le journal papier ?
On paie le rotativiste, le papier, l’encre, le chauffeur, le distributeur… Au final la plus grande partie du coût  n’est pas forcement liée aux journalistes. Pourtant ce sont bien ces journalistes qui génèrent le contenu, la valeur du journal, l’essence même de l’activité… Le web permet de changer cette logique économique, qui n’est plus vraiment logique. Dans ce contexte le revenu publicitaire est la clé du business model La Presse.

Le digital : source de revenus pour La Presse ?

La question n’est plus de savoir si on doit aller vers le digital. La question est de savoir COMMENT faire passer le quotidien La Presse au digital. Plus précisément et pour être un peu moins conceptuel (très Français le concept) et plus pragmatique (plus Canadien le pragmatisme) : comment enrayer la perte de revenus publicitaires « print » (cœur du business model du quotidien) non compensée par les revenus publicitaires générés par l’audience web.

Concrètement, la diffusion papier décroît régulièrement entraînant la chute des revenus publicitaires. À l’inverse, l’audience web explose, mais les revenus publicitaires web stagnent. Les annonceurs ne sont pas prêts à investir sur ce média qui génère des visites peu qualifiées. À titre de comparaison on passe 35 à 45 minutes à parcourir l’édition papier contre 5 à 6 minutes sur le web.  L’édition web est utilisée en mode « zapping ». L’engagement vis à vis du média est faible. Celui des annonceurs aussi…

Conduire le changement pour trouver la solution digitale

Il faut donc modifier l’approche digitale initialement enclenchée. Le tout au sein d’une structure « lourde », c’est a dire avec un historique fort, des process en place, des équipes aux modes de fonctionnement déjà bien ancrés et donc une résistance importante au changement. Le challenge est important, il faut donc une méthodologie bien en place et un leader charismatique pour porter ce changement.

Jean Marc De Jonghe propose la méthodologie suivante :
– Passer la phase du « déni », regarder la réalité telle qu’elle est, ne pas se voiler la face
– Trouver les causes du problème
– Observer les comportements
– Avoir une vision
– La développer
– S’entourer de la bonne équipe
– Oser innover
– Créer des solutions qui fonctionnent
– Les mettre en oeuvre

Des outils et méthodes pour faciliter la prise de décision

Lors de ce projet de longue haleine, plusieurs enjeux forts ont été identifiés :
– il faut avoir une équipe impliquée pour « déplacer les montagnes ». Pour Jean Marc De Jonghe, l’enjeu est de recruter en focalisant sur les « attitudes » plutôt que sur les « aptitudes » de ses collaborateurs. Les attitudes sont « natives », on les a… ou pas. A l’inverse les aptitudes peuvent se développer. Elles sont donc moins primordiales à la base.

– Il faut vite aller chercher des « quick wins » pour dynamiser tout de suite les équipes, le projet, et pousser l’idée initiale le plus loin possible. Pour faire les bons choix de départ on compare le gain potentiel par rapport à l’effort à produire. On démarre par les actions qui apportent de la valeur sans avoir un effort trop important à produire. L’erreur fait partie du « jeu », l’erreur fait avancer, ne doit pas être « sclérosante », mais elle doit coûter le moins cher possible…

– avec une organisation aussi large, il faut accompagner les équipes pour faire les bons choix, définir les bonnes priorités et éviter les « usines à gaz ». En terme d’outil Jean Marc De Jonghe a ainsi réuni différents acteurs du projet et leur a proposé « d’acheter » des fonctionnalités parmi une liste préalablement définie avec pour chacun un budget de 150$ (merci Monopoly !). Un bon moyen de provoquer le débat, de permettre de choisir et donc de renoncer (ce qui est toujours compliqué dans ce type de projet impliquant des équipes aux enjeux différents)

– sur un projet aussi long il faut savoir avancer étape par étape. On fixe une road map sur 3 mois, 6 mois grand maximum. Partir sur plus long serait brider la créativité et risquer de passer à côté de modifications « structurelles » d’un marché qui évolue très vite (notamment la technologie).

Repenser la navigation pour valoriser l’expérience utilisateur

Au final, cette méthodologie a notamment permis de faire remonter une problématique concernant la navigation sur mobile. Pour « consommer » l’information sur mobile le parcours est le suivant : menu / article / page affichée / lecture / bouton back ou menu / article / page affichée / lecture / bouton back ou menu / etc… Une navigation peu ergonomique, pas fluide, assez vite « lassante » et qui explique en partie le faible nombre de pages vues et temps passé sur le site… Quand en plus la publicité vient interférer dans ce parcours « laborieux », la coupe est pleine et la fin de parcours est proche. Exit !

Les réponses aux problématiques identifiées sont alors les suivantes :
– enlever le bouton back et le lien vers la page index (décision à faire frémir un ergonome ! N’est ce pas Florian ?)
– raconter 1 histoire par écran
– proposer un début et une fin (il y a 12 articles sur ce thème, j’en ai lu 4)
– pousser les bons contenus aux bons moments sur les bons terminaux. Contenus « découverte » le midi et le soir sur tablette, ou contenus pour « consommation rapide » aux autres moments de la journée sur ordinateur par exemple.

Au final la navigation est dynamique, on rebondit d’un article à l’autre, la publicité est mieux perçue çar l’expérience utilisateur sur la fonction principale de l’application est riche.

Une expérience utilisateur « épanouie », prémice d’un avenir radieux pour La Presse

Entre avril 2013 et janvier 2014, l’application à éte téléchargée plus de 400 000 fois.
Le temps de navigation est de 40 minutes en moyenne, 70 minutes le week end. Les annonceurs commencent à investir sur ce média… A noter que ce projet à démarré en 2011. Il a été géré dans une démarche agile : on fixe un objectif, on avance, on fait le point, on fixe l’objectif suivant et on fonctionne par itération. Ce projet à coûte 40 millions de dollars (!) au quotidien La Presse. Vous trouvez ça cher ?

Le résultat est au rendez-vous, l’image de La Presse et à été fondamentalement modifiée et le quotidien a trouvé une nouvelle cible et capté les investissements des annonceurs. Étant donnés les enjeux initiaux et les résultats finaux (La Presse voit son avenir en rose et le digital est devenu une force) 40 millions de dollars, c’est finalement peu cher paye non ?

Un modèle applicable à notre presse régionale, Ouest France en particulier ?

Et chez nous en France, y a t il des initiatives qui ont fondamentalement modifié le modèle économique de la presse quotidienne, en considérant notamment le web comme une force et en replaçant l’utilisateur au centre ? Notamment chez nous en Bretagne, quelles sont les initiatives Ouest France en cours ? Pour quels succès ? Pourquoi le modèle La Presse + ne serait il pas applicable à Ouest France ?

À vos commentaires !

La Novosphère devient une association

La Novosphère devient une association

27 Fév 2014

Le réseau de promotion de l’innovation s’émancipe de Rennes Métropole et met en place sa propre structure. Si ce changement n’aura pas d’impact pour les projets accompagnés, il permettra à la Novosphère de bénéficier de plus de moyens de la part de ses fondateurs.

« C’est ce qui avait été annoncé dès la naissance en 2012 ». Pour Florent Vilbert, coordinateur du projet de la Novosphère, le passage de sa structure en association est « un non-événement ». Il s’agissait juste d’une « promesse » qui « vient d’être honorée ». L’outil de promotion des innovations rennaises vient en effet de se constituer en association loi 1901, le 11 février 2014. Actuellement, le conseil d’administration est composé de 12 personnes, représentant 5 organismes : 5 pour Rennes Métropole, 4 pour la CCI de Rennes, une pour l’Université Rennes 1, de même que pour l’Université Rennes 2 et une personne issue de la Conférence des directeurs des grandes écoles de Bretagne.

Des places libres au conseil d’administration

A travers cette composition se réunissent « 3 univers » d’après M. Vilbert : « celui de la collectivité, le monde économique et les enseignements de recherche ». Le choix de ces structures s’explique par l’histoire, la naissance de la Novosphère, d’abord portée par Rennes Métropole. Cette dernière s’est donc logiquement tournée vers les plus grosses structures du territoire. Pour autant, il reste 4 places au CA « pour que soient représentés les membres associés ». Actuellement, il n’y en a pas car il faut cotiser 150€ pour être membre de ce « collège » de l’association, ce que personne n’a fait, même si le coordinateur du projet avance « des intentions ».

Pour trouver des membres, il faudra probablement se tourner vers les 33 partenaires associés au projet, qui sourcent, relaient, identifient des projets sur le territoire. Ces 4 représentants seront ainsi nommés pour 3 ans via l’assemblée générale. Cette instance annuelle venant d’avoir lieu il faudra peut-être attendre un an pour les identifier, sauf « si dans 2 mois on sent ce côté pressant d’une représentation en CA ». L’objectif n’est d’ailleurs pas de fermer cette institution à double tour, témoin le montant de la cotisation « fixée à un montant symbolique pour que ce soit pas prohibitif ». Florent Vilbert n’a d’ailleurs aucun doute : « très vite on aura des structures proches qui nous rejoindrons » dans la Novosphère, notamment « des établissements bancaires ».

Une plus forte dimension internationale

En pratique, cela ne change rien pour les projets qui sont accompagnés ou qui pourraient l’être. Il faut ainsi « distinguer l’action de la Novosphère et les coulisses de son fonctionnement », pour son principal acteur. L’activité restera donc la même à savoir « des campagnes de publicité » et ça « quelque soit les instances ». Sur le plan stratégique cependant, l’association « accentue la dimension internationale », qui « devient une demande explicite » du CA. En clair, il faudra « bâtir de façon concertée avec les acteurs du territoire une stratégie de rayonnement » et « la mettre en œuvre ». Une nouvelle ambition qui montre qu’on passe d’un « proto à un outil, à l’étape 2 ».

Sur le plan des moyens, l’association bénéficie toujours d’un soutien de Rennes Métropole, avec une « convention d’objectifs et de moyens passée le 20 février en conseil d’agglomération ». Elle prévoit une subvention de fonctionnement (465 000€) pour les actions de communication, les soutiens aux labellisés et la rémunération d’un salarié. La Novosphère bénéficiera en plus « d’un certain nombre de facilités » comme la mise à disposition d’un bureau et un mi-temps de chargé de communication notamment. De son côté, la CCI de Rennes s’est engagée à consacrer 2 mi-temps à l’association. Enfin, les autres fondateurs débloqueront des moyens sur projet.

Crédit photo : Rennes La Novosphère

Plus :
Le site web de la Novosphère

OuestMédialab : 10 projets pour comprendre le cluster

OuestMédialab : 10 projets pour comprendre le cluster

10 Jan 2014

L’association de médias basée à Nantes met progressivement en place ses actions. Elles étaient présentées à la Cantine numérique le jeudi 3 octobre 2013. Une bonne manière de comprendre le fonctionnement du cluster et son intérêt pour les entreprises.

Programmes de formations, évènements autour des données, sites d’information mutualisés entre médias, voici quelques unes des actions menées par le cluster OuestMédialab (OML). Constituée officiellement avec ses nouveaux statuts depuis le 10 septembre 2013, l’association n’a en effet pas attendu cette date pour commencer son activité. Impulser, stimuler, sans forcément être toujours à la barre, telle est la philosophie de la structure, menée notamment par Julien Kostrèche et Philippe Roux. A chaque fois la méthode est la même : la mise en place d’un groupe de travail, ouvert à tous les membres qui le souhaitent, et qui reste accessible à tout moment. Tour d’horizon de ces différentes pépites :

1- Le Hyblab

Probablement le plus emblématique et le plus médiatisé des évènements. Le principe est simple : faire collaborer des étudiants de filières différentes (journaliste, développeurs, graphiste) pour aboutir à des data-visualisations, diffusées ensuite par des médias. Une nouvelle édition est en préparation pour 2014, qui ne sera pas limitée cette fois aux données autour de l’Ile de Nantes. Les projets devraient en revanche fleurir sur les élections municipales. Une édition spécifiquement rennaise est à l’étude pour l’horizon 2015.

2- Storycode

L’idée de ce projet est de proposer 48h non stop d’ateliers pour créer des projets de contenus transmédia. A la manière des startup week-ends, l’idée est de regrouper des compétences dans un même lieu pour travailler de façon très active sur un temps resserré. Après une première édition française à Paris, OML souhaite organiser une édition rennaise en début 2014, en lien avec la Cantine de Rennes, après un apéro transmédia à Nantes au début de cette année.

3- Datasport

Il s’agit d’un travail de traitement de données sportives par une cinquantaine d’étudiants, sur 2 jours en avril 2014. Un projet proposé par l’Université de Nantes. Comme le Hyblab les contenus seront réutilisés par des médias.

4- Mine d’info

Ce projet technologique regroupe des médias indépendants nantais. Le but est d’agréger les données autour de leurs contenus avec une base de donnée mutualisée et contextualisée. Ces contenus peuvent ensuite être réutilisés et exportés. Le projet doit voir le jour sous 2 mois.

5- Journal à la carte

Comme son nom l’indique, le principe est de proposer un journal en fonction du profil de l’utilisateur, de façon automatique, sans passer par une sélection de sujets. Le projet est encore au stade du groupe de travail mais est déjà beaucoup traité à l’étranger.

6- Social Newsroom

C’est l’idée d’une rédaction ouverte et contributive, à la manière de ce que propose le Guardian, qui met par exemple en place une social newslist. N’importe quel lecteur peut ainsi voir sur quoi chaque journaliste travaille et le solliciter. Reste à définir dans ce cadre quoi mettre en place et comment.

7- Montée en compétence

Plus qu’un projet, il s’agit d’un véritable axe de développement pour OuestMédialab. L’idée n’est pas juste de faire de la formation modulaire mais plutôt de se former au coup par coup en fonction des besoins que nécessitent les projets. Il en découle une série d’ateliers organisés par le cluster.

8- Modèles économiques

Là aussi une thématique structurante de l’association car il y a plusieurs pistes. Un groupe de réflexion souhaite ainsi sortir dans les 3 mois des projets à mettre en œuvre en moins d’un trimestre. D’autres personnes travaillent sur la monétisation des contenus avec un outil commun de paywall, mais aussi de vente à l’unité, de contenus financés ou encore une plateforme locale d’enchères en ligne. En se regroupant les médias gagnent ainsi en visibilité et démultiplient les coûts de production.

9- Le Mag Transmédia

Comme l’indique les points ci-dessus, le Médialab est déjà très actif. Il faut donc pouvoir rendre compte de ce qui se passe dans le cluster. D’où la réflexion autour d’un magazine qui pourrait se nourrir des contenus des uns et des autres, mais aussi valoriser OuestMédialab.

10- Éducation aux médias numériques

Dernier champ mais non des moindres, celui de l’éducation. Pour l’instant, l’idée est de s’inscrire dans un plan d’actions éducatives avec l’appui de structures issues de l’éducation populaire.

Le podcast de la conférence :

La présentation :

Plus :
Le site de OuestMédialab

Un site pour garder la mémoire des Trans Musicales

Un site pour garder la mémoire des Trans Musicales

6 Déc 2013

Le festival rennais a mis en place depuis 4 ans un projet pour trier et rendre visibles ses archives. Le processus se heurte cependant à des questions juridiques, mais aussi aux évolutions technologiques : la numérisation est-elle le meilleur moyen pour sauvegarder des documents ?

« Faire un tour exhaustif des archives qu’on a aux Trans Musicales », tel est l’ambitieux objectif que s’est donné le projet Mémoire de Trans. Comme l’explique Tanguy Georget, archiviste de l’Association des Trans Musicales (ATM) il s’agit concrètement des « programmes, flyers, fanzines de l’époque ». De manière surprenante, on retrouve aussi « les enregistrements » grâce auxquels « Jean-Louis Brossard programme les artistes ». Au total, une quantité colossale d’archives quand on pense que le festival a débuté en 1979.

Un travail avant tout juridique

Ces documents sont aujourd’hui concentrés en ligne sur un site internet dédié, en tout cas pour une partie d’entre eux. Car à ce jour, l’archiviste avoue qu’il n’y a que « un dixième de ce qu’on a » sur le web. Pour la musique cela représente par exemple « plus de 500 morceaux », qui ont nécessité « une centaine de contrats avec les indés et les auto-produits ». Car le nerf de la guerre est bien juridique. Pour chaque média, « même une affiche », cela nécessite de signer « un contrat avec le créateur ». Une tâche difficile lorsqu’il faut retrouver le producteur ou un label qui n’existe plus, mais encore pire quand il faut négocier avec les majors.

Ces contraintes expliquent que les Trans soient lancées dans « des processus extrêmement longs » pour assurer la pérennité de ses archives. Exemple avec la vidéo du concert de Nirvana au festival. Cette dernière est disponible gratuitement sur Youtube. Mais l’ATM a fait le choix de ne pas la reprendre car elle resterait tributaire du producteur, qui peut décider à tout moment de mettre le document hors ligne. En effet derrière ces archives le but est « une transmission du savoir des deux fondateurs » afin de « mieux comprendre le projet » Trans Musicales, pour Tanguy Georget, notamment à travers « ce qu’ils écoutent ».

Le numérique, ennemi de l’archiviste ?

Pour assurer la pérennité de ce fond d’archives, l’ATM sera confrontée à un autre problème, technique celui-là. Le numérique évoluant sans cesse, les documents peuvent devenir illisibles, à l’instar de vidéos du début des années 2000. Comme le résume l’archiviste des Trans, « ce n’est pas dit que dans 50 ans le fichier existe, alors qu’un document sera sans doute toujours là ». C’est pourquoi il mise avant tout sur la « multiplication des versions », pour reproduire régulièrement les documents. Cela permet aussi de faire vivre aujourd’hui ces morceaux de festival, à travers des expositions d’affiches par exemple.

Pour la vision à long terme, l’association s’est tournée vers les archives de Rennes, avec la mise en place d’un partenariat. Il porte sur une « convention de versement » de documents physiques. Il y a ainsi un « principe de sauvegarde, d’interopérabilité » mis en œuvre par un organisme dont c’est le métier. Seulement, Tanguy Georget en fait le pari, l’enjeu sera un jour « le versement d’archives numériques », c’est pourquoi il faut faire évoluer les documents. Sa conclusion est d’ailleurs qu’« il n’y aura pas de pérennité s’il n’y a pas de suivi dans les évolutions techniques ».

Crédit photo : Bruno Chiron

Plus :
Le site de mémoire de Trans